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Les apiculteurs manitobains font face à une perte importante de la population d’abeilles

Une ruche d'abeilles mélipones

Face au déclin d'abeilles, les apiculteurs songent à en importer des États-Unis, mais la législation est complexe en la matière.

Photo :  Aurora Xolalpa, Université interculturelle Maya

Radio-Canada

L’année 2022 a été dévastatrice pour les apiculteurs au Manitoba et dans tout le Canada en raison des pertes d’abeilles qui ont retardé et mis à mal la production.

Selon le professeur associé d’entomologie à l’Université du Manitoba, Jason Gibbs, les pertes d’abeilles sont de l’ordre de 40 % dans certaines régions du Canada, mais au Manitoba elles sont de 57 %.

Par exemple, dans sa miellerie située à Wawanesa à environ 200 km à l’ouest de Winnipeg, l’apiculteur Mike Clark observe quelque chose de différent cette année, car ses ruches ne grouillent pas d’abeilles contrairement à ce qu’il a l’habitude de constater au mois d’août.

Cette année la ferme tente plutôt de reconstituer sa population d'abeilles qui a été dévastée.

D'autres personnes sont en production en ce moment pour extraire le miel, et je n'ai pas l'impression que nous allons produire du miel cette année, dit M. Clark.

La ferme Podolski Honey Farms a environ deux semaines de retard sur la normale en raison du printemps tardif, selon le propriétaire Bob Podolski. 

L’apiculteur a commencé  à extraire du miel de son rucher au début du mois d'août, mais n'a trouvé que très peu de miel dans les ruches.

Dans le meilleur des cas, nous produisons un million de livres... Normalement, nous produisons entre 750 et 850 000 livres. Cette année, si nous en faisons 200 000, nous aurons de la chance, lance M. Podolski.

Le producteur estime que son exploitation a perdu environ 90 % de ses abeilles.

J'en ai vu 80 %, j'en ai vu 70 % [dans le passé], mais il y avait ce stock de remplacement qui était disponible. Cette année, il n'y avait pas de stock de remplacement disponible, s’indigne-t-il.

Un parasite ravageur

Si le printemps froid et humide explique en partie les difficultés des apiculteurs, ce n'est pas tout.

Selon le professeur Jason Gibbs, les abeilles sont en difficulté pour plusieurs raisons, notamment en raison du varroa, un parasite envahissant.

Il s'agit d'un acarien très gros par rapport à la taille du corps de l'abeille, et s'il n'est pas géré, il décimera 95 % des colonies , explique M. Gibbs. Les apiculteurs doivent en quelque sorte s'en occuper régulièrement [pour] garder les niveaux sous contrôle. Et s'ils ne le font pas, ils vont subir des pertes élevées.

Si tout va bien, explique M. Gibbs, la plupart des apiculteurs devraient être en mesure de se remettre des pertes en un an ou deux.

L'importation d’abeilles : une piste

Le producteur apicole Mike Clark souhaiterait importer des abeilles mellifères des États-Unis afin de reconstituer les populations en déclin. 

Même envie chez l’apiculteur Bob Podolski qui a l’habitude d’importer des paquets d'abeilles de Nouvelle-Zélande et d'Australie. Il aimerait maintenant avoir accès aux abeilles américaines. 

Eh bien, si nous n'avons pas de stock de remplacement disponible sur le continent américain - après 47 ans de traite des abeilles par moi, je ne sais pas si nous serons là l'année prochaine.

L'importation d'abeilles pourrait être une solution possible pour la reconstitution, mais elle n'est pas sans poser de problèmes, selon M. Gibbs, qui évoque des restrictions visant à empêcher la propagation d'agents pathogènes et de parasites arrivant de l'extérieur du Canada. 

Selon la réglementation actuelle, seules les reines d'abeilles certifiées peuvent être importées des États-Unis.

À cela s'ajoute le fait que les colonies de remplacement provenant d’Australie, de Nouvelle-Zélande et du Chili ont été touchées par les problèmes de chaîne d'approvisionnement en raison de la COVID-19.

L'accès à ces paquets de remplacement peut parfois être difficile, et la réalité est beaucoup plus prononcée au Manitoba en raison du nombre élevé de pertes de colonies, indique le président de l’Association des apiculteurs du Manitoba, Ian Steppler. 

Beaucoup d'apiculteurs vont manquer d'abeilles dans leurs exploitations. Certains, malheureusement, n'en auront pas, se plaint-il.

Mais ce que les apiculteurs au Manitoba demandent, et ce qui a été demandé par notre association, c'est d'envisager d'autres endroits où nous pourrions avoir accès à des stocks de remplacement pour aider à faire face à des situations malheureuses comme celles que nous avons connues cette année.

Volonté politique

L’Association dit avoir contacté le ministère de l'Agriculture pour lui demander d'aider les apiculteurs ayant connu des pertes importantes.

Un porte-parole du gouvernement indique que l'Agence canadienne d'inspection des aliments travaille avec des partenaires pour partager toute nouvelle preuve scientifique concernant l'état de santé des abeilles au Canada et aux États-Unis. 

L’Agence espère pouvoir déterminer d'ici le 5 septembre si une autre évaluation des risques est justifiée en ce qui concerne l'importation d'abeilles, affirme le porte-parole.

Récemment Agriculture et Agroalimentaire Canada et l'Agence d'inspection des aliments ont lancé un groupe de travail sur l'effondrement des colonies d’abeilles et l'impact du varroa.

Le Manitoba compte 200 apiculteurs commerciaux. L'an dernier, ils ont produit environ 19 millions de livres de miel, selon M. Steppler. 

Avec les informations de Chelsea Kemp

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