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Fort-Prével commémore son histoire de poste de défense contre les nazis

Un canon inactif fait face à la mer.

Servant de poste de défense en cas d’attaques marines nazies, Fort-Prével disposait des deux plus gros canons en Amérique du Nord.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

Fort-Prével fête son 80e anniversaire pour rappeler le rôle primordial de défense qu'a joué la Gaspésie pour les Anglais pendant la Seconde Guerre mondiale.

Pour l’occasion, l’historien Jean-Marie Thibeault, responsable de cette initiative, animera mercredi soir à partir de 19 h une conférence-causerie dans les bunkers de Fort-Prével.

L’historien profitera de cet événement pour sensibiliser la population à l’importance d’entretenir ce patrimoine, aujourd’hui tombé dans l’oubli, regrette-t-il.

Jean-Marie Thibeault évoquera entre autres le contexte historique du complexe défensif présent sur la pointe gaspésienne, composé d’un ensemble d’installations militaires qui ceinturaient la baie de Gaspé. Le complexe se compose principalement de trois batteries côtières situées à la pointe de la Gaspésie, c’est-à-dire Fort Prével, Fort Péninsule, à Penouille, Fort Haldimand.

Ces forts avaient pour objectif d'assurer la protection de la base navale de Fort Ramsay, présente à Sandy Beach, et également connue sous le nom de Boom Defense. Ils ont été mis en opération durant l’été 1942.

Un canon se trouve devant un bunker.

Selon l'historien Jean-Marie Thibeault, les canons étaient assez puissants pour anéantir des cuirassés, bien qu’ils n'aient jamais eu à être utilisés.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

Le site de la baie de Gaspé a été choisi pour devenir l'une des principales bases navales canadiennes chargées d'abriter la flotte britannique si la Grande-Bretagne se faisait envahir pendant la Seconde Guerre mondiale.

En 1942, seule la Grande-Bretagne résistait encore à l’envahisseur en Europe, qui est presque entièrement conquise par Hitler et ses sbires. Alors, pour affamer l’Angleterre, les Allemands ont essayé d’affaiblir le Canada, qui était l’un de leurs plus importants alliés, explique Jean-Marie Thibeault. En effet, le Canada y envoyait énormément de matériel militaire et de vivres par bateau.

Un bunker vu de l'extérieur servant aujourd'hui d'aire de repos avec une table de pique-nique.

Fort Prével, la plus éloignée des trois batteries côtières, était destiné à l'attaque des cuirassés ou de tout autre navire d'importance au large de la baie de Gaspé.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Whalen

La guerre cachée dans l'Atlantique

L'historien racontera aussi au cours de la causerie les secrets derrière ce qu’il appelle la guerre cachée qui s’est déroulée dans la péninsule avec, notamment, des incursions de sous-marins allemands qui ont traversé l’Atlantique pour surveiller le golfe du Saint-Laurent. Jean-Marie Thibeault affirme que ces engins ont réussi à couler une vingtaine de navires alliés en 1942.

La guerre cachée représente celle que les gouvernements du Québec et du Canada ont camouflée à la population parce que les Allemands faisaient ce qu’ils voulaient dans le golfe du Saint-Laurent. Le gouvernement a ensuite restreint la circulation sur les eaux en raison de la présence de leurs sous-marins, explique Jean-Marie Thibeault.

« Le gouvernement restait muet parce que généralement, lorsque tu perds des batailles dans une guerre, tu ne t’en vantes pas. Tu vantes plutôt tes victoires. »

— Une citation de  Jean-Marie Thibeault, historien spécialisé dans l'histoire de la Gaspésie
L'historien Jean-Marie Thibeault.

L'historien Jean-Marie Thibeault s'attend à recevoir beaucoup de curieux à sa conférence. Les bunkers peuvent accueillir une cinquantaine de personnes (archives).

Photo : Radio-Canada / William Bastille-Denis

C’est pourquoi aujourd’hui peu de gens savent que ces fortifications existent en Gaspésie. C’est dur de croire que la guerre s’est rendue jusqu’à chez nous, mentionne l’historien.

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