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L’abolition de l’esclavage dans l’Empire britannique commémorée à Halifax

Une affiche sur laquelle il est écrit Emancipation Day.

La Journée de l'émancipation a été soulignée à Halifax.

Photo : Radio-Canada / Victoria Welland/CBC

Radio-Canada

Des politiciens et des dignitaires se sont réunis à Halifax lundi pour commémorer le Jour de l'émancipation, l'anniversaire de la décision du Parlement britannique d'abolir l'esclavage dans tout son empire en 1834.

Discours et performances musicales étaient au rendez-vous.

Aujourd'hui, nous pouvons célébrer notre force et notre détermination qui nous ont permis de surmonter cette adversité. C'est aussi le moment de nous rappeler de la douleur et des difficultés que nous avons endurées en raison de l'esclavage, a déclaré Russell Grosse, directeur général du Black Cultural Centre for Nova Scotia.

Le ministre fédéral du Logement et de la Diversité et de l’Inclusion, Ahmed Hussen ainsi que des politiciens de la Nouvelle-Écosse et des leaders de la communauté afro-néo-écossaise se sont aussi exprimés.

Pat Dunn, ministre néo-écossais responsable des Affaires afro-néo-écossaises, affirme qu'il n'a pas toujours été pleinement reconnu que les personnes d'ascendance africaine étaient réduites à l'esclavage en Nouvelle-Écosse.

Russell Grosse, Pat Dunn, Louise Delisle et deux autres personnes devant une affiche.

Les personnes qui ont prononcé un discours comprennent Russell Grosse (à gauche), Pat Dunn (deuxième à partir de la gauche) et Louise Delisle (quatrième à partir de la gauche).

Photo : Radio-Canada / Victoria Welland/CBC

C'est à l'activiste et aînée afro-néo-écossaise qu'est revenu le mot de la fin. L'esclavage de nos ancêtres africains était démoralisant, déshumanisant et brutal, dès le moment où on les a retirés de leurs maisons en Afrique, a-t-elle déclaré. Selon elle, cette journée a pour but de reconnaître la réalité.

Selon certaines estimations, plus de 15 millions de femmes, d'hommes et d'enfants africains ont été victimes de la traite transatlantique des esclaves.

Il y avait environ 400 Noirs réduits à l'esclavage parmi les quelque 3000 habitants d'Halifax en 1750.

La loi sur l'abolition de l'esclavage, qui est entrée en vigueur le 1er août 1834, aurait libéré environ 800 000 esclaves d'ascendance africaine dans toutes les colonies britanniques.

Le gouvernement fédéral a désigné le 1er août comme Jour de l'émancipation en mars 2021, et le gouvernement de la Nouvelle-Écosse a fait de même un mois plus tard.

Une première au Nouveau-Brunswick et à l'Île-du-Prince-Édouard

Les deux autres provinces maritimes soulignaient pour la première fois cette journée, contrairement à la Nouvelle-Écosse.

À Charlottetown, levée du drapeau, danses, performances musicales, discussions et discours ont fait partie du programme en virtuel et en présentiel.

Au Nouveau-Brunswick, les leaders des communautés noires et les élus se sont rencontrés à Fredericton en après-midi.

En soirée à Moncton, des activités de la Journée de réflexion sur la décennie internationale des personnes d'ascendance africaine du Nouveau-Brunswick ont lieu à l'Hôtel Delta Beauséjour. L'un des invités est le Dr Fernand de Varennes, rapporteur spécial des Nations unies sur les questions relatives aux minorités.

Une demande d'excuses

Le Jour de l'émancipation ne signifie rien si le gouvernement fédéral n'offre pas ses excuses pour l'esclavage, soutient l'historienne Elise Harding-Davis.

L'ancienne conservatrice du musée Freedom d'Amherstburg, en Ontario, considère que la proclamation est une forme de reconnaissance des torts causés aux Noirs du Canada par l'esclavage et ses effets secondaires.

La professeure Harding-Davis dit que des excuses officielles permettraient aussi de saluer la contribution des Noirs à l'histoire du pays.

Une femme avec un manteau d'automne et des lunettes fumées pose dignement devant la caméra.

L'historienne locale Elise Harding-Davis a consacré sa vie à la préservation de ces cimetières.

Photo : Radio-Canada / CBC/Meg Roberts

C'est un avis que partage Mamadou Oury Diallo, le président du Conseil provincial des personnes d'ascendance africaine au Nouveau-Brunswick.

Nous pensons qu'on ne doit pas seulement se limiter à reconnaître. On veut des excuses. Au-delà des excuses, nous voulons des actions justement pour nos communautés, dit-il.

Ce dernier demande aussi une meilleure représentation des communautés noires en politique ainsi que des investissements plus importants pour les appuyer.

À cette demande d'excuses, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré par écrit : Malgré l’abolition de l’esclavage il y a près de deux siècles, ses effets perdurent de nos jours. L’héritage du racisme systémique envers les communautés noires reste ancré dans notre société, y compris dans nos institutions.

Avec des informations de La Presse canadienne, de Sarah Déry et de Victoria Welland, de CBC

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