•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’église Sainte-Marguerite bientôt sous le pic des démolisseurs

L'église Sainte-Marguerite-de-Cortone.

L'église Sainte-Marguerite-de-Cortone à Trois-Rivières (archives)

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Une page d'histoire se tournera dans les prochains jours à Trois-Rivières. La démolition de l'église Sainte-Marguerite-de-Cortone est imminente. Vendredi, des clôtures ont été installées autour du site, ont signalé des citoyens du secteur.

Le permis de démolition a été délivré par la Ville au cours des derniers jours, confirme le conseiller municipal du district de La Vérendrye, Dany Carpentier.

Alors que l’inévitable se prépare, plusieurs citoyens en ont profité pour faire leurs derniers adieux à l'église dimanche.

Marc-André Nadeau a encore de la difficulté à digérer la nouvelle. Cet homme pour qui l’église revêt une importance particulière espère de tout son cœur qu'il pourra repartir avec une brique du bâtiment. Il souhaite que les démolisseurs offrent quelques briques au public.

Ç'a toujours été dans ma vie, ç’a toujours été là. Je suis né là, j'ai été baptisé là [...]. Ce n’est pas facile pour moi ni pour toute la communauté aussi [...]. J'ai encore le son des cloches dans ma tête, raconte-t-il, le trémolo dans la voix.

William Baribeau, lui, habite à Repentigny et a fait un arrêt spécial à l’église alors qu’il était de passage à Trois-Rivières pour le Grand Prix de cette ville.

C'est une grosse perte pour le patrimoine. C'est une grosse perte dans l'histoire de Trois-Rivières parce que c'est une église que ça fait très très longtemps qu'elle est là, croit-il.

Ça me fait de quoi. Je le sais bien que c'est à l'abandon, c'est quasiment mieux pour ça, ajoute Normand Éthier, un autre citoyen rencontré aux abords de l’église.

Des itinérants sans repères

La démolition aura des conséquences sur la dizaine de personnes itinérantes qui dormaient autant à l'intérieur qu'à l'extérieur de l'église. L'hiver, en période de grand froid ou lors d'une averse, plusieurs s'y réfugiaient.

Des tentes.

Certaines personnes ont trouvé refuge sur le site de l'église, mais elles se trouvent maintenant à l'extérieur du périmètre établi vendredi.

Photo : Radio-Canada

Karine Trahan, directrice générale et intervenante à l'Escouade itinérance, s'inquiète pour ces gens qui se retrouveront sans aucun toit.

On ne sait pas où ils vont se ramasser, [peut-être] dans le bois. Ils vont s'éloigner des services, malheureusement. Nous, avec l'Escouade, c'est ce qui nous inquiète le plus, avoue-t-elle.

Elle craint que ces gens soient marginalisés davantage. Ici, ils sont en avant d'une ressource qui est Le Havre, ils sont proches de Point de Rue, des autres organismes. Ils sont accessibles pour nous. S'ils s'éloignent, ils vont se mettre encore plus en situation d'exclusion sociale.

Au total, 147 logements doivent être construits sur le site de l’ancienne église une fois sa démolition complétée.

Une petite partie sera réservée au logement abordable. Toutefois, aucun logement social n'est prévu, une situation qui désole Mme Trahan. Ils ne savent pas où aller. Des logements à prix modique, il n'y en a pas, s’exclame-t-elle.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !