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Une crainte de divisions a motivé le renvoi de turbines en Allemagne, soutient Wilkinson

Une turbine du gazoduc Nord Stream 1.

Des turbines du gazoduc Nord Stream 1 réparées à Montréal sont au coeur d'une dispute entre la Russie et l'Allemagne sur l'approvisionnement en gaz russe.

Photo : Associated Press / Bernd Thissen

Radio-Canada

Le ministre canadien des Ressources naturelles, Jonathan Wilkinson, soutient que la décision de renvoyer une turbine en Europe pour l'approvisionnement en gaz naturel russe répondait à une menace de fractures au sein des alliés avec lesquels le Canada impose des sanctions à Moscou.

Comparaissant jeudi devant le Comité permanent des affaires étrangères et du développement international, il a fait valoir que ce risque préoccupait notamment les États-Unis.

Ils ont fait part de leurs inquiétudes entourant les divisions qui auraient pu miner le soutien à l'Ukraine, ce qui ne serait dans l'intérêt de personne, a-t-il soutenu aux côtés de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly.

Cette dernière a répété que la décision du Canada était la meilleure pour exposer le bluff du régime de Vladimir Poutine. Elle a fait valoir que les alliés d'Ottawa tels que l'Allemagne, l'Union européenne ainsi que les États-Unis étaient d'accord.

Nous étions unanimes dans l'approche à prendre, c'est-à-dire de faire en sorte qu'on ne puisse donner aucune justification, aucun prétexte au président Poutine, a-t-elle dit. Cette idée même d'utiliser l'énergie comme une façon de faire du chantage à l'Europe était une approche [à laquelle nous voulions répondre] en commun avec nos alliés.

Préserver l'unité ou protéger l'économie?

Les ministres Joly et Wilkinson ont affirmé que la question du bluff avait été discutée avec les alliés du Canada dès le début, lorsque le député conservateur Marty Morantz a déploré un changement de discours de la part du gouvernement Trudeau.

Ce n'est pas ce que vous avez dit au début juillet, quand vous avez pris la décision, a lancé le député, ajoutant qu'Ottawa s'était plutôt justifié en parlant de protection de l'économie de l'Allemagne qui dépend du gaz russe.

La députée néo-démocrate Heather McPherson a renchéri sur le fait qu'il était inutile de souligner le bluff de la Russie. Nous savions déjà que le bluff était là et, maintenant, ce que nous avons fait est que nous avons affaibli notre régime de sanctions.

Le bloquiste Stéphane Bergeron a aussi déploré le renvoi de la turbine. La seule personne qui devait se bidonner littéralement à voir la situation, c'est Vladimir Poutine au Kremlin, a-t-il dit.

La station de réception du gazoduc Nord Stream 1.

Moscou a récemment réduit à 20 % les livraisons de gaz naturel à l'Allemagne par le gazoduc Nord Stream 1.

Photo : Getty Images / Sean Gallup

Le comité parlementaire se penche sur la décision controversée d'Ottawa d'autoriser le retour en Europe d'une turbine utilisée dans le gazoduc Nord Stream 1, exploité par le géant russe de l'énergie Gazprom.

Le gouvernement canadien a accordé à Siemens Energy une exemption sur les sanctions contre la Russie pour l'envoi d'une turbine en Allemagne après qu'elle eut subi des réparations à Montréal. Le gazoduc Nord Stream 1 approvisionne l'Allemagne en gaz naturel russe. En tout, Siemens Energy a obtenu un permis pour importer, réparer et retourner jusqu'à six turbines pour Gazprom.

La ministre Joly a évité de dire si Ottawa considérait de révoquer l'exemption accordée pour les turbines qui n'ont pas encore été renvoyées, lorsque questionnée à ce sujet par l'élue néo-démocrate Heather McPherson.

Les élus du comité des affaires étrangères entendront aussi d'autres témoins tout au long de l'après-midi.

La turbine réparée toujours en Allemagne

L'ambassadrice de l'Ukraine au Canada, Yulia Kovaliv, compte demander au gouvernement du Canada de révoquer sa décision de permettre la livraison de turbines en Europe.

Le gouvernement de l'Ukraine a déjà accusé le Canada de créer un dangereux précédent, arguant que les exemptions compromettent les sanctions imposées à la Russie en réponse à son invasion de l'Ukraine.

Mercredi, la ministre Joly et son homologue allemande Annalena Baerbock, qui étaient à Montréal, ont toutes deux insisté sur le fait que le retour des turbines utilisées dans le pipeline russe était nécessaire. Mais elles ont ajouté que le fait que la turbine reste en Allemagne après que le Canada eut autorisé son retour en Europe et que la Russie a depuis réduit l'approvisionnement en gaz naturel de l'Allemagne à 20 % illustrait la malhonnêteté du président russe Vladimir Poutine.

La Russie avait cité le retour tardif de l'équipement comme raison de la réduction du flux de gaz naturel par le gazoduc qui relie l'Allemagne à la Russie.

L'ambassadrice d'Allemagne au Canada, Sabine Sparwasser, doit également comparaître devant les membres du comité, aux côtés de l'ambassadrice de l'Union européenne (UE) au Canada, Melita Gabrié.

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