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L’Europe suffoque sous une quatrième vague de chaleur

Un lac presque complètement asséché.

Le lac des Brenets, sur le cours du Doubs, une rivière qui fait office de frontière naturelle entre l'est de la France et l'ouest de la Suisse, est presque complètement asséché.

Photo : Getty Images / FABRICE COFFRINI

Radio-Canada

De nombreux pays européens comme la France, l’Espagne et le Portugal subissent une série de vagues de chaleur depuis le début de l’été. La canicule et la sécheresse inquiètent les autorités, qui mettent en garde contre une situation qui risque de durer.

La France est déjà plongée dans une sécheresse historique.

« On n’a jamais connu une sécheresse comme celle-là », a déclaré Christophe Béchu, ministre français de la Transition écologique.

« La mauvaise nouvelle, c'est qu’aussi loin que notre regard porte, on n’a aucune raison de penser que ça va s’arrêter. »

— Une citation de  Christophe Béchu, ministre français de la Transition écologique

En effet, la pluie n'est pas au menu des prévisions météorologiques des prochains jours, même dans les régions habituellement plus arrosées.

C'est même pire que ça puisqu’on a canicule et sécheresse, un cercle vicieux qui fait en sorte qu'à cause de la sécheresse, on n’a plus de ressources, et à cause de la canicule, on a besoin de davantage de ressources, a ajouté M. Béchu.

Un pompier s'attaque à un feu de forêt au Portugal.

Un pompier s'attaque à un feu de forêt dans le village d'Asseiceira Pequena, à Mafra, au Portugal, le 31 juillet 2022.

Photo : Getty Images / PATRICIA DE MELO MOREIRA

Le Portugal est également frappé par une sécheresse exceptionnelle. Ce pays a connu le mois de juillet le plus chaud des 92 dernières années, selon l'institut météorologique national (IPMA).

En juillet, la valeur moyenne de la température maximale a été de 31,16 degrés Celsius, a précisé l'IPMA, ajoutant que pendant cette période, le thermomètre a atteint 47 degrés, un record historique pour un mois de juillet.

Juillet a également été le quatrième mois le plus sec depuis 2000.

La sécheresse s'est également aggravée. Fin juillet, 55 % du territoire était classé en sécheresse grave et 45 % en sécheresse extrême.

En juillet, la vague de chaleur qui avait frappé le Portugal et d'autres pays d'Europe avait provoqué des feux de forêt dévastateurs.

 Un canadair largue de l'eau au-dessus d’un feu de forêt.

Un avion de lutte contre les incendies Canadair CL-425 largue de l'eau au-dessus d’un feu de forêt près du village de Verin, dans le nord-ouest de l'Espagne, le 4 août 2022.

Photo : Getty Images / MIGUEL RIOPA

En Espagne, les incendies continuent d’avancer dans le nord-ouest du pays. En Galice, les pompiers luttent contre six feux qui ont ravagé au moins 3000 hectares en à peine deux mois.

La municipalité de Boiro est sous le coup d’une alerte. Quelque 1200 hectares y sont déjà partis en fumée depuis jeudi près de zones habitées.

La situation reste compliquée, les hélicoptères ne suffisent pas à maîtriser tous les foyers, a alerté le maire de la commune voisine d'A Pobra do Caramiñal, Xosé Lois Piñeiro.

Les médias locaux font état de 700 personnes évacuées dans cette zone côtière.

Au total, au moins 2950 hectares ont brûlé en Galice depuis le début de la troisième vague de chaleur qui a traversé l'Espagne la fin de la semaine dernière.

À l’échelle du pays, 366 incendies ont détruit près de 230 000 hectares, selon le Système européen d'information sur les feux de forêt (EFFIS). C'est le plus lourd bilan des pays de l'Union européenne cette année et le plus grave en Espagne depuis 2000.

La recrudescence de ces vagues de chaleur est, selon les experts, une conséquence directe du réchauffement climatique, qui accroît à la fois leur intensité, leur durée et leur fréquence.

Nous en sommes responsables

Jean-Pascal van Ypersele.

Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l’Université de Louvain et ex-vice-président du GIEC

Photo : Radio-Canada

En entrevue à D’abord l’info, Jean-Pascal van Ypersele, ex-vice-président du GIEC et professeur de climatologie à l’Université de Louvain, reconnaît que le climat de la planète est déréglé.

« [Le climat de la planète] est déréglé et c’est nous qui l’avons déréglé. »

— Une citation de  Jean-Pascal van Ypersele, professeur de climatologie à l’Université de Louvain et ex-vice-président du GIEC

Il faut agir le plus vite possible

Les scientifiques du GIEC le disent depuis plus de 30 ans : maintenant, il faut absolument réduire les émissions de gaz à effet de serre si on veut éviter que la Terre devienne moins habitable, rappelle M. Ypersele.

On est loin des simples projections chiffrées sur des rapports qui se succèdent depuis des dizaines d’années.

Maintenant, on a le nez sur le problème et il serait grand temps de comprendre que nous devons absolument atteindre les objectifs de l’accord de Paris, ajoute-t-il.

Les dirigeants politiques entendent ce message, mais pas suffisamment, selon M. Ypersele : les émissions sont toujours en train d’augmenter et le système climatique ne comprend que la réalité. Il ne comprend pas les discours politiques.

Que peut-on faire?

On peut agir dans tous les domaines et le GIEC a consigné cela dans un rapport de 3000 pages, fait remarquer le professeur Ypersele.

Il cite l’exemple du domaine de l’habitat, où beaucoup de choses peuvent être faites, notamment en matière d’isolation des bâtiments de manière à utiliser le moins possible d’énergie pour se chauffer ou pour se refroidir.

Il en va de même dans le domaine des transports, où il est question d’utiliser le moins possible les moteurs thermiques de voitures individuelles en favorisant entre autres les transports publics.

Il est aussi question de consommer moins de viande et de produits issus de l’élevage parce que les ruminants sont de grands émetteurs de gaz à effet de serre.

Et dans le domaine industriel, il faut miser sur la recherche d’efficacité énergétique en évitant le gaspillage des ressources, explique encore Jean-Pascal van Ypersele.

Avec les informations de Agence France-Presse

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