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Drogue du viol : appel à la vigilance à Rimouski

Gros plan sur la main d'un homme qui dépose une pilule blanche dans u cocktail, dans un bar.

Des tenanciers de bars de Rimouski notent une hausse des plaintes liées à des intoxications au GHB (archives).

Photo : iStock

Après avoir constaté une hausse des plaintes concernant des intoxications involontaires à la drogue du viol dans leurs établissements, des tenanciers de bars de Rimouski se disent inquiets.

Au bar la Boulathèque, sur la rue Saint-Germain, un signalement d’intoxication a lieu presque toutes les semaines depuis le début du printemps, d’après les informations du gérant Érik Laplante. Au contraire, en 2021, aucun cas ne lui avait été rapporté.

Grâce aux caméras de surveillance installées à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement, il a été en mesure d’identifier certains individus qui auraient drogué des clientes à leur insu.

La devanture du bar la Boulathèque.

La Boulathèque de Rimouski affirme avoir mis en garde ses employés des dangers du GHB et faire de la sensibilisation auprès de son personnel.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Érik Laplante a montré une vidéo à Radio-Canada dans laquelle on peut y apercevoir une jeune femme qui peine à marcher après avoir bu un verre de vin. On la voit ensuite se diriger vers un serveur pour l’aviser de son état. Selon M. Laplante, la jeune femme se serait ensuite réveillée le lendemain dans un endroit lui étant inconnu.

Conversation sur Facebook.

La situation fait réagir au sein du groupe d'employés de la Boulathèque.

Photo : Facebook

Il confirme par ailleurs avoir porté plainte à la Sûreté du Québec et qu’une enquête est en cours.

Parmi les principaux effets physiques et mentaux du GHB :

  • État d’ivresse
  • Perte de mémoire à court terme
  • Se sentir étourdi
  • Se sentir détendu
  • Ralentissement de la respiration
  • Somnolence
  • Nausées et vomissements

Droguer une personne au GHB sans son consentement est un crime au sens de la loi.

Ce cas d’intoxication ne serait pas unique. Le bar le Bien et le Malt suggère que le phénomène s’intensifie alors qu’un cas d’intoxication involontaire pouvait arriver une à deux fois par année.

Est-ce qu’on en entend parler parce qu’il y a plus de cas ou parce que les victimes le dénoncent plus ? Personnellement, je crois que c’est parce qu’il y a plus de cas, soutient Karen Beaulieu, gérante du bar le Bien et le Malt. J’ai l’impression qu’on vit tous un peu la même problématique dans les bars, les festivals, les endroits publics en fait.

Le personnel est disposé à offrir son soutien à la Sûreté du Québec et aux victimes lors d'enquêtes, assure la gérante.

Bien souvent, la victime ne se souvient plus de sa nuit. La dernière chose dont elle se souvient c’est d’avoir pris un verre dans un bar et là, j’ai l’impression qu’elle essaie de reconstituer le fil des événements avec nous, raconte-t-elle.

Un portrait d'une femme dans un bar.

Karen Beaulieu est gérante du bar le Bien et le Malt.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Des mécanismes de prévention en place

La Boulathèque affirme avoir prévenu ses employés des dangers du GHB et faire de la sensibilisation auprès de son personnel. Une mise en garde a maintenant été installée à la porte d’entrée du bar.

Une affiche indique qu'une recrudescence de GHB a lieu dans les bars de Rimouski. Il est écrit : nous tâchons d'identifier les personnes responsables de ces actes criminels avec nos caméras de surveillance et d'entamer des procédures judiciaires contre ces personnes.

La Boulathèque recommande de ne jamais laisser un verre sans surveillance.

Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet

Après avoir constaté une hausse des plaintes concernant des intoxications à la drogue du viol, plusieurs bars de Rimouski distribuent maintenant les sous-verres de l’organisme En tout C.A.S..

Si l’on suspecte être intoxiqué, quelques gouttes de la boisson sur le sous-verre sont nécessaires. Si la couleur change, c’est qu’il y a présence de Kétamine ou de GHB dans le liquide.

Qui plus est, une personne victime d’agression à caractère sexuel dans un bar peut toujours commander un Angelo auprès d’un serveur.

C’est une espèce de code en fait, explique Karen Beaulieu. Quand une personne se sent mal à l’aise dans un bar, qu’elle pense être victime d’une agression à caractère sexuel, elle peut demander un Angelo qui est en fait un nom de cocktail . Le personnel va savoir que la potentielle victime a besoin d’aide. Après ça, il y a tout un protocole qui se met en place pour venir en aide à la personne.

Un comptoir de bar sur lequel est placé un sous-verre et un verre.

Le sous-verre détecte la présence de GHB dans un liquide.

Photo : Radio-Canada

Le personnel du Bien et le Malt suivra une formation afin de prendre en charge des situations de violence sexuelle et appliquera le protocole dès cet automne.

Sans être un moyen, parce que je le répète c’est un moyen qui est très imparfait, à tout le moins, ça permet d’en parler, souligne Luc Job, directement de l’organisme En tout C.A.S.. Ça permet aussi de faire en sorte que des personnes à l’esprit tordu seraient empêchées d’agir compte tenu du fait qu’elles savent qu’il y a ce genre d’outils dans le bar.

Les personnes qui pensent avoir été intoxiquées au GHB peuvent se rendre directement à l’hôpital pour y recevoir les soins appropriés. Il est également recommandé de porter plainte à la police.

Avec les informations de Sophie Martin

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