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Les hôpitaux subissent une pression « sans précédent », selon le VP de Santé Ontario

Un portrait du Dr Chris Simpson.

Le Dr Chris Simpson est aussi cardiologue à Kingston.

Photo : Radio-Canada / CBC

Radio-Canada

Les problèmes du système de soins de santé de l'Ontario existent depuis longtemps, mais chaque vague de la pandémie de COVID-19 aggrave la situation, selon le Dr Chris Simpson.

Celui-ci est cardiologue à Kingston, en Ontario, et vice-président directeur de Santé Ontario, l'organisme provincial qui supervise les hôpitaux de la province.

Selon plusieurs syndicats qui représentent les travailleurs de la santé de l'Ontario, la province doit prendre des mesures immédiates pour faire face à la crise, notamment en offrant des incitatifs financiers pour embaucher et maintenir en poste un plus grand nombre d'infirmières et d'infirmiers et en abrogeant la loi qui plafonne les salaires des travailleurs.

Le Dr Simpson a parlé de la crise des soins de santé à l’émission As It Happens de la radio de CBC. Voici une partie de leur conversation.

Dr Simpson, selon vous, pour quelles raisons les hôpitaux doivent-ils fermer des services, comme l’urgence à Ottawa en fin de semaine par exemple?

Le service des urgences est toujours un baromètre de ce qui se passe dans le reste du système. Ainsi, lorsque les choses vont bien au service des urgences, cela signifie généralement que le reste du système de soins de santé se porte bien. Et puis, bien sûr, quand les choses ne vont pas bien, cela se voit souvent aux [urgences].

Nous assistons à une pression et une tension soutenues sans précédent qui ont obligé plusieurs hôpitaux à réduire les services d'urgence dans des proportions que nous n'avions jamais vues auparavant.

[...] Je dirais certainement que c'est sans précédent et, vous savez, que la pression est très, très forte. 

Le premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, a déclaré aux journalistes la semaine dernière que les Ontariens continuent d'avoir accès aux soins dont ils ont besoin quand ils en ont besoin. Pensez-vous que c'est vrai?

[...] Le système continue de bien fonctionner lorsqu'il s'agit de besoins émergents et urgents. Ainsi, si vous avez une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral, ou si vous avez besoin d'une intervention chirurgicale urgente pour un cancer, ce genre de choses n'a pas été touché par [les récentes vagues de] la pandémie.

Mais je pense que beaucoup de gens savent, de par leur propre expérience et celle de leur famille, que tout ce qui n'est pas urgent s'accompagne souvent d'un temps d'attente plus long ou de plus de difficultés à accéder aux services.

[...] La difficulté réside dans le fait qu'à chaque vague de la pandémie, le problème est différent. Au début de la pandémie, on avait besoin de tous ces lits d'unité de soins intensifs et c'était le point central [pour soigner des patients de la COVID-19]. Puis une vague est arrivée où les soins intensifs n'étaient pas vraiment le problème, mais les services médicaux étaient vraiment remplis de patients COVID. Et maintenant, lors de la septième vague, nous constatons non pas tant que la demande de services est en hausse, mais que le personnel soignant est épuisé.

Chaque vague a apporté un type de défi différent. Et nous n'avons pas vraiment eu assez de temps entre les vagues pour nous en remettre.

Que faire?

Je pense que les deux initiatives les plus rentables que nous puissions mettre en œuvre dès maintenant seraient, premièrement, d'accélérer le processus d'obtention du permis d'exercice pour les diplômés internationaux de toutes les professions de la santé, qui vivent en Ontario mais n'exercent pas dans leur domaine.

Ainsi, l'annonce faite par la ministre [de la Santé de l'Ontario] [Sylvia] Jones [...] concernant la collaboration avec les collèges de réglementation pour essayer d'intégrer des centaines [ou] des milliers de personnes supplémentaires dans la population active de manière sûre et rapide produira, je pense, des résultats à court et à moyen terme.

La deuxième initiative consistera à essayer d'éliminer une grande partie des patients [...] occupant des lits de soins aigus qui ne sont pas gravement malades. Ils attendent des lits de soins de longue durée ou des soins à domicile et des aides communautaires à domicile. Donc, si nous pouvons créer de la capacité dans les hôpitaux en amenant les gens là où ils sont mieux servis, cela nous permettra, je pense, de mieux nous attaquer à une éventuelle huitième vague à l'automne.

Et le salaire des employés de la santé?

En tant que médecin de première ligne, j'ai pu constater qu'en travaillant avec les infirmières en particulier, elles ont dû travailler beaucoup plus d'heures. J'ai constaté, de visu, une augmentation de la violence sur le lieu de travail, beaucoup de désagréments qu'elles doivent supporter et toujours faire preuve de leur professionnalisme habituel. Mais j'ai vu l'épuisement professionnel qui s'est créé. Elles sont souvent démoralisées.

Donc, personnellement, je suis en faveur de tout ce qui peut soutenir mes collègues infirmiers qui sont, et continuent d'être, l'épine dorsale du système. Je suppose que c'est au gouvernement de décider de la manière de le faire. Et je suis conscient qu'il y a beaucoup de conflits à ce sujet.

Plusieurs disent que les pénuries de personnel existaient déjà avant la pandémie. Qu’en pensez-vous?

Quand on pense à toutes les choses dont nous avons été chroniquement affligés dans les soins de santé au Canada au cours des 30 dernières années, le problème des ressources humaines en santé a toujours été là. [...] Mais la pandémie l'a certainement mis en évidence, en particulier au cours des dernières semaines.

Je pense à ceux qui, en Ontario - et vraiment partout au pays -, s'inquiètent de ce qui pourrait arriver s'ils avaient une crise de santé. [...] Que dites-vous à ces personnes?

Nous devons reconnaître que le système dans son ensemble ne fonctionne pas comme nous le voudrions tous. [...] Mais ce que je dis à tous mes patients, c'est : Venez quand même chercher de l'aide si vous avez des difficultés.

Le système est toujours là. Il est en difficulté, mais il est toujours là. Et je ne voudrais vraiment pas que les gens perdent confiance dans le système, même si nous sommes frustrés par ses performances.

Avec les informations de CBC

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