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États-Unis : rebond surprise de l’emploi, qui retrouve son niveau prépandémique

Des travailleurs de la construction.

Le taux de chômage est descendu à 3,5 % en juillet aux États-Unis, retrouvant ainsi son niveau d'avant la pandémie, et ce, malgré l'inflation élevée et les craintes de récession qui planent.

Photo : Associated Press / Mary Altaffer

Agence France-Presse

Le marché du travail américain a montré en juillet un dynamisme inattendu, retrouvant son niveau d'avant la pandémie au moment où la lutte contre l'inflation fait craindre une récession, une bonne nouvelle pour Joe Biden à quelques mois des cruciales élections de mi-mandat.

Davantage de personnes travaillent qu'à n'importe quel moment de l'histoire américaine, a salué le président américain qui y voit le résultat de [son] plan économique.

Il y a encore du travail à faire, mais le rapport sur l'emploi d'aujourd'hui montre que nous réalisons des progrès conséquents pour les travailleurs et leurs familles, a commenté Joe Biden dans un communiqué.

Le pays compte maintenant plus d'emplois qu'en février 2020, où le marché de l'emploi était au meilleur de sa forme en 50 ans, juste avant que l'économie ne soit frappée de plein fouet par la pandémie de COVID-19, a annoncé vendredi le département du Travail.

Ainsi, 528 000 emplois ont été créés en juillet, deux fois plus qu'attendu, avec des créations dans tous les secteurs, notamment dans les loisirs et l'hôtellerie, les services professionnels et commerciaux ainsi que les soins de santé.

Le taux de chômage retombe à 3,5 %, comme en février 2020.

La Maison-Blanche avait pourtant préparé le terrain jeudi pour des créations d'emplois plus faibles qu'auparavant. La porte-parole Karine Jean-Pierre avait décrit, lors de son point presse quotidien, une économie américaine en transition vers une croissance moins forte, mais plus stable.

Elle avait même averti que des créations d'emplois moins nombreuses seraient un signe de réussite de cette transition.

La santé du marché du travail est en ce moment scrutée de très près aux États-Unis vu les craintes de récession.

Insuffisant pour contrer l'inflation

Si ce rebond conforte l'idée que la première économie du monde n'est pas en récession, c'est une mauvaise nouvelle pour l'inflation, par contre.

D'autant plus que les salaires continuent de grimper en raison de la pénurie de main-d'œuvre. Le salaire horaire moyen dans le secteur privé est maintenant de 32,27 $, 5,2 % de plus qu'il y a un an.

Cela ne suffit cependant pas à compenser l'inflation qui a atteint en juin 9,1 % sur un an.

La banque centrale (Fed) tente de refroidir la surchauffe de l'économie, relevant ses taux afin de rendre le crédit plus onéreux et d'inciter les consommateurs à moins dépenser.

Ces chiffres devraient peser lourd dans la balance lors de sa prochaine réunion, fin-septembre.

Jerome Powell lors d'une conférence de presse.

Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell (archives)

Photo : Reuters / Elizabeth Frantz

Ils pourraient convaincre ses responsables de frapper fort, de nouveau, avec une possible nouvelle hausse de trois quarts de points des taux directeurs, comme en juin puis en juillet. Cela ne s'était jamais vu depuis 1994, bien loin de l'habituel quart de point.

« C'est bien de voir autant d'emplois créés, mais c'est effrayant d'imaginer ce que cela signifie pour la taille de l'ajustement que nous pourrions voir venir. »

— Une citation de  Jason Furman, professeur d'économie à Harvard et ancien conseiller économique de la Maison-Blanche sous Barack Obama

Wall Street ouvre en baisse

La Bourse de New York a ainsi ouvert nettement dans le rouge vendredi, craignant une attitude encore plus stricte de la Fed.

De premiers signes de ralentissement de l'emploi avaient pourtant été observés cette semaine.

Le nombre de postes vacants a ainsi reculé en juin. Il est passé sous la barre des 11 millions pour la première fois en 7 mois, selon les données du bureau des statistiques (BLS) publiées mardi, mais les démissions sont restées massives.

Quant aux inscriptions hebdomadaires au chômage, qui donnent une indication sur le niveau des licenciements, elles sont reparties à la hausse fin-juillet, et la moyenne sur quatre semaines a même atteint son plus haut niveau depuis novembre.

Au total, 1,4 million de personnes touchaient une allocation chômage aux États-Unis mi-juillet, par rapport à près de 13 millions il y a un an.

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