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Les crimes haineux en augmentation à Québec

Un policier se tient devant la murale.

Le Service de police de la Ville de Québec a ouvert une enquête lorsque le premier acte de vandalisme sur la fresque Black Lives Matter (la vie des Noirs compte), de l'artiste Wartin Pantois, a été signalé en août.

Photo : Radio-Canada / Hadi Hassin

Louis-Simon Lapointe

Pour une quatrième année consécutive, le nombre de crimes haineux est en hausse à Québec. Selon les données dévoilées par Statistique Canada, 76 crimes haineux ont été déclarés en 2021, soit 9 de plus que l'année précédente.

Québec figure parmi les villes canadiennes où ce type de crime est le plus présent, dépassant Calgary, Edmonton et Montréal. Le taux par 100 000 habitants se situait à 9,2 l'année dernière, ce qui est plus élevé que la moyenne canadienne de 8,8.

Le directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence, Louis Audet Gosselin, se montre circonspect.

Ça nous donne une idée générale de la situation sur le plan de ce qui est déclaré par la police, explique-t-il à Radio-Canada.

« Ça ne nous donne pas nécessairement un portrait réel, dans la mesure où on sait que la majorité des crimes haineux ne sont pas dénoncés. »

— Une citation de  Louis Audet Gosselin, directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence

Il ajoute que la police est peut-être plus sensible à cette réalité et mieux formée pour la déceler.

Une nouvelle structure au SPVQ

Depuis les événements de la mosquée de janvier 2017, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) a mis en place une nouvelle structure où les patrouilleurs ont été davantage sensibilisés à dépister les événements avec possibilités de connotations haineuses.

Dès qu’ils ont un minime doute, ils en feront mention. Lorsqu'un crime haineux est signalé, il est rapidement attitré à un enquêteur et devient prioritaire, indique le Service des communications du SPVQ.

Le Service de police dit être très proactif en matière de médiatisation des crimes à caractère haineux et invite les citoyens à dénoncer toutes situations pouvant s’apparenter à ce type d’événement.

Il ajoute être en lien avec les membres des communautés culturelles afin qu’ils partagent les incidents dont ils sont victimes.

Des tensions sociales grandissantes

Cette augmentation est aussi perceptible à l'échelle nationale. En 2018, 1817 crimes haineux ont été dénoncés au pays, comparativement à 3360 l'an dernier.

Il est clair qu'il y a une augmentation de la tension sociale de façon générale depuis deux ans et que les crimes haineux suivent l'actualité, analyse Louis Audet Gosselin. Il souligne que, s'il y a un débat qui est concentré sur une communauté spécifique, celle-ci va noter une augmentation des incidents et crimes haineux à son égard.

« Ce que des gens dans les différentes communautés culturelles, religieuses et de la diversité sexuelle nous rapportent, c'est qu'il y a un climat d'insécurité qui est plus grand. »

— Une citation de  Louis Audet Gosselin, directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence
Louis Audet Gosselin en entrevue virtuelle avec Radio-Canada.

Louis Audet Gosselin, directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence.

Photo : Radio-Canada

L'effet COVID et les réseaux sociaux

La professeure à l'Institut national de la recherche scientifique Denise Helly explique que, au Canada, un crime haineux peut être un propos haineux, soit une insulte, ou de la violence physique avec un mot qui exprime de la haine.

Elle est catégorique, il y a eu augmentation des crimes graves au Canada en 2021, c'est-à-dire qu'il y a eu une augmentation de la violence sociale.

Elle note que la COVID-19 a eu une incidence sur la hausse des crimes haineux au pays ces dernières années.

Avec la COVID, il y a eu une montée des crimes haineux, multipliée par 300 aux États-Unis, au Canada c'est un peu moins, contre toute personne qui est perçue comme provenant de l'Asie de l'Est, soit les Chinois, Japonais, Coréens, et certains ne font pas la différence avec les Vietnamiens, mentionne-t-elle. Apparemment, cet effet COVID continue.

Elle ajoute un effet structurel comme cause : Avec les algorithmes sur les médias sociaux qui poussent de plus en plus vers des positions radicales, souvent de droite, on a une multiplication de propos haineux sur le web.

Cette courbe d'augmentation n'est pas sur le point de se stabiliser, selon Denise Helly. Elle croit que tant que le gouvernement n'aura pas contrôlé par législation les plateformes quant à leur propagation de propos haineux ou misogynes, il y aura une augmentation des crimes haineux.

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