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À quoi faut-il s’attendre pour la rentrée parlementaire en Ontario?

L'entrée de l'édifice principal à Queen's Park.

Selon des experts, le budget, l’inflation et le système de santé risquent d’être des enjeux importants pendant cette session parlementaire estivale.

Photo : La Presse canadienne / Chris Young

C’est aujourd’hui que les députés ontariens siégeront pour la première fois depuis l’élection provinciale en juin. Selon des experts, le budget, l’inflation et le système de santé risquent d’être des enjeux importants pendant cette session parlementaire estivale.

Peter Graefe est politologue et professeur en science politique à l’Université McMaster, à Hamilton. Selon lui, le but de cette session parlementaire est de finaliser le budget du gouvernement progressiste-conservateur.

« C’est quand même plutôt rare d’avoir une session parlementaire en plein été, mais on devrait s’attendre à une session d’environ 5 semaines. »

— Une citation de  Peter Graefe, politologue et professeur en science politique à l’Université McMaster

Nous allons voir s’il y a des surprises dans le budget. Sans doute, il y aura des changements, puisque s’il n’y a pas d'ajustement pour refléter un taux d’inflation plus fort que prévu, cela aura le même effet qu’une coupe budgétaire, explique-t-il.

M. Graefe mentionne qu’un des changements sera, par exemple, l’augmentation des paiements de soutien aux personnes handicapées, que le premier ministre Doug Ford a promis pendant l’élection. Mais il ajoute que si l’augmentation ne correspond pas au taux d’inflation élevé, la valeur des paiements sera coupée.

Peter Graefe de l'Université McMaster de Hamilton

Le politologue Peter Graefe est professeur en science politique à l'Université McMaster.

Photo : Radio-Canada

La politologue Laura Stephenson de l’Université Western est d’accord sur le fait que l’inflation est un enjeu critique pour cette session parlementaire.

« L’inflation présente un défi et je ne sais pas comment Doug Ford va l’affronter. »

— Une citation de  Laura Stephenson, politologue et professeur en science politique à l’Université Western

Elle indique par ailleurs que le premier ministre Doug Ford risque de poursuivre la même ligne qu’il a adoptée dans les quatre dernières années lors de cette session parlementaire : c’est-à-dire, gérer la province.

Je crois qu’il va tenter de garder le cap puisqu’il a gagné une majorité. Il va essayer de faire grandir l’économie et de créer des emplois pour les Ontariens, dit-elle.

Un système de santé en crise

Mme Stephenson constate que la crise dans le domaine de la santé risque aussi d’être un point important pendant cette session parlementaire estivale.

La crise dans le système de santé est réelle et ne va pas disparaître de sitôt. On peut aussi penser comment nous allons pouvoir gérer une autre vague de COVID-19 alors que les infirmières quittent la profession en très grand nombre, explique-t-elle.

Et elle ajoute que la situation risque d’atteindre un niveau de crise que le premier ministre Ford ne peut tout simplement pas ignorer.

« La population a beaucoup de sympathie pour les infirmières. C’est possible que la population n’appuie pas M. Ford s’il adopte une ligne plus dure. »

— Une citation de  Peter Graefe, politologue et professeur en science politique à l’Université McMaster

Le politologue Nelson Wiseman de l’Université de Toronto constate pour sa part qu’il doit y avoir des actions concrètes en matière de santé, puisque nombre d'Ontariens commencent à avoir peur de voir l’effondrement du système.

Il indique que la crise en santé doit être une priorité pour le gouvernement provincial.

Le système de santé présentement n’est pas soutenable, dit-il. Le gouvernement Ford ne peut pas simplement blâmer le gouvernement fédéral puisque la santé est une compétence provinciale.

L’opposition prend l’offensive

Selon Peter Graefe de l’Université McMaster, cette nouvelle session parlementaire permettra au parti de l'opposition de poser des questions et de critiquer le gouvernement.

Le Nouveau Parti démocratique de l’Ontario a d’ailleurs déjà tenu une conférence de presse vendredi, où le nouveau chef par intérim Peter Tabuns a rappelé que le gouvernement Ford n’a pas gagné le vote populaire en Ontario.

Avec la crise dans les salles d’urgence et la crise du coût de la vie, l’amour pour ce gouvernement s’effrite déjà, lance-t-il.

« Nous voulons défendre les personnes en Ontario qui voient leur vie devenir plus difficile en raison des décisions du gouvernement Ford. »

— Une citation de  Peter Tabuns, chef par intérim du NPD

M. Tabuns a surtout mis l’accent sur la crise du système de santé.

Un homme en veston à Queen's Park.

Peter Tabuns est maintenant le chef par intérim du Nouveau Parti démocratique de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada

Comme plusieurs associations d’infirmières, il affirme que l’un des problèmes de la pénurie de personnel infirmier provient du projet de loi 124 qui limite les augmentations annuelles de salaire des infirmières et qui réduirait l’attrait de la profession.

La crise dans le système de santé ne va pas disparaître. Elle va empirer. Doug Ford devra décider de prendre des mesures comme abroger la loi 124 s’il a un espoir de stabiliser le système, dit-il.

De son côté, M. Ford a indiqué ce mois-ci que les Ontariens ont accès aux soins de santé dont ils ont besoin.

Une des solutions du gouvernement provincial pour répondre à la crise est d’accélérer le processus pour permettre aux travailleurs de la santé formés à l’étranger de pratiquer leur métier plus rapidement en Ontario.

Par ailleurs, Doug Ford a déclaré que son nouveau gouvernement présentera essentiellement le même budget que celui que le ministre des Finances, Peter Bethlenfalvy, a déposé à la fin avril.

Ce budget n'a pas été adopté parce que le gouvernement a ajourné l'Assemblée législative immédiatement après, ce qui a marqué le début de la campagne électorale.

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