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L’armée ukrainienne a mis en danger des civils, conclut une enquête d’Amnistie

Une femme âgée parle au téléphone cellulaire dans un champ. En arrière-plan, un panache de fumée s'élève dans le ciel.

Une femme parle au téléphone pendant qu'un panache de fumée s'élève dans le ciel dans le village de Sviato-Pokrovske, au sud de Siversk, dans le Donbass, le 23 juin 2022.

Photo : Getty Images / AFP/ANATOLII STEPANOV

Agence France-Presse

L'armée ukrainienne a mis des civils en danger en établissant des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux et en lançant des attaques depuis des zones peuplées pour repousser l'invasion russe, a conclu jeudi Amnistie internationale au terme d'une enquête de quatre mois.

De telles tactiques violent le droit international humanitaire, a précisé l'ONG dans un communiqué dont les conclusions ont été dénoncées par Kiev comme comme faisant part d'une opération de désinformation et de propagande.

Nous avons documenté une tendance des forces ukrainiennes à mettre en danger les civils et à violer les lois de la guerre lorsqu'elles opèrent dans des zones peuplées, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnistie internationale.

« Le fait de se trouver dans une position de défense ne dispense pas l'armée ukrainienne de respecter le droit international humanitaire. »

— Une citation de  Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnistie internationale

De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a réagi jeudi soir accusant Amnistie internationale de tenter d'amnistier l'État terroriste de Russie. Selon lui, l'ONG transfère la responsabilité de l'agresseur à la victime.

L'agression contre notre État est injustifiée, invasive et terroriste. Si quelqu'un rédige un rapport dans lequel la victime et l'agresseur sont d'une certaine manière mis sur un pied d'égalité [...] cela ne peut être toléré, a dénoncé M. Zelensky dans sa déclaration vidéo quotidienne.

Des villages mis en danger

Entre avril et juillet, des chercheurs d'Amnistie internationale ont enquêté sur les frappes russes dans les régions de Kharkiv, du Donbass et de Mykolaïv, en inspectant les sites touchés par des frappes et en interrogeant des rescapés, des témoins et des proches de victimes.

Selon l'ONG, ces chercheurs ont trouvé des preuves que les forces ukrainiennes lançaient des frappes à partir de zones résidentielles peuplées et avaient établi des bases dans des bâtiments civils dans 19 villes et villages de ces régions.

La plupart des zones résidentielles où se trouvaient les soldats étaient situées à des kilomètres des lignes de front, note Amnistie, soulignant que d'autres options qui n'auraient pas mis en danger les civils – comme des bases militaires ou des zones densément boisées à proximité – étaient possibles.

Un lance-roquettes multiple dans la région de Kharkiv.

Des militaires ukrainiens tirent avec un lance-roquettes multiple sur une ligne de front dans la région de Kharkiv.

Photo : Reuters / Sofiia Gatilova

L'ONG indique qu'à sa connaissance, les soldats qui se sont installés dans ces zones d'habitation n'ont pas demandé aux civils d'évacuer.

Elle affirme que les forces ukrainiennes ont aussi établi des bases militaires dans des écoles et des hôpitaux.

Mais le conseiller à la présidence ukrainienne Mikhaïlo Podoliak affirme le contraire en soutenant, sur Twitter, que les vies des gens étaient la priorité de l'Ukraine et que les populations des villes proches du front étaient évacuées.

La seule chose qui représente une menace pour les Ukrainiens, c'est l'armée russe [...] qui vient en Ukraine commettre un génocide [...] C'est une honte qu'une organisation comme Amnistie participe à cette campagne de désinformation et de propagande, a-t-il dit.

L'Ukraine adhère clairement à [toutes] les lois de guerre et au droit humanitaire international, a-t-il soutenu dans un communiqué.

Si Amnistie dénonce ces tactiques ukrainiennes, elle insiste sur le fait qu'elles ne justifient en aucun cas les attaques russes aveugles qui ont frappé les populations.

L'ONG dit avoir contacté le ministère ukrainien de la Défense à propos des conclusions de ses recherches le 29 juillet, mais n'avoir pas reçu de réponse au moment de la publication du communiqué.

Quant à lui, le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, s'est dit jeudi indigné par les accusations injustes d'Amnistie internationale.

Je suis indigné tout comme vous par le rapport d'Amnistie internationale. Je le considère comme injuste, a dit M. Kouleba dans un commentaire par vidéo publié sur Facebook.

Il a accusé en retour Amnistie internationale de créer un faux équilibre entre l'oppresseur et la victime, entre le pays qui détruit des centaines et des milliers de civils, de villes, de territoires et le pays qui se défend désespérément.

Cessez de créer cette fausse réalité, où tout le monde est un peu coupable de quelque chose et commencez à rapporter systématiquement la vérité sur ce que la Russie représente réellement aujourd'hui, a-t-il soutenu.

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