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Entente de principe chez Agropur : soulagement généralisé

L'usine d'Agropur à Granby.

Les 250 employés de l'usine d'Agropur à Granby étaient en grève générale illimitée depuis le 29 juin.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le conflit de travail chez Agropur à Granby est terminé. Les syndiqués ont approuvé l'entente de principe à 73 % mercredi matin.

Pour le président du syndicat, Daniel Chaput, la conclusion du conflit est satisfaisante pour les deux parties.

« L’employeur a reculé sur les horaires, mais le résultat, c’est quand même du gagnant-gagnant. »

— Une citation de  Daniel Chaput, président du syndicat

M. Chaput souligne que le statu quo de la convention collective a été respecté, les 158 demandes touchant 32 des 33 articles ayant été retirées.

Parmi les gains des syndiqués, le coordonnateur à la Centrale des syndicats démocratiques (CSD), Bernard Cournoyer, note la création d'un programme d'accessibilité à la retraite. Des augmentations salariales et la bonification du régime de retraite sont aussi prévues.

Entente à long terme

L'entente négociée par l'employeur et par le syndicat sera en vigueur jusqu'en 2026. C'est une des raisons pour lesquelles Agropur etime que cette nouvelle convention collective est satisfaisante.

Agropur est très heureuse de voir que les employés ont voté en majorité en faveur de notre entente de principe, qui avait été votée avec le syndicat. Nous sommes aussi heureux qu’ils aient accepté de revenir au travail dès lundi prochain, a déclaré le directeur des communications stratégiques chez Agropur, Guillaume Bérubé.

L'entreprise assure par ailleurs que la nouvelle entente de principe respecte les priorités des salariés, entre autres en ce qui concerne les horaires de travail.

Je peux bel et bien confirmer que la demande concernant les horaires a été retirée par Agropur. Le syndicat nous a bien fait comprendre que c’était un enjeu important pour les employés. La conciliation travail-famille est une préoccupation pour nous, donc on a fait le choix de retirer cette demande, a souligné M. Bérubé.

M. Bérubé a toutefois rappelé qu'il reste du travail à faire avant que le lait puisse de nouveau être transformé à l'usine de Granby.

Il y a un nettoyage qui est nécessaire pour s’assurer qu’il n’y a aucun risque de contamination pour les produits. Ça va être l’étape de la semaine prochaine. Par la suite, on espère le plus rapidement possible recevoir à nouveau du lait à l’usine.

« On va faire tout notre possible pour que, dans la semaine du 15 août, on puisse recevoir à nouveau du lait et reprendre la production de fromage. »

— Une citation de  Guillaume Bérubé, directeur des communications stratégiques chez Agropur

Des travailleurs satisfaits

Radio-Canada a rencontré quelques-uns des 252 employés de l'usine d'Agropur à Granby à l'issue du vote. Pour Stéphane Bellavance, camionneur, la fin des négociations est un soulagement.

« Ça fait du bien de voir que le patron est revenu sur ses décisions et qu’on a gardé un horaire acceptable. »

— Une citation de  Stéphane Bellavance, camionneur pour Agropur

Gabriel Morin, un autre syndiqué, est plus partagé. Il considère tout de même qu'il faut se rallier à la majorité.

Les Producteurs de lait soulagés

Les Producteurs de lait du Québec ont été directement touchés par la grève chez Agropur. Ils ont été contraints de jeter plusieurs millions de litres de lait entier puisqu'ils n'avaient plus la possibilité de le faire transformer à Granby.

La première semaine, il y a eu plus de deux millions de litres de lait entier jetés dans les fermes. Même après cette semaine critique, c’était très difficile de trouver des usines pour placer 100 % de notre lait. Il a fallu jeter des sous-produits de transformation comme le babeurre et le lactosérum liquide, a fait savoir le président des Producteurs de lait du Québec, Daniel Gobeil.

« C’est clair que les producteurs de lait sont très soulagés de ce règlement après plusieurs semaines de conflit. Ça a été des semaines assez rock'n'roll pour placer tout le lait. »

— Une citation de  Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Québec

Un tel gaspillage signifie évidemment de grosses pertes financières pour les producteurs.

« On parle de plusieurs millions [de dollars en pertes]. Je ne vous cacherai pas que quand on se débarrasse de lait entier et de sous-produits, ça représente plusieurs millions. »

— Une citation de  Daniel Gobeil, président des Producteurs de lait du Québec

On écope collectivement. C’est clair que ce sont les 4600 fermes qui vont subir des impacts négatifs sur leur paie du mois de juillet. On n’a pas encore les évaluations finales, mais au début du mois d’août, on est contents que ça soit derrière nous et qu’enfin on puisse reprendre la transformation à Granby, précise M. Gobeil.

L'organisme aimerait d'ailleurs que des mesures soient mises en œuvre pour que les producteurs n'aient pas à faire les frais d'un tel conflit de travail dans le futur.

Avec nos producteurs, on aimerait se donner plus d’outils. [...] C’est difficile de se considérer comme un service essentiel, mais quand on travaille avec du vivant, quand on travaille avec des produits qui ont une durée de vie très limitée, c’est clair qu’on aimerait ça avoir une transformation minimum dans un conflit comme celui-là, a témoigné le président.

En temps normal, près de 10 % du lait produit dans la province est transformé à l'usine d'Agropur à Granby.

Avec les informations de Guylaine Charette

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