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L’analyse des eaux usées d’Ottawa pour détecter la grippe

Des fioles de tests.

Les chercheurs de l'Université d'Ottawa soutiennent que la santé publique pourrait grandement bénéficier des avancées faite dans ce domaine.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Radio-Canada

Des chercheurs de l'Université d'Ottawa ont décidé d’appliquer à la grippe saisonnière la stratégie d'analyse des eaux usées qui a permis de suivre les tendances du coronavirus au cours de la pandémie.

Patrick D'Aoust, candidat au doctorat à la faculté d'ingénierie, explique que l'idée lui est venue d'une de ses collègues, Elisabeth Mercier, et du succès des tests sur les eaux usées utilisés pour suivre les niveaux de coronavirus à Ottawa. Nous cherchons à détecter la COVID-19, un virus à ARN messager. Pourquoi ne pas commencer à chercher d'autres virus du même type? se demande le professeur D'Aoust.

Bien que des tests de dépistage de la grippe dans les eaux usées aient déjà été effectués dans d'autres régions du monde, il s’agit d’une première pour l'Université d'Ottawa.

Mme Mercier, candidate à la maîtrise en ingénierie à l'université, espère ainsi aider Santé publique Ottawa (SPO) à gérer de futures épidémies. 

Une alerte faite en avance peut aider à gérer la pression sur le système de santé, en donnant des données sur ce qui se passe sous la surface. Nous ne faisons qu'ajouter de la précision, des couches de données que les unités de santé publique peuvent continuer à surveiller, dit-elle.

Deux chercheurs dans un laboratoire consultent un ordinateur.

L'équipe du professeur Patrick D'Aoust.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Salon le Dr Raywat Deonandan, épidémiologiste et professeur associé à l'Université d'Ottawa, il existe au moins deux études montrant que l'analyse des eaux usées est efficace pour détecter la grippe. Et il pourrait également être efficace pour détecter d'autres types de maladies, à condition que le virus se trouve dans les excréments humains, comme c'est souvent le cas, ajoute-t-il. Je pense que c'est un outil potentiellement puissant.

Comme une application météo?

Selon Patrick D'Aoust, ces données pourront aider les gens à mieux se préparer aux épidémies virales dans leurs communautés. Ils pourront les consulter comme on vérifie les prévisions météorologiques. Comme l'application météo sur votre téléphone, souligne M. D’Aoust, ajoutant que la population pourrait ainsi être avertie en temps réel de prendre certaines précautions, comme celle de porter un masque.

« Avec plus de ressources et plus d'études, on peut augmenter la précision et la puissance de cette technologie. »

— Une citation de  Raywat Deonandan, épidémiologiste

Robert Delatolla, professeur de génie civil à l'Université d'Ottawa, est d’avis que la COVID-19 a mis en évidence les inégalités quant aux impacts de la maladie. En testant les eaux usées, les scientifiques peuvent aider à identifier les populations qui ont le plus besoin d'aide.

Lorsque nous avons surveillé la grippe ici à Ottawa, nous n'avons pas seulement constaté des différences entre les quantités de COVID-19 dans les eaux usées. Nous avons vu que la grippe dans ces mêmes communautés présentait un schéma distinct, une charge plus élevée et un plus grand nombre de personnes malades, explique M. Delatolla.

Selon Raywat Deonandan, cette méthode peut être très efficace pour identifier les points chauds. Si ces tests sont effectués de manière rigoureuse et cohérente, dans certaines villes, vous pouvez presque obtenir des données assez précises pour identifier un bâtiment spécifique. Si vous êtes malin, peut-être même jusqu'à l'étage d'un immeuble d'habitation, poursuit l'épidémiologiste.

Le laboratoire de l'Université d'Ottawa teste également l'eau pour détecter la variole simienne. Cela dit, Patrick D'Aoust et son équipe n'ont pas encore constaté un taux élevé de positivité.

Mais nous allons être très prudents et nous allons continuer à faire des tests à une fréquence élevée, assure-t-il.

Avec les informations d'Uday Rana, CBC News

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