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La mère d’Amanda Todd veut que la sextorsion soit ajoutée au Code criminel

La mère d'Amanda Todd, Carol Todd, essuie une larme pendant qu'elle parle à la presse avant que ne soit rendu le verdict concernant Aydin Coban.

La mère d'Amanda Todd, Carol Todd, parle à la presse avant l'annonce du verdict concernant Aydin Coban.

Photo : Radio-Canada / Justine Boulin

Maintenant qu’un verdict de culpabilité a été rendu contre le cyberintimidateur qui a poussé Amanda Todd à s’enlever la vie à l’âge de 15 ans, sa mère, Carol Todd, voudrait que le concept de sextortion figure au Code criminel pour mieux cerner ce fléau et protéger les enfants.

En entrevue à l’émission Early Edition de CBC, lundi, Carol Todd a dit qu’il existe très peu de jurisprudence en matière d’extorsion sexuelle.

La sextorsion ne figure pas au Code criminel, seulement l’extorsion. Alors j'aimerais qu'il soit possible de [l'ajouter] au Code criminel, a ajouté Carol Todd.

Une jeune fille tient un téléphone dans sa main.

Amanda Todd s'est suicidée en octobre 2012, après avoir publié une vidéo sur YouTube disant qu'elle avait été victime de chantage par un prédateur en ligne.

Photo : CBC/The Fifth Estate

« Lorsque Amanda est morte, on ne connaissait pas le mot sextorsion et on ne savait pas que cela existait. Il faut en discuter, en parler et surtout s’informer. »

— Une citation de  Carol Todd

La mère d’Amanda, qui a milité pendant des années pour obtenir justice pour sa fille, veut sensibiliser d’autres parents afin qu’ils puissent mieux protéger leurs enfants.

« La communication est tellement omniprésente sur nos appareils que nous devons mettre des limites pour nos enfants et discuter avec eux de l'Internet. »

— Une citation de  Carol Todd

Hausse des cas de sextorsion

Selon Statistique Canada, le nombre de cas d'extorsion déclarés à la police au pays a presque triplé en moins de 10 ans.

Le Centre canadien de protection de l’enfance, à Winnipeg, explique à partir de données publiées jeudi qu'il y a eu une hausse des crimes d’extorsion sexuelle ciblant des jeunes, en majorité des garçons ou jeunes adolescents.

Le Centre a ouvert 322 dossiers de sextorsion en juillet 2022, comparativement à 85, en juillet 2021, et 15, en juillet 2019.

Selon Stéphane Villeneuve, professeur de l'Université du Québec à Montréal et directeur du Programme en intégration du numérique en milieu scolaire, les adolescents sont particulièrement vulnérables à la sextorsion.

« Quand ça touche beaucoup l'image, l'identité d'une personne, qu'on menace de ruiner sa vie... Les jeunes, les adolescents sont dans une période où ils essaient de découvrir leur identité, de s'affirmer. Là, on est en train de détruire cela d'un seul coup, en un instant, ils envoient une photo et c'est leur univers au complet qui s'effondre. »

— Une citation de  Stéphane Villeneuve, Université du Québec à Montréal

Il se réjouit que le Néerlandais accusé d'avoir harcelé et extorqué sur Internet Amanda Todd, une adolescente qui s'est suicidée en 2012, ait été reconnu coupable par un jury samedi.

Combattre la sextorsion

Les doigts d'un homme tapent sur un clavier d'ordinateur.

Le nombre de cas d'extorsion sexuelle atteint des niveaux alarmants, selon des experts.

Photo : Trevor Brine/CBC

Le gouvernement fédéral a annoncé en juillet la reprise de consultations sur de possibles lois sur les dangers numériques.

Des experts universitaires responsables du dossier ne sont pas encore arrivés à un consensus sur de nombreuses questions. Par ailleurs, il faut décider si les compagnies de logiciels devraient être obligées d'exercer une surveillance active et de supprimer du contenu offensif et si les messages privés devraient être inclus dans une nouvelle loi.

Des experts et des militants pour la protection des enfants comme Monique St. Germain, avocate au Centre canadien de protection de l’enfance, décrient ces retards : Chaque jour, d'autres enfants enfants sont des victimes.

« Il est inacceptable que le fardeau de protéger les jeunes en ligne repose uniquement sur les épaules des parents. Jusqu’à ce que le gouvernement et les compagnies de technologie fassent des changements importants et immédiats pour protéger les enfants en ligne, l'histoire va se répéter. »

— Une citation de  Monique St. Germain, avocate, Centre canadien de protection de l’enfance

De l’espoir au bout du tunnel

Pour des parents comme Derek Lints, qui a perdu son fils de 17 ans en février, le verdict de culpabilité de samedi contre Aydin Coban est du jamais vu.

Il espère que la condamnation du Néerlandais va susciter des changements réels et donner le courage aux victimes de parler et de voir qu’il est possible d’obtenir de l’aide.

Le fils de Derek Lints, Daniel, s’est enlevé la vie quelques heures après être devenu victime d'extorsion sexuelle perpétrée en ligne par le biais de l’application Snapchat.

Le père endeuillé est heureux pour Carol Todd, qui a persévéré toutes ces années et a finalement obtenu un verdict dans le dossier de sa fille .

Deux images de Aydin Coban, l'accusé dans l'affaire de cyberintimidation d'Amanda Todd.

Aydin Coban, un Néerlandais de 44 ans, a été reconnu coupable de cinq chefs d'accusation en lien avec l'affaire de cyberintimidation d'Amanda Todd, une adolescente de la Colombie-Britannique qui s'est enlevée la vie en 2012.

Photo : Cour suprême de la Colombie-Britannique

Après la décision du jury de samedi, les avocats de la Couronne et de la défense rencontreront la juge Martha Devlin le 11 août pour discuter d’une date d’audience en ce qui concerne la détermination de la peine du Néerlandais Aydin Coban.

Victime de cyberintimidation? Besoin de parler?

Les services de Jeunesse, j’écoute (Nouvelle fenêtre) sont offerts 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, partout au Canada.

  • 1 800 668-6868
  • Textos, au 686868

Avec des informations de Early Edition et de Timothé Matte-Bergeron

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