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Lendemains incertains pour le Parti conservateur après le 10 septembre

Les six candidats sur une scène.

Les candidats en lice pour diriger le Parti conservateur à l'occasion d'un débat.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Lors du dernier débat au Parti conservateur, les trois candidats présents ont tous souligné l'importance de l'unité au sein du parti.

Le parti demeurera-t-il uni au terme d'une course qui a révélé de profondes divisions en son sein? Pendant qu'on tente de trouver une réponse à cette question, plusieurs se préparent en vue d'une victoire de Pierre Poilievre.

Cependant, gagner une course à la direction et diriger un parti, ce n'est pas la même chose.

Quelqu'un doit commencer à réfléchir aux lendemains du scrutin, lance Garry Keller, l'ancien chef de cabinet de Rona Ambrose, qui avait pris la tête du Parti conservateur canadien par intérim après la défaite électorale de 2015.

Pierre Poilievre compte sur de solides appuis au sein de l'actuel groupe de députés conservateurs. Pas moins de 62 des 118 membres du caucus soutiennent cet ancien ministre de Stephen Harper.

Nuire à l'unité du parti

Le député de Carleton dit que son message dans lequel il met l'accent sur la liberté est rassembleur pour les conservateurs.

Pour M. Keller, cela ne signifie pas que les membres du caucus pourront dire tout ce qu'ils voudront sur les réseaux sociaux. Les gens vont perdre leurs illusions à ce sujet, dit-il.

Tout au long de la campagne, M. Poilievre et ses partisans ont été accusés de nuire à l'unité au sein du parti en formulant des attaques personnelles féroces contre leurs adversaires, notamment envers l'ancien premier ministre du Québec, Jean Charest.

Récemment, des députés du camp Poilievre et un autre candidat à la direction du parti, Scott Aitchison, ont mis en doute les intentions de M. Charest en cas de défaite.

C'est triste de voir que la loyauté de Jean Charest, un patriote et un champion de l'unité canadienne, est remise en question par des conservateurs qui attisent les divisions, a déclaré Michelle Coates Mather, une porte-parole de l'organisation de M. Charest.

« Quel est leur objectif absolu? Perdre les prochaines élections en s'aliénant les conservateurs qui appuient M. Charest? Cela me semble une piètre stratégie pour un parti qui veut étendre sa base électorale pour gagner. »

— Une citation de  Michelle Coates Mather, porte-parole de l'organisation de Jean Charest

Et au Québec?

La question de l'avenir du Parti conservateur en cas de victoire de M. Poilievre est très d'actualité au Québec. Le favori de la course n'a obtenu l'appui que d'un seul des dix députés conservateurs québécois : Pierre Paul-Hus.

Le député Alain Rayes, un des principaux organisateurs de M. Charest, a exprimé sa confiance dans une victoire de l'ancien premier ministre. Selon lui, le parti n'a pas besoin de se lancer dans une politique axée sur la division et la caricature, inspirée de ce qui se passe chez nos voisins du Sud et de la politique à la Trump.

« Je suis convaincu que vous, les membres du Parti conservateur, allez faire le bon choix. »

— Une citation de  Alain Rayes, député et membre du clan de Jean Charest, dans une lettre ouverte

Selon le groupe Centre Ice Conservatives, si le parti veut étendre sa base, il devra renoncer aux franges radicales et concentrer son attention sur les questions qui intéressent le plus la population dans son ensemble.

Son directeur, Michael Stuart, dit que Jean Charest et Pierre Poilievre ont des idées qui intéressent les centristes. Même leurs partisans souhaitent que tous deux s'occupent davantage de sujets de tous les jours, notamment la croissance économique et l'emploi.

La vaccination, les convois et tout ça détournent trop l'attention, soutient M. Stuart.

Un camion passe au milieu de la route alors que des gens autour de la route brandissent une affiche et un drapeau.

« La vaccination, les convois et tout ça détournent trop l'attention », soutient Michael Stuart, du groupe Centre Ice Conservatices.

Photo : Radio-Canada / Cameron MacIntosh

Et comment M. Poilievre s'occupera-t-il de la droite sociale, lui qui a grandement misé sur les opposants aux mesures mises en œuvre pour lutter contre la pandémie?

Le retour de la question de l'avortement

Même s'il a promis que son gouvernement ne présentera pas un projet de loi destiné à restreindre l'accès à l'avortement, M. Poilievre pourrait être rappelé à l'ordre par certains de ses alliés.

Jack Fonseca, qui fait partie d'un groupe d'opposants à l'avortement, rappelle que plusieurs des nouveaux membres recrutés par M. Poilievre au sein du mouvement opposé aux mesures de santé publique partagent les valeurs des conservateurs sociaux.

Ils sont pour la liberté, pour la famille et, oui, pour la vie et la foi, lance-t-il.

M. Fonseca espère que M. Poilievre orientera ses engagements électoraux dans cette direction. Il souhaite aussi voir Leslyn Lewis, une conservatrice sociale qui participe à la course à la direction, intégrer son cercle de proches conseillers.

Il sera contraint de faire face à cette réalité. Il devra prendre des engagements envers les conservateurs sociaux qui forment sa base.

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