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De petits hôpitaux ontariens sont forcés d’utiliser plus d’infirmières d’agences

Une infirmière s'habille avant de s'occuper d'un patient.

Les plus petits hôpitaux du Nord de l'Ontario font beaucoup plus appel aux infirmières d'agences.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui

Radio-Canada

La pénurie de main-d'œuvre dans le domaine de la santé met de la pression sur le personnel des petits hôpitaux du Nord de l’Ontario, forcés de faire appel à des agences privées pour assurer le bon déroulement de leurs activités.

L’Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario (AIIO), qui représente 9000 employés, dénonce cette solution, qu’elle juge insoutenable.

Vice-présidente de l’AIIO pour le Nord de l’Ontario, Dawn Armstrong affirme qu'à l'exception des trois plus grands hôpitaux de la région, la plupart des petits hôpitaux comblent leurs lacunes en matière de personnel en faisant appel à des infirmières d'agences.

L’hôpital d’une petite communauté située à environ une heure de Dryden utilise actuellement 70 % d'infirmières d'agences, ce qui n'est pas viable, explique Mme Armstrong.

C'est un énorme fardeau pour notre système public, car les infirmières d'agences sont mieux payées que les infirmières permanentes qui travaillent dans cet établissement, indique-t-elle.

L'agence reçoit également des honoraires pour ce service, tandis que certaines de ces communautés fournissent le logement et la nourriture et paient les frais de déplacement de certaines infirmières, ajoute Mme Armstrong.

Dernier recours pour certains hôpitaux

PDG de l'hôpital Temiskaming, Mike Baker affirme qu'il a été difficile de s'assurer que la salle d'urgence reste ouverte et fonctionnelle.

Les infirmières d'agences, dit-il, sont devenues un élément nécessaire pour maintenir les soins aux patients.

C'est une solution coûteuse et, dans un monde parfait, on n'utiliserait pas ces ressources, explique M. Baker.

Toutefois, lorsqu'il s'agit de médecine d'urgence et du maintien d'un hôpital ouvert alors qu'il y a déjà des pénuries dans d'autres secteurs des soins de santé et qu'on a la charge, par exemple, des soins de longue durée, alors on n'a vraiment pas le choix, déplore-t-il.

PDG de l'hôpital de Red Lake, Sue Lebeau est du même avis. Si la décision d'appeler une agence est prise, c'est parce qu'il y a eu beaucoup de réflexion.

C'est une conversation qu'on a non seulement avec le leadership mais aussi avec l'équipe d'infirmières et avec les syndicats. Il faut savoir ce qu'il faudrait essayer avant d'en arriver là, explique-t-elle.

« Si on prend la décision de faire appel à une agence, c'est parce que c'est un dernier recours. On aura tout essayé. »

— Une citation de  Sue Lebeau, PDG de l'hôpital de Red Lake

Elle songe d'ailleurs à avoir recours à une agence alors qu'il est de plus en plus difficile pour l'hôpital Margaret Couchenour d'attirer du personnel. Si cela permettait de boucher des trous, il s'agirait d'une solution temporaire, puisque ça pourrait très facilement nous mettre en situation de déficit.

Abus flagrant de l’argent destiné aux soins de santé

Nous devons commencer à stabiliser la main-d'œuvre dont nous disposons et faire revenir un plus grand nombre d'infirmières autorisées dans les établissements comme employées à temps plein, affirme Mme Armstrong.

Présidente de l’AIIO, Cathryn Hoy a qualifié cette mesure d’abus flagrant de l'argent destiné aux soins de santé.

Disons que je suis une infirmière autorisée de la région : je gagne 50 $ de l'heure. Si vous êtes une infirmière d'agence, vous allez être payée 100 $ de l'heure, indique-t-elle.

Nous travaillons côte à côte. Mais vous ne connaissez pas mon hôpital. Vous ne savez pas comment ça se passe. Vous ne connaissez pas les patients, ajoute-t-elle.

Cathryn Hoy avec une veste mauve.

Cathryn Hoy est la présidente de l'Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario.

Photo : Site internet de l'Association des infirmières et infirmiers de l’Ontario

Les agences facturent également aux hôpitaux le double de ce que gagne chaque infirmière, estime Mme Hoy.

Les hôpitaux paient 200 $ de l'heure pour une infirmière au lieu de la payer 60 $ de l’heure. Il s'agit donc d'un abus de l'argent destiné aux soins de santé, et pourtant, les hôpitaux les paient encore et encore, déplore-t-elle.

Mme Hoy ajoute que les pressions exercées sur les infirmières aggravent la pénurie d'infirmières.

En fait, les infirmières d'agences aggravent la pénurie parce qu'elles peuvent travailler moins et gagner la même somme d'argent. Si je gagne 100 $ de l'heure, j'ai seulement besoin d'y aller et de travailler la moitié du temps pour toucher le même montant d'argent, ajoute-t-elle.

Avec les informations d'Aya Dufour et d'Angela Gemmill, CBC

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