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Trêve précaire entre Israël et le Djihad islamique

Célébrations dans les rues de Gaza après l'annonce du cessez-le-feu.

Les Palestiniens célèbrent le cessez-le-feu dans les rues de Gaza.

Photo : Reuters / IBRAHEEM ABU MUSTAFA

Radio-Canada

Une trêve précaire est entrée en vigueur dimanche entre le groupe armé palestinien Djihad islamique et Israël après trois jours d'hostilités qui ont coûté la vie à 44 Palestiniens, y compris des enfants, lors de frappes israéliennes sur la bande de Gaza.

Jusqu'aux dernières minutes avant le début de la trêve, obtenue grâce à une médiation de l'Égypte, l'armée israélienne a dit avoir mené des frappes sur des positions du Djihad islamique à Gaza en riposte à des tirs de roquettes vers le sud du territoire israélien, où les sirènes d'alerte ont retenti.

L'émissaire de l'ONU pour le Proche-Orient, Tor Wennesland, a salué sur Twitter l'accord de trêve mais a affirmé que la situation reste très fragile. J'exhorte toutes les parties à respecter le cessez-le-feu.

Le bureau du premier ministre israélien Yaïr Lapid a affirmé qu'une trêve entrerait en vigueur à 23 h 30, heure locale, tout en soulignant que son pays se réserve le droit de répondre fermement à toute violation. Il a également remercié l'Égypte, médiateur historique entre Israël et les groupes armés palestiniens, pour ses efforts.

À Gaza, où il est implanté, le Djihad islamique a quant à lui confirmé qu'il cesserait les hostilités à partir de cette heure-là, mais il a aussi averti qu'il se réservait le droit de répondre à toute [nouvelle] agression israélienne.

L'accord de trêve prévoit entre autres l'engagement de l'Égypte à œuvrer en faveur de la libération de deux prisonniers du Djihad islamique aux mains d'Israël, a affirmé le groupe palestinien.

Dimanche, 17 Palestiniens, dont neuf enfants, ont été tués dans les raids israéliens menés notamment sur Jabaliya, sur la ville de Gaza et sur Rafah, a indiqué le ministère de la Santé du mouvement armé palestinien Hamas, au pouvoir dans cette enclave sous blocus israélien depuis plus de 15 ans.

Tirs de roquettes vers Jérusalem

Depuis le début de l'opération israélienne dans Gaza, vendredi, 44 Palestiniens ont été tués, dont 15 enfants, et 360 ont été blessés, selon un dernier bilan du ministère, qui a en outre fait état d'immeubles entiers détruits dans les frappes.

Dans la journée et en soirée, le Djihad islamique avait lancé des salves de roquettes en direction de villes en Israël et de Jérusalem, mais la grande majorité a été interceptée par le système de défense antimissiles israélien, selon l'armée.

Les sirènes d'alarme ont retenti dans plusieurs villes, notamment à Tel-Aviv et à Ashkelon, pour alerter la population à propos des tirs de roquettes et des habitants ont accouru dans les abris.

Trois personnes ont été blessées en Israël par les tirs de roquettes depuis vendredi, selon des secouristes.

D'après l'armée, des centaines de roquettes ont été tirées à partir de Gaza depuis vendredi, mais la grande majorité ont été interceptées.

Les autorités israéliennes ont par ailleurs affirmé que certains des Palestiniens tués auraient péri dans des tirs de roquettes ratés du Djihad islamique vers Israël, tombées dans l'enclave palestinienne.

Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour tués

À Gaza, le directeur de l'hôpital al-Chifa a affirmé que son établissement avait besoin d'urgence de médicaments et d'électricité pour pouvoir continuer à soigner les blessés.

L'unique centrale électrique de Gaza a été fermée samedi en raison d'un manque de carburant quatre jours après qu'Israël eut fermé les points de passage avec l'enclave en invoquant des raisons de sécurité.

L'armée israélienne a présenté son opération lancée vendredi comme une attaque préventive contre le Djihad islamique, au cours de laquelle ses principaux chefs militaires à Gaza, Tayssir Al-Jabari et Khaled Mansour, ont été tués, de même que plusieurs combattants du groupe.

La mort des chefs militaires a été confirmée par le Djihad islamique, considéré comme une organisation terroriste par Israël, les États-Unis et l'Union européenne.

Un panache de flammes et de fumée s’échappe d’un immeuble après un bombardement.

Un panache de flammes et de fumée s’échappe d’un immeuble bombardé par l’aviation israélienne à Gaza le 6 août 2022.

Photo : Getty Images / ASHRAF AMRA

Le premier ministre israélien Yaïr Lapid a qualifié la frappe qui a tué Khaled Mansour samedi de résultat extraordinaire.

Les autorités israéliennes ont justifié leur opération par leurs craintes de représailles du Djihad islamique après l'arrestation de Bassem Al-Saadi le 1er août en Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël.

L'Égypte doit s'employer à obtenir la libération de M. Saadi et d'un autre responsable du Djihad islamique, Khalil Awawdeh, détenu dans une prison israélienne depuis décembre 2021 dans le cadre de l'accord de trêve, d'après le Djihad islamique.

Ces deux derniers jours, quelque 40 membres du Djihad islamique ont été arrêtés par les forces israéliennes en Cisjordanie.

L'affrontement entre Israël et le Djihad islamique est le pire depuis celui survenu entre Israël et le Hamas en mai 2021. En 11 jours, celui-ci avait fait 260 morts du côté palestinien, y compris des combattants, et 14 morts en Israël, dont un soldat, d'après les autorités locales.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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