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Patrick Chénard à nouveau libéré

Patrick Chénard menotté, escorté par une policière.

Patrick Chénard au palais de justice de Rimouski lors du prononcé de sa peine, le 15 juillet 2022 (archives).

Photo : Radio-Canada

Après avoir reçu une peine d'emprisonnement de 6 ans et 3 mois le 15 juillet dernier, l’ex-massothérapeute et kinésiologue Patrick Chénard, reconnu coupable d'agressions sexuelles, retrouve sa liberté.

La juge Suzanne Gagné a accepté la requête déposée par l’avocat de la défense, le 20 juillet dernier. Me Tristan Desjardins y demandait la libération de son client jusqu'à ce que la Cour d'appel se soit prononcée quant à son verdict de culpabilité.

Dans sa requête, Me Desjardins a fait valoir que l’ex-massothérapeute a respecté l’ensemble de ses conditions de remise en liberté pendant sa dernière libération, qui précédait le prononcé de sa peine.

Lors de l'audience qui s'est déroulée le 29 juillet, la juge Gagné a justifié sa décision en invoquant principalement deux facteurs : le fait que Patrick Chénard ait respecté jusque-là les conditions qui lui avaient été imposées, et le fait que la confiance du public dans le système de justice n'était pas susceptible d'être ébranlée par sa libération.

Elle a souligné que M. Chénard a été en liberté pendant la majeure partie du processus judiciaire. Il n’a jamais fait défaut de se présenter à la Cour et [...] il n’a pas été accusé de bris d’engagement, a affirmé la juge.

Le fait que le milieu de vie de Patrick Chénard est stable, qu’il habite avec sa conjointe depuis une dizaine d'années et que ses parents sont aussi à Rimouski a également été considéré. Dans ce contexte, l'appelant me convainc que, s'il est remis en liberté pendant l'appel, il se livrera en conformité avec les termes de l'ordonnance, peut-on lire dans le jugement.

Selon ses conditions de remise en liberté, Patrick Chénard ne peut pratiquer la massothérapie et la kinésiologie, ce qui, selon la juge Gagné, permettra de neutraliser le risque que pourrait présenter la mise en liberté du Rimouskois.

Pour l'ensemble des motifs, elle estime que la détention de M. Chénard n’est pas nécessaire dans l’intérêt du public.

L’ex-massothérapeute et kinésiologue devra cependant respecter plusieurs conditions.

Conditions de remise en liberté

  • Garder la paix, avoir une bonne conduite et être présent à la Cour lorsque requis

  • Ne pas changer d’adresse résidentielle

  • S’abstenir d'offrir ou de se livrer à des activités bénévoles ou rémunérées de massothérapie, de kinésithérapie ou de toute autre technique de massothérapie

  • Ne pas communiquer ou tenter de communiquer directement ou indirectement avec les plaignantes

  • Ne pas se trouver à moins de 50 mètres de plaignantes

  • Ne pas se trouver dans un rayon de 100 mètres du lieu de résidence des plaignantes et de leurs lieux de travail et/ou d’études

  • Ne pas quitter le Canada

Et les victimes?

Du côté des victimes, certaines d'entre elles ont l’impression de jouer au yoyo.

L’une d'elles indique qu'elle n'est pas si surprise de la nouvelle. Honnêtement, j’ai vu un numéro masqué sur mon téléphone et la première chose à laquelle j’ai pensé c’est : "Bon, le CAVAC m’appelle pour me dire qu’il est remis en liberté."

« Ça fait mal, comme nouvelle, c’est fâchant, mais c’est tellement rendu n’importe quoi que j’ai juste, à la limite, poussé un rire de découragement. »

— Une citation de  L'une des victimes de Patrick Chénard

Une autre plaignante confirme que les victimes avaient été préparées à une future libération.

Me Morneau-Deschênes nous avait rencontrées après le prononcé de la peine, pour nous dire qu’il y avait des chances que Patrick Chénard soit remis en liberté en attendant le nouveau verdict de culpabilité.

Une troisième victime se désole de la remise en liberté de son agresseur et se questionne sur l'importance qu'on accorde à la sécurité des victimes dans cette histoire. Ça fait déjà plus de quatre ans que nous, les victimes, on vit avec le stress constant de le croiser en société ou bien qu’il fasse de nouvelles victimes.

« Je suis emprisonnée depuis le jour où il m’a agressée. »

— Une citation de  Une victime de Patrick Chénard

La date de l’appel du verdict de culpabilité n’est pas encore connue, mais la juge Suzanne Gagné estime que le dossier pourra procéder rapidement.

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