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Une préparation des infirmières au stress de l’emploi s’impose, selon des chercheurs

Assise sur le sol, une infirmière se tient la tête.

Les heures supplémentaires obligatoires contribuent à l'épuisement du personnel infirmier.

Photo : iStock

Radio-Canada

Des chercheurs de l'Université de Windsor veulent préparer les nouvelles infirmières à gérer des moments de stress extrême au travail. Ils proposent la création d’un programme pour aider les étudiants de dernière année à faire la transition vers l’emploi en milieu hospitalier.

Nous espérons que ce programme contribuera à mieux préparer les étudiants en soins infirmiers. Ils se sentiront plus sûrs d'eux-mêmes, plus capables de gérer ces situations difficiles dans lesquelles ils se trouvent, explique Dana Ménard, chercheuse principale du projet.

De nombreuses infirmières choisissent de quitter la profession après avoir souffert d'épuisement professionnel, d'anxiété et de traumatismes, constatent les chercheurs au terme de leur étude.

L'idée de ce programme est issue des entretiens effectués avec 54 infirmières et d’une enquête menée auprès de 650 personnes en Ontario durant la pandémie.

« Il semble donc qu'il manque potentiellement quelque chose entre, d'une part, l'éducation et les programmes de soins infirmiers qu'ils suivent et, d'autre part, les réalités des emplois qu'ils occupent. »

— Une citation de  Dana Ménard

Ce programme d'une durée de 10 semaines est encore en cours d'élaboration, selon Mme Ménard.

Le programme pilote sera offert pour la première fois à l'Université de Windsor au printemps prochain à deux cohortes différentes avec une partie en personne, précise la chercheuse.

Méthodologie

Pour mener à bien ce programme, les chercheurs vont associer des étudiants et des infirmières qui travaillent en première ligne pour définir d'un commun accord la meilleure façon de les aider à mieux faire face au stress en milieu de travail.

Comment reconnaître un collègue épuisé et comment gérer le travail avec la famille d'un patient quand elle nie qu'il est atteint de la COVID sont notamment des thèmes qui feront l'objet d'exercices de simulation, affirme Mme Ménard.

Étendre le programme aux infirmières au travail

Mme Ménard et son équipe comptent proposer le programme en ligne à toute infirmière qui le désire et à titre volontaire.

Je m'attends à ce qu'il y ait un grand intérêt parce que je pense que beaucoup d'étudiants sont intéressés par ce côté humain de la profession, espère- t-elle.

« Je m'attends donc à ce que nous ayons un bon intérêt, même si c'est sur une base volontaire. »

— Une citation de  Dana Ménard

À son avis, le nouveau programme pourrait contribuer à la rétention des infirmières, qui quittent la profession depuis quelque temps.

Nous espérons donc que notre programme pourra contribuer à endiguer une petite partie de l'hémorragie, croit-elle.

Cathryn Hoy, présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l'Ontario (ANO), reconnaît que les membres de son association ont fortement souffert pendant la pandémie.

Pour elle, tout soutien est le bienvenu, mais il faut y aller avec une dose de prudence.

Cela peut effrayer les gens au point où ils pourraient vouloir changer de domaine avant même de commencer [à y travailler], explique-t-elle.

Elle affirme toutefois que certaines infirmières entrent en milieu de travail sans connaître les méandres de la profession, surtout depuis deux ans.

Ce n'est pas de leur faute. C'est parce que nous n'avons pas le personnel pour les encadrer, confie-t-elle.

On prévoit aussi d'étendre le nouveau programme à l'Université d'Ottawa et à l'Université Queen's, précise Dana Ménard.

Le programme s'appellera STRONG : Simulated Training to Improve Resiliency of Nursing Groups.

Avec les informations de CBC

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