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Pour protéger les baleines noires, des engins de pêche proposés aux pêcheurs

Le cordage du casier n'est déployé qu'au moment de le récupérer, ce qui évite aux baleines noires de s'y empêtrer.

Deux employées démêlent une corde rattachée à une cage en métal.

Les employées de la Fédération canadienne de la faune préparent le système de cordage à la demande qui sera prêté à un pêcheur.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

La Fédération canadienne de la faune met gratuitement à disposition des pêcheurs de crabe et de homard de la Nouvelle-Écosse près de 60 engins de pêche destinés à protéger les baleines noires de l'Atlantique Nord.

Les engins sont entreposés dans un hangar d'Halifax grâce à un financement de 4,4 millions de dollars du gouvernement fédéral.

Les pêcheurs peuvent les emprunter sans frais et obtenir l'aide d'un technicien de la Fédération canadienne de la faune pour les déployer.

Ce type d'engin est destiné à éviter qu'une baleine ne se blesse en s'empêtrant dans les cordages.

Ce genre d'incident est une des causes du déclin de la population de baleines noires de l'Atlantique Nord.

Des sauveteurs tentent de libérer une baleine noire enserrée de cordages.
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Les baleines peuvent traîner des cordages et des engins de pêche comme ceux-ci pendant des mois. Elles ne peuvent pas se dégager et cela entraîne leur mort, par la suite.

Photo :  Center for Coastal Studies/NOAA permit #932-1905

Cordage « à la demande »

Avec un système de « cordage à la demande », la corde qui relie les casiers ne flotte pas.

Elle est plutôt retenue dans une cage au fond de l'eau.

La corde est retenue dans une cage en métal munie d'un verrou contrôlé à distance.
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Cet engin de pêche conçu par EdgeTech permet de retenir le cordage au fond de l'eau afin d'éviter l'empêtrement des baleines.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Lorsque le pêcheur veut récupérer ses casiers, il utilise une application mobile connectée à un hydrophone pour lancer un signal sous-marin.

À la réception de ce signal, la cage se déverrouille, et la corde remonte à la surface.

C'est utile à petite échelle dans les zones fermées à la pêche, explique Elizabeth Vézina, la responsable de ce programme à la Fédération canadienne de la faune.

Le ministère fédéral des Pêches et Océans autorise en effet dans les zones fermées à la pêche l'essai de ces engins sans corde, ou d'engins avec corde à la demande.

La pêche à la corde à la demande est effectuée à l’aide de permis expérimentaux permettant aux pêcheurs de vendre leurs prises [...] Seul un nombre limité de pêcheurs sont autorisés à obtenir de tels permis expérimentaux, indique, par courriel, une porte-parole du ministère.

Course à l'innovation

Au total, le gouvernement fédéral a prévu 20 millions de dollars pour encourager les pêcheurs à adopter des engins de pêche qui ne mettent pas en danger les baleines.

Aaron Stevenson dans l'atelier de son entreprise.
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Aaron Stevenson a lancé, en 2017, Ashored, une entreprise de fabrication d'engins de pêche munis d'un verrou magnétique pour que le cordage ne flotte pas dans l'océan.

Photo : Radio-Canada / Adrien Blanc

Pour le président-directeur général de l'entreprise Ashored, qui conçoit son propre système de corde à la demande dans un atelier à Halifax, le marché est prometteur.

Ça évolue rapidement, pas seulement au Canada, mais aussi aux États-Unis et en Europe, note Aaron Stevenson. L'entreprise, lancée il y a cinq ans, compte 14 employés et recrute activement.

Encore à la phase d'essai

L'Union des pêcheurs des maritimes (UMP) a acheté 20 engins de pêche avec un système de corde à la demande et s'attend à les recevoir dans les prochains mois.

Le directeur général des sciences de l'organisation, Pierre Dupuis, note toutefois que les appareils sont chers. On parle de 4000 $ US juste pour la trappe et la bouée, puis 4000 $ US pour l'ordinateur que tu mets dans le bateau pour faire la demande de la bouée, explique-t-il.

« Ça te donne quand même une manière de continuer à pêcher dans des zones fermées. »

— Une citation de  Pierre Dupuis, directeur général des sciences à l'UPM

Pierre Dupuis pense que l'adoption de ce genre de dispositif anti-empêtrement prendra du temps.

On n'est pas nécessairement prêts à aller à grande échelle tout de suite. Il faut quand même trouver des méthodes pour pêcher en flottille, pour pas qu'on s'embarque un par-dessus l'autre, dit-il.

« Pas viables » pour la zone 34

La Coldwater Lobster Association, qui représente plus de 900 détenteurs de permis de pêche du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, a mené des essais en 2018.

La directrice générale de l'association, Heather Mulock, indique que le résultat n'est pas satisfaisant.

« Ces engins ne sont pas viables pour la zone de pêche au homard 34. »

— Une citation de  Heather Mulock, directrice générale, Coldwater Lobster Association

Heather Mulock craint par exemple que ce genre d'engin se retrouve coincé sur le fond rocailleux ou que la corde soit inaccessible par forte marée.

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