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Analyse

Et si Trump n’était pas le candidat républicain en 2024?

Lassés de ses méthodes, les républicains pourraient lui préférer un candidat moins polarisant pour battre les démocrates en 2024.

L'ancien président Trump lors du tournoi LIV Golf Invitational à Bedminster au New Jersey

Donald Trump a encore les faveurs d'une grande majorité de militants républicains, mais pour combien de temps?

Photo : Getty Images / Cliff Hawkins

Autrefois victorieux des primaires républicaines grâce à ses tactiques efficaces de mépris et d'humiliation de ses opposants et surtout vainqueur face à Hillary Clinton en 2016, Donald Trump n’est plus le roi Midas de jadis qui transformait en or tout ce qu’il touchait.

Les primaires républicaines qui vont bon train cet été démontrent que Trump a réussi à faire battre des candidats de l’establishment du Parti républicain en plaçant ses pions qui véhiculent sa théorie complètement loufoque de l'élection de 2020 volée par une fraude massive. Les victoires de candidats pro-Trump et pro-Grand Mensonge (The Big Lie) ont secoué certains États cette semaine comme l’Arizona ou le Michigan.

Mais dans les États de la Georgie, de l’Idaho et des deux Carolines, c’est une autre histoire. Des poulains trumpistes se sont fait évincer de l’investiture par des candidats plus modérés et, dans certains cas, davantage éligibles.

Des médias qui boudent Trump

La tendance est évidente cet été si l’on regarde un peu Fox News, son réseau autrefois favori. Autrefois, car depuis quelques mois, le réseau de Rupert Murdoch semble le lâcher petit à petit. Beaucoup plus rares sont ses apparitions à l’émission matinale Fox and Friends. Il s'est même fâché alors que son émission préférée parlait d’un sondage où son présumé rival principal, Ron DeSantis, gouverneur de la Floride, semblait gagner la faveur des électeurs républicains.

Donald Trump pourrait avoir plus de concurrents potentiels qu'il ne le croit à l'investiture républicaine.

Donald Trump pourrait avoir plus de concurrents potentiels qu'il ne le croit à l'investiture républicaine.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Privé de réseaux sociaux à grande échelle comme Twitter et Facebook, Trump est relégué à sa plateforme Truth, qui est un flop commercial auquel il ne croit pas trop lui-même, car il y publie rarement des statuts. Pour véhiculer ses propos truffés de demi-vérités, de chiffres imaginaires et du mensonge avéré du mythe de l’élection volée, il ne lui reste alors que les petits réseaux d’extrême droite comme OAN, Newsmax ou RSBN qui lui sont entièrement dévolus et qui, petit à petit, sont retirés des listes de chaînes diffusées par les câblodistributeurs ou les plateformes Internet.

Quant aux journaux comme le Wall Street Journal et le New York Post, eux aussi détenus par Murdoch, de récents éditoriaux peu flatteurs pour l’ancien président ont enraciné le fait qu’il ne fait plus recette comme avant.

La bulle MAGA

Bien sûr, ses disciples MAGA qui participent à ses rassemblements populaires aux foules bien moins importantes qu’à son époque présidentielle sont persuadés que leur maître fait le plein d’électeurs. La seule chose dont il fait le plein, c’est de l’argent que ses généreux petits donateurs continuent de lui envoyer fidèlement, garnissant ainsi les coffres du président défait en 2020.

En focalisant tous ses efforts sur le fameux Grand Mensonge de l'élection volée, Trump ne va pas chercher les nombreux électeurs républicains qui sont, premièrement, passés à autre chose et, deuxièmement, bien plus intéressés à voter pour des solutions visant à faire face à l’inflation, à réformer l’immigration ou à réduire la taille des dépenses gouvernementales.

Et puis, il ne faut pas oublier les révélations de l’enquête sur l’insurrection du 6 janvier 2021 qui pointent de plus en plus vers l’implication et l’incitation de Trump dans cet événement peu glorieux de l’histoire américaine. Même s’il n’est pas traduit en justice, cela n’effacera pas le dommage réputationnel aux yeux de certains républicains.

Le Grand Mensonge de l'élection volée en 2020 ne peut être le seul thème défendu pour gagner les faveurs des électeurs républicains, même si Donald Trump tape sur ce clou depuis deux ans.

Le Grand Mensonge de l'élection volée en 2020 ne peut être le seul thème défendu pour gagner les faveurs des électeurs républicains, même si Donald Trump tape sur ce clou depuis deux ans.

Photo : Getty Images / Joe Raedle

Tout cela laisse bien de la place à d’autres candidats capables de fédérer ce courant de droite populiste, et qui de plus seraient aussi capables de se battre contre la gauche et gagner le vote populaire en 2024. Bref, Ron DeSantis n’est pas bien loin et gruge petit à petit des parts de marché parmi l’électorat républicain. Là où Trump semble plafonner en matière d’appuis, le gouverneur floridien a encore de la marge pour monter dans les sondages d’opinion de la droite. Et il ne sera probablement pas le seul dans ce cas.

Cacher ce candidat que l’on ne saurait voir

Pas étonnant dans ce contexte que l‘éléphant dans la pièce soit devenu celui que certains ténors républicains voudraient bien voir devenir une souris à l’aube des élections de mi-mandat.

L’ancien gouverneur de l’Arkansas, Mike Huckabee, parle de désastre si jamais Trump annonçait sa candidature juste avant cette joute électorale cruciale pour le contrôle du Congrès. Distraire le public de ces élections de novembre [par une annonce de candidature] serait une énorme erreur qui pourrait avoir des conséquences désastreuses, a déclaré Huckabee sur Fox News.

Le leader de la minorité républicaine à la Chambre, Kevin McCarthy, a lui-même encouragé l’ancien locataire de la Maison-Blanche à retarder son annonce de candidature à l’investiture.

Que Trump soit candidat ne lui garantira donc peut-être pas l’investiture présidentielle. Pour l'instant, il la fait miroiter, car cela lui permet de faire saliver ses partisans et surtout de continuer à engranger les millions de dollars de financement qu’il peut utiliser comme il l’entend tant qu’il ne déclare pas sa candidature.

Et Biden alors?

Si jamais Trump se fait effectivement coiffer au poteau par un autre candidat pour 2024, qu’en est-il de Joe Biden? Les chances qu’il se représente pour un deuxième mandat sont plutôt minces. Celui qui aura 81 ans lors de la prochaine élection présidentielle ne déborde pas d’énergie et fait les frais politiques d’une inflation qui fait mal au portefeuille des Américains.

Le président Biden ne fait pas l'unanimité au sein du Parti démocrate pour une deuxième candidature à la présidence.

Le président Biden ne fait pas l'unanimité au sein du Parti démocrate pour une deuxième candidature à la présidence.

Photo : Getty Images / Pool

Certains élus démocrates laissent entendre qu’il faudrait bien qu’il passe la main à quelqu'un de plus combatif et, sous-entendu, de forcément plus jeune. Mais, là encore, difficile pour l'instant de trouver l’élu(e) qui cocherait toutes les cases nécessaires.

Devrions-nous nous préparer à un duel de 2024 duquel les concurrents sont toujours complètement inconnus à ce stade-ci? Après tout, en quelques mois aux États-Unis, tout est possible en politique. Même une deuxième candidature de Trump...

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