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Augmentation de 20 % des hospitalisations de cyclistes au Québec, selon une étude

La personne à vélo est entourée de voitures sur plusieurs voies.

Le nombre d'hospitalisations à la suite d'accidents de vélo est en hausse de 20 % au Québec en 2020-2021, mais les collisions avec des véhicules sont quant à elles en baisse.

Photo : getty images/istockphoto / Canetti

Radio-Canada

Le nombre d’hospitalisations en raison d’une blessure a diminué au Québec en 2020-2021, mais les hospitalisations dues à un accident de vélo ont augmenté de 20 % durant la même période, passant de 1001 à 1199, selon des données publiées par l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS).

Néanmoins, le nombre d’accidents avec des vélos a chuté de manière importante l'année dernière. Vélo Québec indique qu’en 2020, 1257 cyclistes ont été frappés par des voitures, alors qu’ils étaient 1896 en 2015. Toutefois, ces accidents n’ont pas tous nécessité une hospitalisation.

Les données de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) montrent également qu’au Québec, en 2020, 84 cyclistes ont été blessés gravement ou sont décédés lors d’une collision avec un véhicule – alors que pour les piétons, ce chiffre s'élève à 216.

Plus de cyclistes sur les routes

La pratique du vélo au Québec est plus sécuritaire qu’il y a 20 ans, indique le président-directeur général de Vélo Québec, Jean-François Rheault. En 2020, beaucoup plus de gens ont fait du vélo, et cette hausse du nombre d’usagers peut expliquer en partie le nombre plus élevé d’accidents liés aux vélos.

Vélo Québec estime que le nombre de cyclistes était de 3,5 millions au Québec en 2000, et que ce chiffre a grimpé à 4,5 millions en 2020.

M. Rheault souligne en outre que le nombre d'accidents avec des véhicules est en diminution. Les chutes peuvent aussi survenir à la suite de collisions avec d’autres cyclistes ou être de simples chutes.

Pour assurer la sécurité des cyclistes, le PDG de Vélo Québec plaide pour la construction d’aménagements cyclables sécurisés, pour séparer les vélos des véhicules, et pour l’apaisement de la vitesse des automobiles. Ce sont les deux facteurs clés, insiste M. Rheault.

Un homme donne une entrevue près d'une intersection montréalaise.

Le PDG de Vélo Québec, Jean-François Rheault

Photo : Radio-Canada

Les vélos en libre-service peuvent accroître les risques de blessures, certes, sans toutefois provoquer plus de décès ou de blessés, souligne M. Rheault. Il n’y a pas de chiffre qui indique que le vélo en libre-service pourrait être un problème. La clé réside dans les infrastructures, et non dans l'expérience des cyclistes.

Le casque peut lui aussi avoir un impact significatif sur la gravité des blessures des cyclistes. M. Rheault souligne que son port est en augmentation, que ce soit chez les adultes ou chez les jeunes, bien qu'il ne règle pas tous les problèmes.

C’est dans ce contexte qu’il affirme que les infrastructures, comme les pistes séparées des véhicules et assez larges, changent la donne.

Le nombre d'hospitalisations chez les cyclistes est en hausse au pays selon l'Institut canadien d'information sur la santé. Un phénomène qui n'est pas étranger à la popularité grandissante de cette activité physique. Reportage de Normand Grondin.

Plus d’hospitalisations de cyclistes au Canada

Au Canada, le nombre de personnes hospitalisées en raison d’un accident de vélo a lui aussi bondi, mais de 25 %, passant de 4190 à 5255.

D’après l’ICIS, les cyclistes masculins ont été davantage hospitalisés en raison d’un accident de vélo que les femmes (3744 contre 1511). Les cyclistes âgés de 18 à 64 ans subissent plus souvent des blessures que ceux de 5 à 17 ans et que ceux de 65 à 84 ans.

Les hospitalisations pour des lésions cérébrales chez les cyclistes sont aussi en hausse de 20 % au Canada, par rapport aux données de 2016-2017, passant de 646 à 776 – toutes tranches d’âge confondues.

En Ontario et en Alberta, pour la même période, de 2016 à 2020, les visites aux services d’urgence par des cyclistes qui ont eu une lésion cérébrale ont elles aussi grimpé de 20 %. L’ICIS ne dispose pas de données sur les lésions cérébrales chez les piétons ou les cyclistes québécois.

Les commotions cérébrales ont connu quant à elles un bond important dans la pratique d’activités sportives au Canada, notamment le vélo.

Augmentation du nombre de vélos à assistance électrique

Sur les aménagements cyclables, la forte demande de vélos à assistance électrique est clairement un enjeu, croit M. Rheault. Toutes les pistes cyclables ne sont pas faites pour la cohabitation, rappelle-t-il.

« Le gouvernement fédéral a transféré la responsabilité aux provinces [et] on attend toujours l’encadrement des vélos à assistance électrique. »

— Une citation de  Jean-François Rheault, PDG de Vélo Québec

Normalement, la vitesse maximum [des vélos électriques] est de 32 km/h. C’est très vite sur une piste cyclable où la vitesse moyenne va généralement tourner autour de 20 km/h, note M. Rheault.

Nous, on milite pour qu’il y ait une vitesse maximum [car] lorsqu’on a des enfants sur une piste cyclable et des vélos qui roulent à 32 km/h, c’est certainement pas compatible.

C’est la raison pour laquelle M. Rheault insiste pour dire qu’il faut des pistes plus larges, qui vont permettre une meilleure cohabitation entre tous les utilisateurs des aménagements cyclables.

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