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Reprise économique des centres-villes : Ottawa au 46e rang sur 62 villes nord-américaines

Des touristes posent devant les lettres géantes O-T-T-A-W-A au marché By.

La ville d'Ottawa se classe derrière Québec et Halifax (archives).

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Radio-Canada

Ottawa n’a retrouvé que 48 % de sa vitalité économique prépandémique, selon le constat de chercheurs de l’Université de la Californie. Les facteurs étudiés sont l’occupation des espaces de bureau, l’utilisation des transports en commun et les recettes des commerces des centres-villes.

Les restrictions ont été en place beaucoup plus longtemps qu’aux États-Unis, donc on peut voir que les choses ne se sont pas déplacées aussi rapidement. [...] Étant donné que la reprise a été plus lente au Canada, je pense que c’est tout à fait normal qu’on se retrouve avec des chiffres comme ceux-là, nuance Marc Chénier, directeur général du Regroupement des gens d’affaires de la capitale nationale.

Photo de Marc Chénier.

Marc Chénier croit qu'Ottawa doit revoir son approche urbaine.

Photo : Avec l'autorisation de Marc Chénier

Ottawa se place ainsi derrière Halifax, qui a retrouvé 72 % de son activité économique, Québec, avec 55 % de sa vitalité économique prépandémie, et Edmonton (51 %). La ville nord-américaine qui se hisse en tête du palmarès est celle de Salt Lake City, dont la vitalité économique a dépassé son niveau prépandémique pour atteindre 155 %.

Je pense que les villes doivent prendre en compte les grands changements amenés par le retour à la quasi-normalité. Le manque de main-d’œuvre représente une problématique majeure. Toutes les sphères des milieux de travail [...] en souffrent actuellement, ajoute M. Chénier.

Marc Chénier partage le constat de l’étude californienne, selon laquelle les centres-villes doivent diversifier leurs activités. Selon lui, peut-être qu’on devrait parler de densification et de transformer nos centres-villes en milieux de vie, moins orientés vers le travail, mais plus orientés vers le logement et la qualité de logement.

Pas la même réalité qu’aux États-Unis, selon un expert

Pour le professeur Mario Polèse, de l’Institut national de recherche scientifique, qui axe ses études sur l’économie urbaine et régionale, des distinctions s’imposent, notamment sur la nature des centres-villes et les différences qui existent entre ceux des villes américaines et canadiennes.

Mario Polèse, professeur émérite à l’Institut national de la recherche scientifique.

Mario Polèse croit que les centre-villes canadiens doivent conserver leur vocation première : être des lieux de divertissement.

Photo : Christian Fleury, INRS

On compare des tomates avec des oranges. Ce qu’il faut comparer, ce sont des villes qui, comme Montréal et Ottawa, ont des centres assez forts. [...] Quand vous prenez par exemple Colombus, en Ohio, ça n’a absolument aucun sens. Au départ, c’est un centre-ville où il n’y a presque personne. Il faut faire très attention dans les comparaisons entre les villes, note le professeur.

S’il est d'accord pour dire que l’économie des villes canadiennes est encore en deçà des niveaux prépandémiques, Mario Polèse croit cependant qu’il est trop tôt pour sauter aux conclusions. Il faut laisser la poussière retomber. C’est sûr que ce ne sera pas comme avant, mais il est trop tôt pour dire que c’est la fin des centres-villes, précise M. Polèse.

Il est d’avis qu’il appartient largement aux pouvoirs publics d’agir pour assurer la survie des centres-villes. Nos villes comptent beaucoup sur l’impôt foncier comme source de revenus. Si la ville agit, ce n’est pas par gentillesse, indique M. Polèse. On va dans le centre parce que c’est le fun. Vous avez le marché By, à Ottawa, un quartier vraiment animé. Il faut davantage compter là-dessus, pas seulement la fonction bureaux.

Inversion de la réalité dans le marché By

Dominique Labelle est copropriétaire du club Lafayette, situé dans le marché By, à Ottawa, et est aussi impliqué dans la Zone d’amélioration commerciale du secteur. Elle note une inversion des réflexes des visiteurs. Auparavant, on avait besoin des magasins pour inviter les clients au marché By. Maintenant, les gens viennent parce qu’ils ont faim et soif, mais pas pour magasiner.

Dominique Labelle en entrevue à Radio-Canada.ca

L'établissement de Dominique Labelle, le Lafayette, a connu une hausse fulgurante de son achalandage depuis la levée des mesures sanitaires. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Mme Labelle dit avoir constaté une hausse de l’achalandage de son établissement depuis la levée des mesures sanitaires. Les gens aiment les expériences que tu ne peux pas acheter et ramener chez toi. Les gens sont prêts à venir et à avoir du fun, note celle qui a revu la programmation du Lafayette, notamment pour y ajouter de la musique. Mais pour les gens qui vendent de la nourriture et des vêtements, ce n’est pas la même chose. Les gens sont allés en ligne.

Dominique Labelle aimerait voir plus d’initiatives de la ville relativement au stationnement dans le secteur. On a essayé d’avoir le stationnement de 15 minutes pour les gens qui viennent ramasser [des paquets], mais même ça, la ville ne voulait pas. Je pense que le marché By, ça vaut beaucoup d’argent en stationnement.

Avec les informations de Fréderic Pepin

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