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Des Irano-Canadiens ont de la difficulté à traverser la frontière américaine

Un véchicule blanc s'approche d'un service frontalier vers les États-Unis.

Des Irano-Canadiens qui ont dû s’enrôler dans le Corps des Gardiens de la révolution obtiennent souvent la mention « 4S » sur leur carte d’embarquement, ce qui peut les empêcher d'entrer aux États-Unis.

Photo : Associated Press / Elaine Thompson

Radio-Canada

Des Irano-Canadiens disent avoir de la difficulté à voyager à l’extérieur du Canada, et plus particulièrement aux États-Unis.

Enrôlé malgré lui

Amir Abolhassani a dû vendre sa maison à Saskatoon pour aller s’installer en Caroline du Nord, à la demande de son employeur.

En janvier dernier, il a tenté de prendre l'avion avec sa famille, à partir de Calgary, pour se rendre aux États-Unis. Ils n'ont pas eu l’autorisation de traverser la frontière.

La famille a été soumise à un long entretien et à une fouille approfondie des effets personnels, notamment leurs téléphones intelligents et leurs réseaux sociaux.

L’agent du Service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (CBP) a expliqué ce refus par le temps que M. Abolhassani a passé, il y a dix ans, au sein du Corps des Gardiens de la révolution.

Il s’agit de la milice iranienne, qui oblige tous les hommes de 18 ans et plus à servir dans l’une des branches de l’armée.

Amir Abolhassani et sa famille n'ont pas eu l'autorisation de traverser aux États-Unis.

Amir Abolhassani et sa famille n'ont pas eu l'autorisation de rentrer aux États-Unis.

Photo : Amir Abolhassani

M. Abolhassani soutient qu’un Iranien sur trois est affecté à cette milice puisque c’est une des plus grandes branches de l’armée.

En 2019, sous l'administration Trump, le Corps des Gardiens de la révolution a été déclaré comme une organisation terroriste.

Selon Amir Abolhassani, le refus de s'enrôler dans l’armée peut empêcher un homme d’obtenir un passeport ainsi que d’autres documents civils, et peut même conduire à d’autres sanctions.

« Le stress d’être lié à une organisation terroriste est la pire des choses. »

— Une citation de  Amir Abolhassani, Irano-Canadien

Selon l’agent du CBP, sa femme ne pouvait pas traverser la frontière, puisqu’elle aurait pu avoir reçu un entraînement militaire de la part de son mari.

Pendant son séjour au sein du Corps des Gardiens de la révolution, Abolhassani affirme avoir tenu une arme à trois reprises en deux mois de formation, et n’avoir tiré que quatre balles dans sa vie.

Les refus à la frontière semblent fréquents. M. Abolhassani dit que 150 autres Irano-Canadiens sont confrontés à une situation similaire.

Les Irano-Canadiens qui ont dû s’enrôler dans le Corps des Gardiens de la révolution obtiennent souvent la mention 4S sur leur carte d’embarquement.

Cette mention signifie Secondary Security Screening Selection. Elle indique qu'une inspection supplémentaire doit être réalisée pour les voyageurs visés par cette inscription.

Une carte d'embarquement affichant la mention 4S, « Secondary Security Screening Selection ».

Une carte d'embarquement affichant la mention 4S, soit « Secondary Security Screening Selection ».

Photo : Javad Mokhtarzadeh

Propriétaire d’une entreprise à Montréal, Javad Mokhtarzadeh explique que sa famille et lui avaient cette mention sur leur carte d’embarquement pour leur départ et leur retour à l'occasion d’un voyage en Europe.

M. Mokhtarzadeh dit que les agents leur parlaient comme s’ils n’étaient pas des citoyens canadiens, alors que leur fille de cinq ans est née au Canada.

Une situation exaspérante pour sa famille, puisqu’ils ont demandé à la jeune fille de lever les mains pour une inspection corporelle, en plus de l'obliger de retirer ses chaussures.

Javad Mokhtarzadeh a dû expliquer à sa fille que ces procédures font partie des passages dans les aéroports.

Une responsabilité qui revient aux États-Unis

Contacté par des Irano-Canadiens qui vivent cette situation, des représentants du gouvernement fédéral ont expliqué que cela ne relève pas de la responsabilité du Canada, mais plutôt des États-Unis.

Pour sa part, l'Agence des services frontaliers du Canada dit n'avoir ni le pouvoir ni l’autorité pour intervenir dans les décisions en matière d’immigration d'autres pays.

Affaires mondiales Canada fait écho à cette déclaration, soulignant que les États-Unis ont le contrôle sur l’admissibilité de voyageurs étrangers.

Les Irano-Canadiens demandent néanmoins à Ottawa de se pencher sur le dossier et de soutenir davantage ceux qui essaient de traverser la frontière.

Certains d’entre eux disent se sentir complètement oubliés par le gouvernement fédéral.

Amir Abolhassani craint de perdre son emploi, qui nécessite de s’installer en Caroline du Nord. Il dit avoir fait une demande de visa pour les États-Unis.

Il s'inquiète cependant du statut de sa demande, puisque d’autres personnes attendent leurs visas américains depuis 2019.

Avec les informations de Pratyush Dayal

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