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Guatemala : arrestation d’un journaliste critique du gouvernement

Un portrait de José Rubén Zamora.

José Rubén Zamora, fondateur et président du journal El Periódico, a été placé en détention sur la base d'accusations de blanchiment d'argent et de chantage par les autorités guatémaltèques.

Photo : Reuters / LUIS ECHEVERRIA

Agence France-Presse

Une centaine de journalistes ont manifesté samedi au lendemain de l'arrestation de José Rubén Zamora, fondateur du quotidien El Periódico, très critique envers le président Alejandro Giamattei et la procureure générale Consuelo Porras.

M. Zamora a été arrêté vendredi à son domicile dans le sud de la capitale dans le cadre d'une enquête pour blanchiment d'argent, a déclaré Juan Luis Pantaleón, porte-parole du Bureau du procureur du Guatemala.

Il a été arrêté dans le contexte d'un cas potentiel de blanchiment d'argent. C'est lié non pas à son travail de journaliste mais en tant qu'homme d'affaires, a-t-il assuré.

La police et les procureurs ont perquisitionné le siège du journal, la rédaction y voyant des représailles après des articles qui accusaient le gouvernement et Mme Porras de corruption. La procureure générale Consuelo Porras a mis à exécution les menaces proférées à l'encontre du président d'El Periódico. Ils ne nous feront pas taire, a réagi le journal sur ses comptes de réseaux sociaux après l'arrestation.

Dans son édition de samedi, le journal a accusé le président Giamattei d'être à l'origine de l'arrestation.

Une centaine de collègues de M. Zamora, auxquels il a annoncé entamer une grève de la faim, ont manifesté samedi devant le tribunal, rejoints par d'autres confrères. Les pancartes brandies dans le rassemblement proclamaient Sans journaux, pas de démocratie ou encore On ne nous fera pas taire.

Des journalistes tiennent des pancartes pendant qu'ils participent à une manifestation de soutien à José Rubén Zamora.

Les autorités guatémaltèques détiennent le journaliste sur des allégations de blanchiment d'argent et de chantage.

Photo : Reuters / LUIS ECHEVERRIA

Durant son transfert au tribunal, M. Zamora avait indiqué qu'il se tiendrait à la disposition de la justice. J'imagine qu'il doit y avoir une conspiration, une persécution, et si c'est le cas, l'amour du Guatemala doit se payer par la prison, avait-il ajouté.

Violations des droits de la personne

En septembre dernier, l'Association interaméricaine de la presse (IAPA) avait condamné la décision de la justice guatémaltèque d'ouvrir une enquête sur El Periódico pour avoir publié un témoignage qui accusait Mme Porras de corruption.

Nous sommes à un moment très difficile. Je ne voudrais pas penser que nous sommes en train de devenir le Nicaragua 2.0, a déclaré le médiateur guatémaltèque Jordan Rodas en faisant référence aux condamnations de journalistes critiques à l'endroit du président Daniel Ortega dans le pays voisin ces dernières années.

En juin, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) a ajouté le Guatemala à la liste de pays qui connaissent de graves violations des droits de la personne. Cuba, le Venezuela et le Nicaragua figurent également sur cette liste.

Le Bureau de la procureure générale, sous la direction de Mme Porras, a été mis en cause pour avoir arrêté et poursuivi plusieurs juges et procureurs antimafia. Mme Porras a été sanctionnée par Washington et son nom figure désormais sur la liste Engel des personnalités corrompues et antidémocratiques désignées comme telles par les États-Unis.

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