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Protection du caribou : Environnement Vert Plus presse Ottawa d’appliquer son décret

Un caribou femelle.

Il ne reste qu'une trentaine de caribous dans l'immense territoire des monts Chic-Chocs. Deux hardes sont présentes dans les monts Logan et McGerrigle (archives).

Photo : Gracieuseté : Parcs Canada

Radio-Canada

Alors que cette possibilité est évoquée depuis plusieurs mois, le regroupement écologiste gaspésien Environnement Vert Plus (EVP) presse le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, d’adopter un décret sur l’habitat essentiel du caribou au Québec.

Le printemps dernier, Ottawa a demandé à Québec de lui présenter un plan pour assurer la protection de l'habitat du cervidé. Les propositions amenées à la table par le gouvernement Legault, deux mois après l'échéance fixée par le ministre Guilbeault, ont toutefois été jugées insuffisantes par de nombreux biologistes.

Le décret, prévu par la Loi sur les espèces en péril du Canada, permettrait à Ottawa de mettre des mesures en place pour protéger l'habitat du caribou en province si Québec ne collaborait pas davantage en vue de son maintien.

Selon les informations recueillies par EVP, le ministre Steven Guilbeault serait prêt à aller de l’avant n’importe quand avec son décret. Le regroupement environnemental l'encourage à le faire rapidement.

« On attend avec beaucoup, beaucoup, beaucoup d’impatience qu’il mette en œuvre sa menace et qu’il fasse reculer le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. »

— Une citation de  Pascal Bergeron, porte-parole d'Environnement Vert Plus

L’organisation représentée par Pascal Bergeron rappelle que l’application du décret permettrait de mettre fin aux coupes dans l’aire de répartition du caribou de la Gaspésie, en attendant qu’Ottawa et Québec s’entendent sur un plan de sauvegarde de l'espèce.

On voit de profil un jeune caribou sur un terrain rocheux. Le ciel est nuageux.

Un caribou sur le mont Jacques-Cartier, en Gaspésie (archives)

Photo : iStock / gotrain

C’est certain que le fédéral et le provincial doivent s’entendre sur un plan de sauvegarde. L’arrêt des coupes dans les aires de répartition, c’est une mesure de sauvegarde qui n’est pas suffisante, nuance-t-il.

Le regroupement avait d'ailleurs demandé un moratoire sur ces coupes en vue des consultations publiques de la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards.

D’autres mesures revendiquées

EVP demande également que des instances citoyennes et indépendantes relatives à la gestion du territoire forestier soient mises en place. Selon l'organisation, ce contre-pouvoir pourrait contribuer à contrebalancer les lubies du gouvernement provincial.

Le regroupement souhaite également un financement fédéral adéquat visant à assurer le déploiement de mesures de rétablissement appropriées des hardes de caribous.

« Clairement, ce qui est déjà fait pour le caribou n’est pas suffisant. Si ce l’était, la population ne serait pas en train de décliner comme elle décline depuis des décennies. »

— Une citation de  Pascal Bergeron, porte-parole d’Environnement Vert Plus

Il va falloir fermer des chemins forestiers, il va falloir aller chercher des feuillus, énumère M. Bergeron, qui précise que certaines zones fortement peuplées en feuillus sont propices à la prolifération des prédateurs des caribous. Selon lui, il importe également d’arrêter de bûcher des forêts immatures. C’est une chose qu’on juge prioritaire, note-t-il.

Pascal Bergeron, en entrevue avec Radio-Canada.

Pascal Bergeron est porte-parole d'Environnement Vert Plus depuis plusieurs années (archives).

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

La sortie médiatique d’EVP constitue en quelque sorte, selon Pascal Bergeron, un rappel au ministre Guilbeault. Environnement Vert Plus souhaitait également souligner que de nombreuses autres mesures peuvent être mises en œuvre, outre la mise en enclos, qui a connu des ratés.

Pascal Bergeron rappelle par ailleurs que le Bioparc de la Gaspésie a présenté au MFFP un projet de pouponnière, d'élevage et de réintroduction dans la nature afin de contribuer à repeupler le cheptel de la Gaspésie.

Radio-Canada a acheminé une demande d’entrevue à Environnement et Changement climatique, mais n’avait pas obtenu de réponse d'Ottawa au moment d’écrire ces mots.

Avec les informations de Coralie Mensa

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