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Une biobanque québécoise pour mieux comprendre la variole simienne

Micrographie électronique montrant une particule du virus de la variole simienne.

Environ 410 cas de variole simienne ont été officiellement recensés au Québec, et plus de 28 000 à l'échelle mondiale.

Photo : CDC

Radio-Canada

Des chercheurs du Centre universitaire de santé McGill (CUSM) invitent les personnes ayant été infectées par la variole simienne, ou qui ont été vaccinés contre la maladie, à collaborer à la création d’une biobanque.

L’objectif est de recueillir des données et des échantillons qui permettront de mieux comprendre cette infection.

Une biobanque, ça sert à deux choses, explique le Dr Donald Vinh, microbiologiste et infectiologue au CUSM. Ça sert à collecter des données cliniques sur des personnes d'intérêt, dans ce cas-ci des personnes infectées ou vaccinées contre cette infection. Et aussi [à] collecter des échantillons [...] pour étudier le virus ainsi que la réponse immunitaire à l'infection et au vaccin », résume le chercheur lors d’une entrevue sur les ondes de RDI.

« C’est pour essayer de mieux comprendre, à la fin de la journée, des détails qu’on ne connaît pas du tout sur ce virus. »

— Une citation de  Donald Vinh, infectiologue et microbiologiste au Centre universitaire de santé McGill

Plus précisément, les chercheurs du CUSM veulent en apprendre davantage sur les réseaux de transmission du virus. Si la maladie peut être contractée lors de contacts étroits avec une personne infectée, plusieurs questions restent sans réponse, par exemple si les personnes asymptomatiques peuvent la transmettre et si la transmission aérienne est un facteur important.

On sait que ça pourrait se transmettre par des sécrétions respiratoires et par la peau, mais y a-t-il d'autres réservoirs [de transmission], par exemple d'autres liquides biologiques?, se demande le Dr Vinh.

La réponse immunitaire des patients constitue une autre piste de recherche.

La durée de l’immunité post-infection, l’efficacité du vaccin, le dosage et le nombre de doses nécessaires du vaccin : On a besoin d’une biobanque pour répondre à ces questions, affirme le chercheur.

Ces réponses pourraient aider les pays à peaufiner leur stratégie de vaccination. Devant une rareté de vaccins à l’échelle mondiale, des pays comme le Canada ont fait le choix d’offrir une dose aux personnes à risque au lieu des deux doses normalement recommandées. Aux États-Unis, les autorités étudient même la possibilité d’offrir cinq doses à partir d’une seule en modifiant le procédé d'administration.

Mais la réalité, c’est qu’on ne connaît pas l'efficacité de ces stratégies, explique le Dr Vinh.

Partage d’expertise local et international

Environ 410 personnes ont été infectées par la maladie jusqu’ici au Québec, dont la majorité à Montréal. Plus de 10 000 autres ont été vaccinées.

Le Dr Vinh souhaite voir le plus grand nombre possible de personnes participer à cette étude. Chacune d’entre elles peut apporter un morceau d’information qui est important pour comprendre la science.

Le projet de biobanque est mené en collaboration avec des partenaires locaux, comme la clinique médicale l’Actuel, à Montréal, ainsi qu’avec des chercheurs du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) et à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme.

L’équipe du CUSM est également en contact avec des chercheurs à l’international, notamment en Afrique de l’Ouest, où la variole simienne est endémique.

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