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Scandale d’espionnage en Grèce : Mitsotakis reconnaît « une erreur » du renseignement

Le premier ministre conservateur grec Kyriakos Mitsotakis.

Le premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis a qualifié d'inacceptable la surveillance policière du téléphone d'un député de l'opposition.

Photo : Getty Images / AFP / JULIEN DE ROSA

Agence France-Presse

Le premier ministre conservateur grec Kyriakos Mitsotakis a qualifié lundi d'« erreur » « politiquement inacceptable » la surveillance d'un eurodéputé socialiste devenu chef de l'opposition socialiste par les services du renseignement, un scandale qui ébranle son gouvernement.

Deux démissions, dont celle du chef des services nationaux du renseignement (EYP), ont porté vendredi un coup majeur à son gouvernement après la révélation de la surveillance du téléphone portable de Nikos Androulakis, le chef du Pasok-Kinal, troisième parti au Parlement.

Ces démissions sont intervenues dix jours après que Nikos Androulakis eut dénoncé la tentative de surveillance de son portable par le logiciel illégal Predator.

Cette procédure de surveillance a été faite légalement après avoir été approuvée par le parquet de la Cour suprême, mais c'était une erreur, a reconnu le premier ministre dans une allocution télévisée.

Je n'étais pas au courant, si je l'avais su, je ne l'aurais jamais autorisée, a-t-il affirmé, jugeant l'action de l'EYP politiquement inacceptable et fustigeant des défaillances de longue date dans ce service.

L'EYP est placée sous l'égide de Kyriakos Mitsotakis depuis son élection en juillet 2019, une des premières réformes de la majorité gouvernementale de droite (Nouvelle-Démocratie).

Une question de démocratie

Il y a quelques jours, j'ai été informé qu'en septembre 2021, et alors que Nikos Androulakis était député européen, le service national du renseignement avait établi une connexion légale avec son téléphone portable, a-t-il dit.

Il a souligné que cette surveillance a duré trois mois et pris fin automatiquement, comme le prévoit la loi, quelques jours après l'élection de M. Androulakis à la présidence du Pasok-Kinal en décembre 2021.

Le premier ministre a promis une série de réformes pour améliorer l'EYP, dont le renforcement de son obligation de rendre des comptes sur son activité et la supervision du renseignement national par la commission des institutions et de la transparence du Parlement.

Nikos Androulakis a rétorqué que le premier ministre évite de donner des explications et a demandé la raison pour laquelle il était surveillé par l'EYP en tant qu'eurodéputé et candidat alors à la présidence du Pasok-Kinal.

La super armée Predator a tenté de piéger mon téléphone, a-t-il dénoncé, rappelant qu'il ne s'agit pas d'une affaire personnelle, mais d'une question de démocratie. Sa surveillance par Predator avait été détectée par un service spécial du Parlement européen.

Vendredi, la démission du chef de l'EYP, Panagiotis Kontoleon, a été précédée par celle de Grigoris Dimitriadis, secrétaire général des services du premier ministre et neveu de ce dernier, mis en cause par le site d'investigation Reporters United et le quotidien grec Efimerida ton syntakton (Efsyn, gauche) pour ses liens présumés avec une société de commercialisation du Predator en Grèce.

Dégradation de la liberté de la presse

Reporters United et le site d'investigation Inside Story ont ces derniers mois publié une enquête sur des surveillances présumées en Grèce.

En avril, Thanasis Koukakis, journaliste grec spécialisé en affaires financières, avait saisi la justice, dénonçant l'attaque de son téléphone par Predator.

En février, l'écoute présumée par l'EYP d'un autre journaliste grec d'investigation sur les questions migratoires, Stavros Malichudis, a été portée devant la Cour suprême.

Des syndicats de journalistes ont critiqué cette situation, rappelant la dégradation de la liberté de la presse en Grèce.

Jusqu'aux démissions de vendredi, le gouvernement avait nié toute implication de l'État.

Le premier ministre n'a pas expliqué pourquoi l'EYP a décidé une telle action sans précédent, a réagi lundi le principal parti d'opposition Syriza (gauche radicale).

Combien d'autres hommes politiques, journalistes ou citoyens sont placés sous surveillance sous son administration?, a demandé Syriza, le parti de l'ex-premier ministre Alexis Tsipras, qualifiant de menteur le premier ministre.

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