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Construction : la pénurie de main-d’œuvre nuit-elle au futur hôpital de l’Outaouais?

Des ouvriers sur un édifice en construction avec une grue à l'arrière-plan.

La pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction touche l’ensemble des provinces avec 82 000 postes à pourvoir au Canada, dont 15 000 postes au Québec (archives).

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Radio-Canada

La pénurie de main-d'œuvre dont souffre actuellement le secteur de la construction pourrait entraver le projet de construction du futur hôpital en Outaouais. Selon divers observateurs, notamment la Société québécoise des infrastructures (SQI), le manque de travailleurs dans la région contrarie la Ville de Gatineau, qui souhaite confier ce projet à des entrepreneurs locaux.

La construction de l'hôpital, ce n’est pas pour demain matin. Il y a encore plusieurs années devant nous avant que la pelle ne se mette dans la terre. Le travail doit se faire maintenant pour surmonter les embûches, avertit la directrice générale de la section régionale de l’Association de la construction du Québec (ACQ), Geneviève Latulippe.

Mme Latulippe considère qu’une des solutions repose entre les mains du gouvernement. On priorise qu’Ottawa et Québec puissent mettre en œuvre un programme spécifique pour aller chercher des travailleurs étrangers temporaires, explique-t-elle, ajoutant que 83 % des entrepreneurs en construction sont prêts à embaucher des travailleurs étrangers temporaires pour répondre aux besoins.

Une femme parle.

Directrice générale de la section régionale de l’Association de la construction du Québec (ACQ), Geneviève Latulippe espère que les entrepreneurs régionaux seront prochainement consultés pour résoudre le problème de pénurie de main-d’œuvre dans le domaine de la construction.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

La directrice générale de la section régionale de l’ACQ rappelle que la pénurie de main-d'œuvre dans le secteur de la construction touche l’ensemble des provinces avec 82 000 postes à pourvoir au Canada, dont 15 000 postes au Québec.

Si Statistique Canada ne compile pas de données spécifiquement pour l’Outaouais, précise Mme Latulippe, la région est aux prises avec le fait que des entrepreneurs travaillent des deux côtés de la rivière, que des travailleurs vont travailler du côté de l’Ontario, donc on sait que ça va accentuer les données sur la pénurie de main-d'œuvre du côté de la région de Gatineau.

Il faut être innovant. On sait que le secteur de la construction est extrêmement réglementé, surtout au chapitre de la main-d'œuvre, rappelle Mme Latulippe.

Réglementation lourde

Entrepreneur en construction en Ontario, Jocelyn Dumais considère lui aussi que la réglementation est lourde et que les conditions sont particulièrement contraignantes au Québec. C’est pratiquement impossible pour un immigrant de rentrer ici au Québec puis de pouvoir travailler immédiatement en débarquant de l’avion au bout de la semaine, [contrairement à] ce qui se fait dans les autres provinces, déplore-t-il.

Un homme parle dans un bureau.

Entrepreneur en construction en Ontario, Jocelyn Dumais déplore les contraintes liées à la réglementation de ce secteur au Québec.

Photo : Radio-Canada / Capture d'écran

Le Québec se prive par ailleurs de travailleurs québécois en raison de restrictions d'embauche trop lourdes, poursuit-il. Un travailleur québécois ne peut pas se déplacer d’une région à l’autre comme on peut le faire du côté de l’Ontario, cite l’entrepreneur en exemple.

La question de la mobilité de la main-d'œuvre dans la région est d’ailleurs cruciale dans le dossier du futur hôpital de l’Outaouais, estime M. Dumais. Du côté d'Ottawa, [il y a] de gros entrepreneurs canadiens. Est-ce que le Québec va leur permettre de soumissionner sur un [projet d']hôpital au Québec? s'interroge l’entrepreneur. C’est une bonne question, car il y a de la main-d'œuvre qualifiée [...], dont plusieurs employés sont des résidents québécois qui n’ont pas le droit de travailler au Québec.

La SQI à l’étude

La SQI vise la fin de l’année au plus tard pour prendre la mesure de la contribution des travailleurs de l’Outaouais au projet du futur hôpital. C’est avec cet objectif que la société vient de publier un appel d’offres.

On ne peut que se réjouir de la démarche actuellement entreprise par la SQI. Ça démontre aux entrepreneurs que le gouvernement priorise ou a un intérêt à vouloir prioriser le travail en région, le travail des entrepreneurs de chez nous, pense la directrice générale de l’ACQ.

Surtout, on espère que l’industrie sera consultée dans cette démarche d'analyse. Ce sont eux, les entrepreneurs, qui sont aux prises avec ces défis, et je crois sincèrement qu’ils ont leur mot à dire là-dedans, conclut Geneviève Latulippe.

Avec les informations de Rémi Authier et de Rebecca Kwan

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