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Ottawa injecte 17,9 millions de dollars pour accroître le dépistage du VIH au Canada

Discret, rapide, facile à effectuer chez soi… L'autodépistage du VIH deviendra plus accessible au Canada, où des milliers de personnes vivent avec le virus de l'immunodéficience humaine sans le savoir; un facteur qui contribue à la transmission continue.

Un homme effectue un test rapide de dépistage du VIH.

En 2020, Santé Canada a autorisé l’utilisation de la première trousse de tests d’autodépistage du VIH.

Photo : Getty Images / Claudio Reyes / AFP

À l’avant-dernier jour de la Conférence internationale sur le sida, le ministre fédéral de la Santé, Jean-Yves Duclos, a annoncé un budget de 17,9 millions de dollars destiné à la distribution ciblée de trousses d’autotests du VIH, ainsi qu’à d’autres méthodes de dépistage, dans l'espoir d'en faciliter l'accès et l'utilisation.

La pandémie de COVID-19 a montré les atouts des tests à faire chez soi, fait valoir l’Agence de la santé publique du Canada, qui en reconnaît la grande utilité auprès des communautés éloignées, où l’accès au dépistage est plus complexe.

L'Agence évoque des obstacles systémiques comme freins au dépistage, en citant notamment la stigmatisation et la discrimination vécues dans les établissements de soins de santé.

C'est vrai pour les communautés autochtones, les communautés éloignées, celles qui sont racialisées, a cité le ministre Duclos en exemple, lors d'un point de presse qui s'est tenu lundi après-midi à Montréal.

Ces communautés devraient donc bénéficier d'un meilleur accès aux trousses de dépistage, car c'est là que les résultats individuels et collectifs sont les plus importants, a justifié M. Duclos sans toutefois pouvoir chiffrer le nombre de trousses que ces nouveaux investissements représentent.

Également invité à s'exprimer lors du point de presse, le directeur général de COCQ-SIDA a indiqué qu'une trousse de dépistage du VIH coûtait présentement 35 $ au Canada, plus les frais d'expédition. Une seule entreprise les fournit et l'arrivée de nouveaux joueurs pourrait améliorer la quantité disponible, a soutenu Harpreet Kochhar, le président de l'Agence de la santé publique du Canada.

« L’option de dépistage à proximité de chez soi est essentielle pour assurer un accès équitable au dépistage et combler le manque de capacité en la matière dans les collectivités éloignées. »

— Une citation de  Agence de la santé publique du Canada

Les organismes communautaires déjà engagés dans l'attribution de trousses d'autotests du VIH depuis leur approbation en 2020 en distribueront de nouvelles à plus grande échelle, notamment auprès des populations touchées par le VIH, grâce à un financement de 8 millions de dollars.

Le Canada investira également 9,9 millions de dollars pour appuyer les travaux du Laboratoire national de microbiologie à Winnipeg, a ajouté le ministre de la Santé.

Les taux d'incidence du VIH sont 60 fois plus élevés chez les personnes qui s'injectent des drogues, environ 40 fois plus élevés chez « les hommes homosexuels, bisexuels et autres hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes sexuellement actifs », et presque quatre fois plus élevés au sein des populations autochtones, selon les données de l'Agence de la santé publique en 2020.

Objectif 2030

Quelque 63 000 personnes vivent avec le VIH au Canada, dont 10 % n’ont pas reçu de diagnostic, évalue l’agence fédérale responsable de la santé publique.

« Le taux de VIH au Canada reste élevé. »

— Une citation de  Jean-Yves Duclos, ministre fédéral de la Santé

En 2021, une étude observationnelle financée par le Réseau ontarien de traitement du VIH mentionnait les différents freins aux méthodes actuelles de dépistage : peur des résultats, préoccupations concernant la confidentialité, ou encore stigmatisation et réticences au dépistage, entre autres.

Le Canada s'est engagé à atteindre l’objectif mondial d’éradication du VIH et du sida en tant que menaces pour la santé publique d’ici 2030.

Dans le cadre des cibles 95-95-95 du Programme commun des Nations unies sur le VIH/sida, le gouvernement canadien doit contribuer à ce que 95 % des personnes vivant au Canada avec le VIH soient au courant de leur situation, que 95 % des personnes chez qui l’infection a été diagnostiquée reçoivent un traitement antirétroviral et que 95 % des personnes traitées voient leur charge virale supprimée.

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