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Un campement de sans-abri dans le parc John Rebecca provoque des tensions

Un petit parc de béton.

Le parc John Rebecca de Hamilton.

Photo : Radio-Canada / Cara Nickerson/CBC

Radio-Canada

À l'angle des rues John et Rebecca se trouve le parc John Rebecca, une étendue de béton ensoleillée, tachetée de monticules circulaires d'herbe jaune et sèche.

Au centre du parc se trouve un groupe de bicyclettes, de sacs à dos et de couvertures, blottis sous la seule véritable source d'ombre du parc : un toit perforé qui devait faire partie d'une aire de baignade qui est hors service.

Au-dessus du toit, les gens ont attaché des bâches pour empêcher le soleil et la pluie de s'infiltrer par les petits trous. Les personnes à l'ombre tentent de rester au frais durant une nouvelle journée à plus de 30 degrés Celsius.

Ces gens sont des sans-abri qui y ont établi un campement.

Pour eux, il s’agit d’un dernier recours. Pour les commerçants et bien des résidents du quartier, cependant, il s’agit d’une source de tension.

La Ville a coupé l’eau

Un résident du campement affirme que la Ville a récemment coupé l'eau des fontaines qui se trouvent dans le parc.

Un homme qui habite dans le campement, qui s’est simplement présenté à CBC Hamilton avec le mononyme Jay, dit qu'il vit dans le campement depuis environ un an. Il s’y trouve afin de rester près du centre de jour géré par l'organisation à but non lucratif Wesley Urban Ministries, de l'autre côté de la rue.

La façade du Wesley Urban Ministries.

Le centre Wesley Urban Ministries se trouve de l'autre côté de la rue.

Photo : Radio-Canada / Cara Nickerson/CBC

Wesley Urban Ministries offre aux gens comme Jay les nécessités de base, comme la nourriture, l'eau, les toilettes et les douches. Il fournit également des services médicaux aux sans-abri.

CBC Hamilton s'est entretenu avec Jay le 19 juillet. Quelques heures avant l’entretien, des employés de la Ville avaient donné aux résidents du campement un avis d'expulsion : ils n’avaient que quelques heures pour faire leurs bagages et déménager.

Jay a déclaré que lorsque la Ville procède à une expulsion, elle arrive avec des camions et jette tout ce qui appartient aux personnes qui vivent là.

Selon Jay, des employés de la Ville ont retiré des articles du parc, comme des bâches utilisées pour créer de l'ombre, même sans avoir émis un avis d’expulsion.

De plus, souligne Jay, l'alimentation en eau des fontaines d’eau potable du parc a été coupée.

Ce qui me dérange le plus, c'est l'eau. C'est probablement la chose la plus dégoûtante qu'ils font. Ils essaient de nous rendre aussi mal à l'aise que possible, a-t-il déclaré.

Dans un courriel adressé à CBC Hamilton, Aisling Higgins, agent principal des communications de la Ville, a déclaré que les fontaines d’eau potable ainsi que le bassin décoratif ont été vandalisés et que l’alimentation en eau a été coupée pour cette raison.

La Ville veut protéger le coût de l'investissement dans les réparations et s'assurer que ces éléments ne seront pas immédiatement re-vandalisés, selon Mme Higgins.

De vives tensions

Certaines personnes vivant et travaillant dans le quartier entourant le parc John Rebecca ont fait part à la police et à la Ville de ce qu'elles estiment être des problèmes de sécurité liés au campement.

Paul McDonald gère le Dirty Dog Saloon et le Club 77, tous deux situés juste à côté du parc.

Le logo du Dirty Dog Saloon sur un mur.

Le Dirty Dog Saloon se trouve à proximité du parc.

Photo : Radio-Canada / Cara Nickerson/CBC

Il a déclaré que depuis que des sans-abri vivent dans le parc John Rebecca, il a dû renforcer la sécurité de ses commerces.

M. McDonald a déclaré qu'un résident du campement l'a agressé récemment alors que le personnel se préparait à ouvrir le bar pour la nuit.

L'homme est entré dans le Club 77 et s'est dirigé vers l'arrière du bar, alors que le personnel et M. McDonald lui demandaient à répétition de partir, selon M. McDonald.

Je lui ai crié de sortir de l'immeuble, il n'est pas le bienvenu, a-t-il dit.

M. McDonald a dit qu'il a agrippé l'homme, qu'il croit être un résident du campement, par son sac à dos pour attirer son attention, et l'homme s'est retourné et l'a frappé.

Ces incidents se produisent régulièrement pour nous, a déclaré M. McDonald.

Il ajoute avoir soumis environ 40 plaintes auprès du Service de police de Hamilton au cours de la dernière année.

CBC Hamilton n'a pas été en mesure de vérifier auprès de la police le cas précis décrit par M. McDonald, ni le nombre de plaintes déposées au sujet du parc ou d'accusations liées aux armes au cours des derniers mois.

Le Dr Tim O'Shea, un médecin de Hamilton qui s'occupe de patients sans abri, a déclaré que pour les personnes vivant dans des campements, la sécurité est également une préoccupation majeure.

Je sais qu'il y a des problèmes de sécurité pour les personnes qui vivent autour des campements, mais il y a aussi des problèmes de sécurité pour les personnes dans les campements, a-t-il dit.

Le Dr O'Shea a déclaré que les résidents des campements sont confrontés à la violence d'autres personnes sans abri et de membres de la communauté qui agressent parfois verbalement et physiquement ses patients.

Selon Don Seymour, directeur exécutif de Wesley Urban Ministries, les refuges pour sans-abri sont aussi confrontés à des problèmes de sécurité, et pour certains, vivre dehors ou dans des campements est préférable à vivre dans ces refuges.

Selon le Dr O'Shea, les intérêts des résidents du quartier sont souvent opposés à ceux des sans-abri, et les deux ont le droit de vivre dans un environnement sûr, confortable et stable.

Ce n’est pas un problème qui est limité à "un groupe contre l'autre". Il n'y a pas d'endroits sûrs, stables et abordables où les personnes vivant dans les campements peuvent vivre, a-t-il déclaré.

Revenu de base garanti

La Ville a ouvert le parc John Rebecca en novembre 2019. Construit pour remplacer un stationnement, il devait être une fondation pour un quartier résidentiel émergent.

En mars suivant, Wesley Urban Ministries a ouvert son centre de jour de l'autre côté de la rue.

Selon M. McDonald, c'est à ce moment-là que les problèmes entre le Dirty Dog Saloon et les sans-abri ont commencé.

M. McDonald affirme qu’il n’a rien contre le centre lui-même, mais il ajoute avoir reçu des courriels hostiles de certains membres de la communauté qui veulent que le centre de jour quitte complètement le quartier.

Je réserve toute ma sympathie et ma compassion aux personnes que nous soutenons, a-t-il dit.

M. Seymour a déclaré qu'un grand nombre des personnes qui utilisent les services de Wesley Urban Ministries sont aux prises avec des problèmes de santé mentale et de toxicomanie. Il a ajouté que le fait de ne pas avoir accès à un logement aggrave ces conditions.

Il n'est pas facile de vivre dans les campements. [Ces gens] sont des proies faciles, a-t-il déclaré.

Ce dont beaucoup de résidents des campements ont vraiment besoin, ajoute-t-il, c'est d'un revenu de base garanti, ce qui les aiderait à mettre fin au cycle de la pauvreté. Il affirme aussi qu’un meilleur financement des services de santé mentale et de toxicomanie est nécessaire.

Je peux comprendre qu’un [tel campement] n'est pas très joli, cependant [... ces gens ont] besoin d'un traitement médical qui n'est pas disponible ou n'existe pas, a-t-il déclaré.

Des caméras de vidéosurveillance

Jason Farr, conseiller du quartier 2, a rédigé une motion visant à placer des caméras de surveillance dans le parc John Rebecca, qu'il prévoit de présenter lors de la réunion du comité des travaux publics de mercredi, le 10 août.

Le projet de motion indique que les caméras de télévision en circuit fermé pourraient être utiles comme outils d'enquête pour l'application de la loi et atténuent la probabilité de récurrence et l'impact du comportement criminel sur la propriété et sa communauté locale .

Il indique également que le parc est devenu un environnement peu sûr en raison de l'augmentation des actes criminels.

M. Farr propose également que le personnel de la Ville rencontre les entreprises adjacentes pour élaborer un plan visant à réduire l'impact négatif sur leurs propriétés.

Le Dr O'Shea affirme que les personnes vivant dans les campements ont leurs propres préoccupations en matière de sécurité.

Le projet de motion affirme également que lorsque les résidents des campements sont approchés au cours de multiples visites quotidiennes du Service de police de Hamilton, ainsi que par des équipes de sensibilisation à la santé et autres, ils refusent l'aide offerte.

La police de Hamilton n'a pas commenté la fréquence de ses visites dans le parc lorsque CBC Hamilton lui a posé la question.

Dans une version antérieure de la motion, M. Farr déclarait que le parc John Rebecca est destiné à l'usage du public, mais qu'en raison du campement peu ou pas [de membres du public] l'utilisent ces jours-ci.

Les gens comme Jay utilisent le parc, mais on ne sait pas pour combien de temps encore.

Jay a déclaré que pour se conformer à l'avis d'expulsion de la Ville, il déménagerait très probablement dans un autre parc public, car il n'a nulle part ailleurs où aller.

Avec les informations de Cara Nickerson de CBC

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