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Le suspect abattu a déjà menacé de mort du personnel de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé

Infirmières et préposées de la Cité-de-la-Santé de Laval sont secouées depuis qu’elles ont appris que le suspect des trois meurtres commis ces derniers jours était un patient en psychiatrie de l’hôpital.

L’Hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval.

L’Hôpital de la Cité-de-la-Santé à Laval a accueilli Abdulla Shaikh pour des soins psychiatriques.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon les informations obtenues par Radio-Canada, l’auteur présumé des trois homicides commis cette semaine dans la région de Montréal a déjà proféré des menaces de mort contre du personnel soignant de l'Hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval lors de séjours en psychiatrie.

Ce qu’on peut confirmer, c’est que des employés ont déjà exprimé avoir reçu des menaces de mort de la part de l’individu, nous a déclaré Nathalie Bourque, présidente par intérim du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN.

Selon cette dernière, nos membres nous ont déjà interpellés pour des questions de sécurité liées au comportement de l’individu.

« Quand on a appris que le tueur présumé avait été patient chez nous, on s’est dit qu’une tuerie aurait pu se produire ici, à la Cité-de-la-Santé. »

— Une citation de  Nathalie Bourque, présidente par intérim du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN

Je peux dire que depuis hier le personnel est sous le choc, ajoute-t-elle.

Nathalie Bourque en extérieur.

Nathalie Bourque, présidente par intérim du Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN.

Photo : Radio-Canada

Même son de cloche du côté du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ). Nos équipes d’infirmières sont tout simplement sous le choc, reconnaît le président Dereck Cyr.

Abdulla Shaikh a été abattu lors d'une perquisition menée par le groupe tactique d'intervention du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) jeudi matin. Il était connu des policiers en raison de ses problèmes de santé mentale.

M. Shaikh a eu différents épisodes de soins à l’hôpital depuis 2018.

Dans une décision d’avril 2022 du Tribunal administratif du Québec, le CISSS de Laval se voyait déléguer le pouvoir de resserrer les privations de liberté de la personne de l’accusé [M. Shaikh] si l’état de santé mentale ou des changements de comportements le justifiaient.

Le Tribunal retient de la preuve que Monsieur représente toujours, en raison de son état mental, un risque important pour la sécurité du public, peut-on lire dans la décision d’encadrer la libération de M. Shaikh.

Au CISSS de Laval, la porte-parole Marie-Ève Despatie-Gagnon précise que la responsabilité du CISSS de Laval dans un dossier où un usager est suivi en services ambulatoires de santé mentale est d’assurer la conformité avec les conditions émises par le Tribunal administratif du Québec (TAQ) et par la Cour supérieure, qui émet les ordonnances de traitement et de soins.

Dans le cas où le CISSS de Laval est informé qu’un usager ne respecterait pas les conditions ou évalue qu’il ne respecte pas les conditions émises par le TAQ et la Cour supérieure, la sécurité publique serait interpellée pour faire respecter ces conditions, ajoute-t-elle, en précisant ne pouvoir commenter le cas précis de M. Shaikh.

Selon les données du MSSS, des dizaines de patients faisant l’objet d’ordonnance de soins occupent des lits d’hospitalisation au Québec.

Tant la direction du CISSS que les syndicats invitent le personnel à porter plainte à la police s’ils font l’objet de menaces de mort. Le Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN représente 5000 employés.

Améliorer la sécurité

Pour la présidente Syndicat des travailleuses et des travailleurs du CISSS de Laval-CSN, les événements des derniers jours rappellent l’importance d’assurer la sécurité du département de psychiatrie de la Cité-de-la-Santé.

La Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) a déjà relevé en 2020 la présence de lacunes pour la sécurité du personnel.

Des travaux de réaménagement de 8 M$ ont débuté, mais la mise en place d’équipes constituées de trois agents d’intervention habilités à intervenir physiquement lors des codes blancs demeure un défi, selon le syndicat.

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