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La voie rapide pour renforcer 28 suspentes du pont Pierre-Laporte

Pont Pierre-Laporte

Le reportage de Raphaël Beaumont-Drouin.

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

Le ministère des Transports a pesé sur l'accélérateur en octroyant un contrat d'urgence de 8 millions de dollars, sans appel d'offres, pour des travaux sur 28 suspentes du pont Pierre-Laporte.

L'entreprise de génie civil Pomerleau a obtenu ce contrat de gré à gré afin de consolider des suspentes jugées plus critiques.

Au total, 40 suspentes seront consolidées ou carrément remplacées en 2022, selon le porte-parole du ministère des Transports, Nicolas Vigneault.

Par ce contrat-là, 28 suspentes plus critiques seront solidifiées. Pour les autres suspentes qui doivent être remplacées, un contrat a été accordé en juin à Stellaire Construction, affirme-t-il.

Stellaire doit remplacer une vingtaine de suspentes d'ici trois ans, dont quelques-unes dès cette année.

« Il y a certaines suspentes qui vont être remplacées en 2022. Combien exactement? On est à la phase de planification de ces travaux-là, qui auront lieu à l'automne. D'ici là, certaines suspentes seront consolidées. »

— Une citation de  Nicolas Vigneault, porte-parole du ministère des Transports

Un pont sécuritaire

Même si les décisions sont prises rapidement, le porte-parole assure que le pont est sécuritaire.

Les suspentes et leur état ne compromettent en rien la sécurité du pont Pierre-Laporte. Ce pont-là est tout à fait sécuritaire et les usagers peuvent y circuler sans aucun problème, insiste-t-il.

Nicolas Vigneault avec les ponts de Québec derrière lui.

Nicolas Vigneault, relationniste de presse pour le ministère des Transports

Photo : Radio-Canada

M. Vigneault pense que la grève des ingénieurs du gouvernement du Québec a forcé le ministère à contourner l'appel d'offres traditionnel, afin de réduire les délais du chantier sur le pont, considéré comme un service essentiel.

Une affirmation que rejette l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec même si elle reconnaît l'urgence de la situation.

Le remplacement des suspentes était déjà prévu. Les travaux octroyés d'urgence à Pomerleau auraient dû être octroyés d'urgence l'automne passé, déplore Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association. On a pas mal poussé de notre côté pour que les travaux se fassent en urgence.

« Les services essentiels ont été signés en juillet 2021 et, à l'époque, le remplacement des suspentes du pont n'avait jamais été prévu, n'avait jamais été négocié. C'est juste ce printemps qu'il y a eu des discussions à ce sujet et le ministère ne savait même pas ce qu'il devait demander comme services essentiels. C'est nous qui avons dû plancher pour dire quels étaient les besoins du côté du MTQ. »

— Une citation de  Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec
Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec.

Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec

Photo : Radio-Canada

Les 12 travaux d'Astérix

M. Guyaz compare par ailleurs la gestion du dossier du pont à la maison des fous dans la bande dessinée Les 12 travaux d'Astérix.

Le mandat du ministère des Transports, c'est de s'assurer que le réseau routier [est en bon état], donc ça implique nécessairement le suivi de différentes structures, dont évidemment le pont pierre-Laporte, qui est une structure primordiale au Québec, souligne le porte-parole syndical, qui espère un dénouement du conflit dès aujourd'hui.

« On a une entente de principe. Le résultat du vote chez [les syndiqués] va sortir en fin de journée. Si un mois de grève a fait ça sur le pont Pierre-Laporte, on n'imagine pas la suite si le conflit devait perdurer.  »

— Une citation de  Andy Guyaz, secrétaire-trésorier de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec
Une page tirée d'un rapport.

On peut apercevoir des fils visibles d'acier qui sont cassés à la page 43 du rapport du MTQ.

Photo : Radio-Canada

Les perdants, les contribuables

Les contribuables sont les grands perdants à la suite d'un recours aux travaux d'urgence, estime Danielle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l'Université du Québec à Montréal (UQAM).

« Comme il n'y a pas de concurrence dans ce processus-là, qui est exceptionnel, les travaux coûtent plus cher que s'il y avait eu de la concurrence dans la procédure normale. »

— Une citation de  Danielle Pilette, professeure associée au Département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l'UQAM

Dans le cas du pont, l'impact sur le prix risque d'être négligeable, nuance-t-elle, ajoutant que peu d'entreprises ont les connaissances et l'expertise nécessaire pour procéder à des travaux aussi complexes.

Rapport troublant

Rappelons qu’en juin dernier, Radio-Canada avait dévoilé l’existence d’un rapport concluant que toutes les suspentes de l'infrastructure devaient être remplacées le plus rapidement possible parce que leur capacité portante était considérablement réduite en raison de leur âge.

Au cours des 5 dernières années, plus de 95 millions de dollars ont été dépensés pour l'entretien et l'inspection du pont.

Des dizaines, voire des centaines, de millions de dollars devront être investies pour assurer la pérennité du pont au cours des prochaines années, admet Nicolas Vigneault.

Compte tenu de l'ampleur des travaux, le ministère a décidé de les confier à son équipe des grands projets.

Environ 125 000 véhicules circulent sur le pont Pierre-Laporte chaque jour.

Avec la collaboration de Marie-Pier Mercier

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