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Vaccin de la variole simienne au Manitoba : la communauté LGBTQ+ craint la stigmatisation

Une dose de vaccin contre la variole simienne.

Vendredi, la province annonçait l'élargissement de l'accès à la vaccination contre la variole simienne. Depuis juin, la vaccination contre la variole simienne au Manitoba était offerte uniquement aux personnes ayant déjà contracté la maladie.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

La prise de rendez-vous pour la vaccination préventive contre la variole simienne s'amorçait lundi au Manitoba pour certaines catégories de la population, dont les travailleurs du sexe et les hommes qui ont des relations sexuelles anonymes avec d'autres hommes.

La communauté LGBTQ+ accueille favorablement l'initiative, mais craint la stigmatisation.

C'est le cas de Kevin Prada, membre de cette communauté et chercheur sur les sujets concernant les minorités, qui considère l'enjeu à double tranchant.

Kevin Prada donne une entrevue à Radio-Canada dans une rue à Winnipeg, le 8 août 2022.

Kevin Prada est l'un des auteurs du rapport « DES NÔTRES », concernant les réalités des personnes LGBTQ+ francophones au Manitoba.

Photo : Radio-Canada

J'applaudis le gouvernement qui cible cette communauté particulièrement à risque. Mais il y a un risque de stigmatisation indue, affirme-t-il.

Ça empire le problème! Tu fais en sorte que cette communauté se rapporte moins aux médecins, qu'elle se cache davantage, donc la contagion se fera encore plus, poursuit Kevin Prada.

Membre du Collectif LGBTQ*, qui a pour mission d’appuyer la santé et le bien-être de la communauté LGBTQ+ d’expression française du Manitoba, Stephan Hardy croit que la stigmatisation devrait être prise en compte dans les campagnes de santé publique.

À long terme, quelles sont les répercussions de cette stigmatisation? Pour les personnes LGBTQ+, ça veut dire peut-être dissimuler leur identité à leur fournisseur de soins de santé, lance-t-il.

Pour d'autres, ça pourrait être un retour dans le placard. Ce n'est jamais une bonne idée de stigmatiser une population.

M. Prada salue toutefois un segment dans le communiqué de presse de la province, émis vendredi afin de limiter les risques de stigmatisation.

Tout le monde peut contracter la variole du singe, peut-on lire dans le communiqué.

Cependant, en ce moment au Canada et dans le monde entier, les personnes infectées sont principalement des hommes gais, bisexuels et d’autres hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes, poursuit la province.

Mme Carr souriante face à l’objectif.

La fondatrice et épidémiologiste chez EPI Research, Cynthia Carr. (archives)

Photo : Gracieuseté : Charlotte Falck

Les experts rappellent que l’éducation et la sensibilisation face à ce virus sont une bonne manière d’éviter la stigmatisation dans les communautés.

L'épidémiologie est destinée à être aussi descriptive et précise que possible, afin que nous puissions développer les ressources appropriées pour travailler avec le groupe le plus à risque. Elle n'est jamais destinée à être stigmatisante, explique l'épidémiologiste fondatrice de EPI Research, Cynthia Carr.

À l'heure actuelle, aucun cas n'a encore été détecté au Manitoba.

Dans un courriel, la province indique que tous les rendez-vous possibles pour la vaccination contre la variole simienne ont été enregistrés. Elle indique qu'elle fournira d'autres mises à jour dès que possible.

Pour l'instant, la vaccination contre la variole simienne n'est offerte qu'à Winnipeg.

Avec les informations de Julien Sahuquillo et de Chantallya Louis

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