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De nombreux employés du gouvernement fédéral hésitent à retourner au bureau

La députée fédérale d'Ottawa-Vanier et présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier.

La présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier, insiste : le travail hybride est une chose acquise.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Radio-Canada

Le gouvernement fédéral est maintenant aux prises avec la réticence des employés à retourner dans les bureaux du gouvernement après plus de deux ans de travail à domicile.

Le nombre de forums en ligne destinés aux fonctionnaires a explosé ces dernières semaines sur le sujet du retour au travail dans les bureaux. Les employés comparent leurs notes sur les plans de travail hybrides que chaque ministère prévoit adopter.

Le commentaire d'un gestionnaire de Santé Canada qui exhortait les employés à retourner au bureau, en partie pour permettre aux employés d'un restaurant Subway situé à proximité de bénéficier de plus d'heures de travail, a d'ailleurs donné lieu à une série de mèmes sarcastiques.

Les syndicats de la fonction publique affirment que si certains employés veulent retourner travailler dans les bureaux du gouvernement ou sont satisfaits d'un arrangement hybride, la majorité d'entre eux veulent continuer à travailler à domicile alors que le Canada est frappé par une septième vague de COVID-19.

Nous avons réalisé des études auprès de nos membres qui montrent que 60 % d'entre eux préféreraient continuer à travailler à domicile, 25 % voudraient un arrangement hybride et 10 % voudraient revenir au bureau à temps plein, a déclaré Jennifer Carr, présidente de l'Institut professionnel de la fonction publique du Canada (IPFPC), qui représente environ 70 000 travailleurs, y compris des scientifiques et des informaticiens.

Inclure le travail à distance dans les conventions collectives

Mme Carr a déclaré que le syndicat a été submergé de messages de la part de membres inquiets. Je dirais que notre boîte de réception est maintenant constituée à 90 % de messages sur le retour au bureau, sur le fait que les gens ne se sentent pas à l'aise, qu'ils ont des questions sur les exigences liées au masque, sur le besoin et la nécessité de venir au bureau alors qu'ils peuvent travailler dans la sécurité de leur propre maison et faire le travail de manière efficace, ajoute-t-elle.

Photo d'un homme en costume.

Greg Phillips, président de l'Association canadienne des employés professionnels (archives)

Photo : Radio-Canada / (Ashley Burke/CBC

Greg Phillips, président de l'Association canadienne des employés professionnels (ACEP), qui a demandé la suspension du retour au bureau, a déclaré que ses membres sont depuis longtemps favorables au travail hybride. Ils ont l'impression que le retour au bureau est précipité et que leurs préoccupations ne sont pas prises en compte, souligne-t-il.

L'ACEP compte plus de 20 000 membres, notamment des économistes, des traducteurs, des employés de la Bibliothèque du Parlement et des membres civils de la GRC. Dans l'ensemble, les personnes qui ne veulent pas retourner au bureau l'ont fait savoir haut et fort, ajoute M. Phillips. Ils n'ont même pas abordé […], dans de nombreux cas, les besoins d'adaptation, ironise-t-il.

L'Alliance de la Fonction publique du Canada (AFPC) – le plus grand syndicat du gouvernement fédéral, qui compte près de 230 000 membres – demande au gouvernement de faire preuve de souplesse pour réintégrer les employés au bureau et de répondre à leurs inquiétudes.

Nous savons que la plupart de nos membres travaillent encore à distance et que beaucoup d'entre eux veulent continuer à avoir cette flexibilité, a déclaré le syndicat dans un communiqué.

« Le travail à distance fait désormais partie du quotidien de nombreux travailleurs et nous continuerons à nous battre pour l'inscrire dans nos conventions collectives au cours de cette ronde de négociations avec le Conseil du Trésor et les agences. »

— Une citation de  Un communiqué de l'Alliance de la Fonction publique du Canada

Le travail hybride est une chose acquise, dit le Conseil du Trésor

Dans une entrevue accordée à CBC News, la présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier, a répété que le travail hybride représente l'avenir de la fonction publique fédérale. Selon elle, c'est à chaque ministère ou organisme de trouver des manières de le faire fonctionner tout en assurant la sécurité des employés et en accomplissant le travail.

Le travail hybride est une chose acquise, insiste Mme Fortier. Nous devons donc vraiment comprendre que le travail hybride fera partie de la façon dont nous offrons des programmes et des services aux Canadiens. Je sais que beaucoup de gens croient que la COVID-19 a disparu, mais nous sommes toujours dans une pandémie.

Mona Fortier dans la station de Radio-Canada à Ottawa-Gatineau.

La présidente du Conseil du Trésor, Mona Fortier (archives)

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Le dernier débat au sujet de l'endroit où les fonctionnaires devraient travailler a été déclenché par une note de service de la greffière du Conseil privé, Janice Charette, le 29 juin, qui exhortait les gestionnaires de la fonction publique à élaborer des modèles de travail hybrides qui répondent aux exigences opérationnelles de leurs ministères.

Le moment est venu pour nous de tester de nouveaux modèles en vue d'une mise en œuvre complète à l'automne, sous réserve des conditions de santé publique, pouvait-on lire.

Selon Mme Charette, les modèles de travail hybrides offrent des possibilités intéressantes, telles qu'une main-d'œuvre répartie à l'échelle nationale et une plus grande souplesse pour les employés. D’un autre côté, le fait de réunir les gens dans un bureau présente des avantages, notamment l'amélioration de la production d'idées, le transfert de connaissances et l'établissement d'une solide culture de service public.

Des plans différents pour chaque ministère fédéral

Cette note de service a incité les gestionnaires à commencer à élaborer des plans de retour des employés dans les bureaux du gouvernement après la fête du Travail et à communiquer avec les employés pour officialiser le nombre de jours où ils devront travailler à l'extérieur du bureau.

Selon les dirigeants syndicaux, il en résulte une mosaïque de mesures disparates, certains ministères demandant aux employés de retourner au bureau plusieurs jours par semaine, tandis que d'autres sont plus souples.

Selon eux, ce vaste éventail de politiques a également pour conséquence que certains ministères tentent de débaucher les meilleurs et les plus brillants talents d'autres ministères en offrant une plus grande souplesse en matière de travail à domicile. D’autres employés chercheraient aussi à être mutés dans des ministères plus ouverts au travail à domicile.

D'autres employés envisagent enfin de quitter la fonction publique fédérale plutôt que de retourner dans les bureaux du gouvernement.

Dans des forums en ligne tels que Canada's Federal Public Service sur Reddit, les fonctionnaires ont comparé les plans de retour au bureau. Si une poignée d'entre eux soutiennent les gestionnaires, beaucoup critiquent vivement le plan de retour au bureau, la façon dont il est mis en œuvre ou les personnes sélectionnées pour le retour au bureau.

Dans certains cas, les internautes ont signalé qu'on leur avait dit de retourner au bureau uniquement pour passer leur temps dans des réunions par vidéoconférence. Faire une heure de trajet par jour pour ne voir personne avec qui je travaille et pour communiquer presque exclusivement sur Microsoft Teams et par courriel est tout à fait inutile, a écrit l'un d'eux.

Certains se sont plaints que leur service ait annoncé un plan pour ensuite le changer.

On nous a demandé de signer des accords de télétravail dans lesquels le télétravail à temps plein était une des options, affirme un internaute qui dit travailler au ministère de la Justice. Et maintenant, soudainement, le télétravail à plein temps n'est plus sur la table et c'est un minimum de deux jours au bureau.

Pour d'autres employés, la plus grande préoccupation a trait au risque d'attraper la COVID-19 d'un collègue ou en raison des conditions de travail dans certains bureaux du gouvernement.

Des leaders syndicaux comme Greg Phillips disent que les commentaires sur des forums comme Reddit correspondent à ce qu'ils entendent de la part de leurs membres. On voit toutes sortes d'employés du gouvernement qui comparent leurs notes entre ce que fait un ministère et un autre ministère et cela crée une confusion de masse, conclut-il.

Avec les informations d'Elizabeth Thompson, de CBC News

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