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Spirale de problèmes dans le système de santé de l’Alberta

Une infirmière et une bénévole de Services de santé Alberta sont assises dans un couloir d'hôpital.

La pénurie de personnel de santé est au cœur des problèmes du système, selon plusieurs professionnels.

Photo : Leah Hennel/AHS

Radio-Canada

Une pénurie d’ambulances disponibles, des patients mis dans les couloirs et la fermeture partielle de centres d’urgence sont quelques exemples de la pression que subit le système de santé de l’Alberta cet été.

Les hôpitaux ont de telles difficultés à faire face à la demande qu’une note a été envoyée, mardi, à tous les établissements hospitaliers de la zone d’Edmonton pour les obliger à prendre plus de patients qu'il y a d’espace disponible. Toutes les unités doivent avoir des patients dans les couloirs.

Selon le porte-parole de Services de santé Alberta (AHS) James Wood, cette mesure n’est pas la méthode de soins préférée, mais elle est nécessaire pour les 24 à 36 prochaines heures.

Cela permet d’assurer le flot de patients dans toute la zone d’Edmonton et de garder les ambulances disponibles dans la communauté, a-t-il indiqué dans un courriel.

L’engorgement des services d’urgence retarde en effet le moment où un patient passe de la responsabilité des ambulanciers à celle de l’hôpital, ce qui immobilise alors des ambulances.

Ambulances en alerte rouge

La capitale albertaine et Calgary se retrouvent ainsi fréquemment sans aucune ambulance disponible pour répondre aux appels d’urgence, selon des données dévoilées par le Nouveau Parti démocratique (NPD) et obtenues par le biais d’une demande d’accès à l’information.

Pour Calgary, avril 2022 a été le pire mois pour ce qui est des alertes rouges, le terme utilisé pour désigner une situation où toutes les ambulances de la ville sont occupées et ne peuvent répondre à un appel du 911. Ce mois-là, la métropole du sud de la province s’est retrouvée sans ambulance disponible 618 fois, pour un total de près de 11 heures.

La situation est pire à Edmonton : la capitale albertaine a connu 859 alertes rouges en mai, soit près de 25 heures sans ambulance disponible.

Les données montrent qu’en 2019, le nombre d’alertes rouges atteignait rarement la centaine dans les deux grandes villes.

Personnel épuisé

On voit un manque de personnel au niveau des ambulanciers paramédicaux ou bien des infirmières dans les salles d’urgence. C’est ça, le gros problème, explique le Dr Eddy Lang, chef de la médecine d’urgence pour la zone de Calgary à AHS.

L’épuisement après deux longues années de pandémie, les congés d’été et les cas encore nombreux d’isolement du personnel créent une pénurie de professionnels de la santé, selon M. Lang.

Le docteur Eddy Lang est photographié devant des équipements médicaux dans une salle d'urgence de Calgary.

Le docteur Eddy Lang est responsable des urgences à Calgary.

Photo : Radio-Canada / CBC

Le nombre d’appels au 911 a aussi augmenté de 30 %, cette année, par rapport à 2018-2019, indique AHS dans une réponse par courriel, ce qui envenime la situation.

Pour y remédier, AHS a imposé des fermetures partielles de centres de soins. Neuf nouvelles ambulances ont également été déployées à Calgary et Edmonton et 10 autres seront disponibles en septembre.

Pire à l'automne?

Plusieurs professionnels de la santé s’alarment toutefois d’une aggravation possible de la situation.

Nous fonctionnons en mode désastre, dit, inquiet, l’urgentologue et président de la médecine d’urgence à l’Association médicale de l’Alberta, Paul Parks. L’été est pourtant la période la moins achalandée dans les hôpitaux, ce qui lui fait craindre l’automne et l’apparition de maladies respiratoires.

La secrétaire provinciale du syndicat des infirmiers et infirmières unis de l’Alberta, Karen Craik, croit également que les mesures en place créent un cercle vicieux. C’est stressant, parce que vous ne pouvez pas vous occuper des patients comme vous le voudriez, indique-t-elle.

Soigner des patients dans le couloir ajoute à l’épuisement du personnel et incite les employés à partir à la recherche de meilleures conditions de travail, ajoute-t-elle.

Le NPD demande au gouvernement d’agir notamment en offrant des contrats à plein temps aux ambulanciers et en augmentant les services disponibles aux personnes dépendantes pour endiguer la crise des opioïdes.

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