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Six personnes se retrouvent sans logement avec la fin de l’hébergement d’urgence

Sur un balcon est apposée une affiche déchirée de logement à louer.

Six personnes n'ont toujours pas trouvé de logement depuis le 1er juillet.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Radio-Canada

Un mois après le 1er juillet, la Ville de Sherbrooke cesse l'hébergement d'urgence pour une partie des bénéficiaires.

L'hébergement d'urgence sert aux personnes n'ayant pas trouvé de logement au 1er juillet et qui sont en recherche active. Pour six ménages ayant signé un bail, mais qui emménageront seulement le mois prochain, cette aide est reconduite.

Par contre, pour six personnes qui n'ont pas trouvé de bail à signer, l'aide se termine mardi. C'est le cas de Daniel Mathieu, à l'hôtel depuis un mois, qui visite de nombreux logements, sans trouver chaussure à son pied.

Depuis 18 ans que j'ai des loyers, c'est la première fois que je ne suis pas capable d'en trouver un, soutient l'homme.

Le problème est qu'il ne trouve pas de logement dans ses prix, ce qu'il trouve difficile.

« Ceux qui conviendraient à mes finances, les propriétaires préfèrent les louer aux étudiants. Donc, il faut attendre que la session soit commencée s'il en reste de disponibles. Ça nuit un petit peu au bon fonctionnement. Même dans l'ordinaire, c'est très dur de trouver des logements de libres. Il n'y en a pas beaucoup cette année. »

— Une citation de  Daniel Mathieu.

Daniel bénéficie de l'aide sociale, et n'est plus en mesure de travailler une journée complète. Je travaillais dans une shop de sablage et probablement que je me suis déplacé un nerf. J'ai la moitié de la main et du bras engourdi et le pied droit aussi [...]. Moi, je suis mécanicien, j'ai essayé de faire des jobines. Je ne suis pas capable de faire la journée longue. Je vais réparer une auto, au bout d'une heure ou deux, des tremblements et plus de force, explique-t-il.

La Ville de Sherbrooke a demandé aux personnes de trouver des solutions pour être hébergés ailleurs. Ils disent qu'ils n'ont pas les moyens de continuer à financer cela pour le petit peu de personnes, parce que quand même, ils payent assez cher, explique Daniel Mathieu, qui s'est renseigné pour connaître les prix s'il souhaitait rester. Si je voulais garder la chambre, ça me coûte 129 $ par jour.

Daniel Mathieu a eu la chance d'avoir un ami lui proposant une chambre pour le dépanner le temps qu'il trouve un logement.

« Je continue à chercher des logements, à faire des visites. J'ai un ami qui me prêterait une chambre temporairement pour pas que je sois à la rue avec mon chat, donc ça aide un petit peu au moral de se dire au moins on peut compter sur quelqu'un. »

— Une citation de  Daniel Mathieu

Des difficultés à trouver un logement

Plusieurs personnes ne trouvant pas de logement ont des problèmes de santé, ou encore des problèmes financiers ou un dossier criminel. L'Association des locataires de Sherbrooke soutient que, pour ces personnes, il est encore plus difficile de se trouver un logement.

C'est une journée difficile pour l'Association des locataires, puisque c'est la première fois depuis 2003 qu'elle ne réussit pas à placer tous les gens qui bénéficient de l'hébergement d'urgence.

Ça montre aussi que la crise du logement ne s'approfondit pas juste en termes de nombre de personnes de liste d'attente à l'Office municipal, déclare le porte-parole de l'Association des locataires, Mario Mercier. Elle s'élargit aussi parce que le marché est plus fermé qu'il ne l'était l'année passée et probablement moins encore que l'année prochaine.

Mario Mercier déplore le fait qu'il soit aussi difficile de trouver un logement. Il faut avoir une vie exemplaire sans revers de fortune, sans loyer, sans cotisation qui retarde, croit-il. Il ne faut finalement pas avoir de problème pour pouvoir trouver un logement. C'est devenu un privilège. C'est ça qu'on dénonce aujourd'hui.

« C'est devenu un privilège le logement, alors que ça devrait être un droit social, ça devrait être un bien social. Il faut rester quelque part, ce n'est pas possible. On ne peut pas organiser sa vie dans une tente sur le bord de la rivière ou chez un ami. »

— Une citation de  Mario Mercier, porte-parole de l'Association des locataires de Sherbrooke

Le porte-parole de l'Association des locataires soutient que les propriétaires font une étude exhaustive dès qu'ils ont une demande pour un logement, ce qui empêche de nombreuses personnes d'avoir accès à un logement.

Le marché privé se ferme complètement, et l'impact de cela, c'est qu'il va y avoir une augmentation très, très rapide à Sherbrooke de l'itinérance, estime Mario Mercier. Ces gens qui sont sur le bord risquent d'être poussés vers la rue complètement.

Mario Mercier déplore aussi qu'une fois sorties de l'hébergement d'urgence les personnes aient moins de contacts avec l'Association des locataires. Cela fait en sorte qu'il est plus compliqué pour l'Association d'effectuer un suivi et d'aider les personnes à trouver un logement.

Avec les informations d'Arianne Béland

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