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Un homme en détresse monte sur le toit d’un hôpital après une attente aux urgences

Rachel Jones assise dans son fauteuil.

Rachel Jones dit qu'elle et son fils ont attendu environ 18 heures aux urgences du QEII avant qu'il ne voie un médecin en psychiatrie.

Photo : Radio-Canada / Robert Guertin

Radio-Canada

Rachel Jones se demande combien de temps elle et son fils en détresse psychologique auraient attendu dans une salle d'urgence d'Halifax, en Nouvelle-Écosse, si son fils n'avait pas tenté de se suicider.

Rachel Jones a amené son fils de 24 ans au Centre des sciences de la santé Queen Elizabeth II le mois dernier parce qu'il était déprimé et avait des pensées suicidaires.

Radio-Canada/CBC a choisi de ne pas nommer l'homme, mais sa mère parle en son nom.

Lorsqu'ils sont arrivés à l'hôpital, elle a dit aux personnes au triage que son fils parlait de se suicider.

J'ai pensé que ce serait simple, dit-elle. Faites-lui voir un médecin puis envoyez-le à l'équipe psychiatrique.

Mais ça n’a pas été le cas. Ils ont attendu pendant plus de sept heures dans la salle d’attente, puis son fils a demandé d’aller aux toilettes. En chemin, il a trouvé une porte non verrouillée et s’est dirigé vers le toit.

Un agent de sécurité l’a arrêté et placé dans une salle où il a été détenu pendant plusieurs heures.

Sa mère affirme qu’il a finalement vu un psychiatre 18 heures après leur arrivée à l'hôpital.

« Je ne sais pas trop pourquoi nous avons dû attendre si longtemps, j'aurais pu perdre mon fils. »

— Une citation de  Rachel Jones, mère d'un fils qui souffre de troubles de santé mentale

La mère, qui travaille comme infirmière depuis 1994, ne blâme pas le personnel, mais le lourd protocole de traitement.

Santé Nouvelle-Écosse dit qu’un médecin du service des urgences doit évaluer un patient en crise de santé mentale pour décider s'il doit voir un médecin de l'équipe psychiatrique.

Rachel Jones dit que les médecins sont tellement occupés qu'une infirmière ou un autre professionnel de la santé devrait pouvoir le faire.

Réduire les temps d'attente

Ce modèle de santé mentale est basé sur un concept désuet, axé sur les médecins et une approche pharmaceutique, dit N Siritsky, qui est membre de l’Ordre des travailleurs sociaux de la Nouvelle-Écosse.

À son avis, il faut permettre aux travailleurs sociaux d'intervenir dès qu'un patient entre à l'hôpital.

N Siritsky  à son bureau.

N Siritsky de l’Ordre des travailleurs sociaux de la Nouvelle-Écosse affirme qu'il y a trop d'obstacles pour accéder aux soins de santé mentale dans la province.

Photo : Radio-Canada

Le travailleur social peut fournir une partie des conseils, du soutien et des ressources non seulement à la personne, mais potentiellement aux membres de la famille ou aux amis qui l'accompagnent, ajoute-t-elle.

N Siritsky pense que ce genre de changements doit faire partie d’une refonte plus large de la prestation des soins de santé mentale en Nouvelle-Écosse, en vue d'une approche plus collaborative.

À son avis, le mieux serait d'empêcher les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale d'avoir à se rendre à l'hôpital.

Demande accrue

En 2020, Santé Nouvelle-Écosse a noté une hausse de 30 % de la demande de services de soins d'urgence en santé mentale et en toxicomanie, et une augmentation de 10 % de la demande de services non urgents.

L'autorité sanitaire explique par courriel que les patients qui se présentent à l'urgence avec des problèmes de santé mentale sont d'abord évalués pour éliminer toute cause physique. Ensuite, on peut envoyer ce patient consulter un psychiatre ou un médecin. Une évaluation du risque suicidaire peut être menée pour les patients qui se trouvent en état de crise. La régie de santé constate une augmentation du nombre de patients ayant certains problèmes de santé mentale ces dernières années.

Rachel Jones se demande ce qu’elle fera si son fils vit une autre crise de santé mentale.

Je vais toujours avoir peur qu'il ait l'impression qu'il est un problème dans la société à cause de la façon dont ça a été géré.

Elle a dit que l'expérience a traumatisé son fils en plus de la laisser inquiète et en colère.

Besoin d’aide?

Si vous pensez au suicide ou si vous vous inquiétez pour un proche, des intervenants sont disponibles pour vous aider 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Avec les informations de Josh Hoffman, de CBC

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