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Gaza : l’unique centrale électrique redémarre après une trêve

Un camion de carburant à Gaza.

Un camion de carburant entre lundi dans la bande de Gaza par le passage israélien de Kerem Shalom, à Rafah, dans l'enclave palestinienne, après la trêve.

Photo : Getty Images / SAID KHATIB

Agence France-Presse

Les habitants de la bande de Gaza pansent leurs plaies lundi, au premier jour d'une trêve entre le Djihad islamique et Israël qui a mis fin à trois jours de bombardements ayant fait 46 morts palestiniens et d'importantes destructions dans l'enclave paupérisée.

La vie a repris doucement son cours avec la réouverture du passage entre le territoire palestinien sous blocus et Israël, qui a permis de redémarrer l'unique centrale électrique de l'enclave.

La centrale était à l'arrêt depuis samedi par manque de carburant livré par Israël qui avait fermé les points de passage, ce qui compliquait notamment le fonctionnement d'hôpitaux débordés par le flux incessant de dizaines de personnes blessées dans les bombardements.

La ville palestinienne de Rafah.

Des Palestiniens au marché à Rafah au lendemain de la trêve après des affrontements meurtriers entre le groupe Djihad islamique et l’armée israélienne.

Photo : Getty Images / SAID KHATIB

Nous nous sommes réjouis de l'annonce du cessez-le-feu et avons repris le travail, raconte Hazem Douima qui tient une boutique à Gaza. Plus d'effusion de sang!

La situation est tragique et difficile, raconte à l'AFP Mohamed Alai, un autre habitant. Nous avons beaucoup de morts et de blessés, des destructions [...] mais Gaza panse ses plaies, dit-il.

Entre le début de l'opération israélienne vendredi et dimanche soir, 46 Palestiniens, dont 16 enfants, sont morts et 360 ont été blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza, qui a fait en outre état d'immeubles entiers détruits.

Deux principaux chefs militaires du Djihad islamique à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués. La branche militaire du groupe palestinien a confirmé lundi la mort de 12 de ses hommes.

En riposte aux bombardements aériens et aux tirs d'artillerie déclenchés par Israël qui a dit lancer une opération préventive contre le Djihad islamique à Gaza, le groupe palestinien a tiré un millier de roquettes, la grande majorité ayant été interceptée, selon l'armée israélienne.

Les tirs de Gaza ont fait trois blessés en Israël, d'après des services de secours.

Lundi soir, le premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé dans un discours télévisé que les bombardements avaient porté un coup dévastateur à l'ennemi et que le haut commandement militaire du Djihad islamique à Gaza avait été ciblé avec succès.

Un homme assis à l'intérieur d'une maison endommagée.

Un Palestinien assis à l'intérieur de sa maison endommagée, à Gaza, par les bombardements.

Photo : Getty Images / MAHMUD HAMS

Les passages entre l'État hébreu et la bande de Gaza ont rouvert pour des besoins humanitaires lundi, a indiqué dans un communiqué le COGAT, organe du ministère israélien de la Défense qui supervise les activités civiles dans les territoires palestiniens.

À Gaza, la centrale a recommencé à générer de l'électricité, a déclaré le porte-parole de la compagnie d'électricité, Mohammed Thabet, dans le microterritoire surpeuplé et sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Souhail Al-Baouab a vécu trois jours dans la peur. Nous ne voulons pas de guerre tous les six mois, et quand on a entendu parler de la trêve, on était si contents malgré le deuil pour les martyrs, car la vie reprend son cours normal, a dit cette résidente de 56 ans.

Lundi, des familles ont enterré leurs morts, comme à Jabalia (nord) où des centaines de personnes ont assisté aux funérailles de quatre jeunes d'une même famille tués dans les bombardements.

Des personnes en deuil à Gaza.

Des personnes assistent aux funérailles de Khalil Abu Hamada, un Palestinien de 19 ans, tué par une frappe aérienne israélienne le 7 août 2022 dans la ville de Gaza.

Photo : Getty Images

À Ashkelon, dans le sud d'Israël où la circulation avait repris, Eitan Casandini, assis dans un café, a affirmé que ses habitants se sentaient très bien : Je pense que le Djihad ne fera rien pendant les trois ou quatre prochaines années.

Selon le Djihad islamique, l'accord de trêve prévoit entre autres l'engagement de l'Égypte à oeuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers du groupe aux mains d'Israël, notamment Bassem Al-Saadi, dont l'arrestation le 1er août en Cisjordanie occupée a mené à cette flambée de violences.

Réactions à l'international

Le président américain Joe Biden a salué le cessez-le-feu négocié par l'Égypte et entré en vigueur à 23 h 30, heure locale, dimanche, et réclamé des enquêtes sur les victimes civiles.

Selon le chef de la diplomatie de l'Union européenne, Josep Borrell, il est essentiel d'oeuvrer à consolider le cessez-le-feu.

L'armée israélienne a présenté son opération lancée vendredi comme une attaque préventive, craignant des représailles du Djihad islamique après l'arrestation de Bassem Al-Saadi, l'un de ses chefs, le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

Même à l'avenir, s'il est nécessaire, nous lancerons une attaque préventive, afin de protéger les citoyens d'Israël, a dit lundi soir le ministre de la Défense, Benny Gantz, s'exprimant aux côtés de M. Lapid.

Ces derniers jours, quelque 40 membres du Djihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

La confrontation entre Israël et le Djihad islamique est la pire depuis celle ayant opposé pendant 11 jours en mai 2021 Israël au mouvement Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

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