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Travailleurs étrangers sans emploi : une association de transformateurs blâme le marché

Une usine de transformation du homard

Des travailleurs dans une usine de transformation du homard (archives).

Photo : Associated Press / Robert F. Bukaty

Les arrêts de production anormalement longs dans certaines usines de transformation des fruits de mer au Nouveau-Brunswick – qui ont poussé des travailleurs étrangers à cogner à la porte d’une banque alimentaire – sont liés aux déclins du marché, selon un porte-parole de l’industrie.

Au cours des dernières semaines, la banque alimentaire de Richibucto a accueilli plusieurs dizaines de travailleurs étrangers qui travaillent dans le secteur de la transformation des fruits de mer dans la région.

Selon divers intervenants, des arrêts de productions (entre les saisons de pêche) plus longs qu’à l’habitude dans certaines usines seraient le facteur déclencheur. Des travailleurs étrangers – qui ont parfois des difficultés à obtenir des prestations d’assurance-emploi – seraient sans revenus pendant environ six semaines.

Des défis importants cette année

Le directeur général de l’Association des transformateurs de homard des Maritimes, Nathanaël Richard, explique qu’il n’est pas rare de voir des usines arrêter leur production pendant quelque temps en juillet, alors que les bateaux de pêche de la région sont à quai.

C’est pas anormal qu’il y ait un arrêt. Normalement, ça peut être deux ou trois semaines, quatre semaines à la limite, explique-t-il.

Nat Richard sur un quai au Nouveau-Brunswick.

Nathanaël Richard

Photo : Radio-Canada / Pascal Raiche-Nogue

La décision de mettre les lignes de production sur pause est prise selon plusieurs facteurs, dont les conditions du marché et les inventaires.

Maintenant, ce qu’on observe cette année, et c’est vraiment ce qui explique la situation assez anormale, c’est qu’on a vu une dégradation assez extraordinaire des conditions de marché depuis quelques mois, affirme-t-il.

Un homard vivant vendu dans une épicerie.

Un homard dans une épicerie

Photo : iStock

Nathanaël Richard fait remarquer que la demande pour le crabe et le homard est en perte de vitesse aux États-Unis. Il s’agit du marché d’exportation principal pour l’industrie des Maritimes.

Il y a certaines usines qui ont choisi de ralentir le rythme de production. Et je crois comprendre que dans certains cas, il y en a qui ont fait des arrêts de production qui sont plus longs que la normale. C’est dommage, mais en même temps, c’est un peu ça la réalité à laquelle on est confrontés cette année, dit-il.

Ce porte-parole de l’industrie pèse bien ses mots, pour ne pas être plus alarmiste que nécessaire. Mais selon lui, bon nombre de transformateurs de fruits font face à d’importants défis cette année.

Je ne pense pas que ça ne sert à personne de se mettre la tête dans le sable. C’est assez impressionnant ce qu’on observe en ce moment, dit-il.

Des cas isolés, selon un porte-parole

Il note d’ailleurs que toutes les usines ne subissent pas les mêmes conséquences. Selon lui, seule une poignée de transformateurs ont dû arrêter leur production plus longtemps qu’à l’habitude.

Je crois vraiment que dans ce cas-ci on parle de cas isolés. [...] Il y en a qui s’arrangent mieux que d’autres. Mais en général, personne n’aurait pu prédire l'affaiblissement qu’on observe dans le moment au niveau des marchés.

Rangée de gens habillés en combinaison bleue, avec des bonnets bleus sur la tête et des masques bleus sur le visage.

Des gens au travail à l'usine de transformation des produits de la mer Miscou Fish Products, au Nouveau-Brunswick, le 21 avril 2022.

Photo : Radio-Canada

Nathanaël Richard ajoute que le processus d’embauche de travailleurs étrangers temporaires est entamé à l’automne, plusieurs mois avant la saison de transformation printanière.

Ça rend les choses un peu compliquées pour l’usine de prévoir six mois ou huit mois à l’avance, quelles seront les conditions de marché.

Ça me surprend un peu

Nathanaël Richard avoue cependant qu’il est un peu étonné de voir des travailleurs étrangers se tourner vers les banques alimentaires. Ça me surprend un peu, dit-il.

C’est que les usines ont récemment terminé leur période la plus productive de l’année.

Il faut quand même dire que les travailleurs, généralement, ils vont faire cinquante, soixante, soixante-dix heures par semaine au printemps. C’est toujours comme ça, dit-il.

Selon lui – avec les heures payées au taux régulier et les heures supplémentaires – les travailleurs ont l’occasion de faire des économies importantes et rapidement pendant la saison de transformation printanière.

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