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Le parcours du combattant des nouveaux arrivants pour trouver un logement à Winnipeg

Un homme et une femme noirs sont assis sur leur canapé en souriant.

Assis sur leur canapé, dans la maison qu'ils ont pu s'offrir 18 mois après leur arrivée, Femi et Omolara Aloba disent que «c'est vraiment bien» d'être installés.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Radio-Canada

Face à des propriétaires réticents, et sans antécédents de crédit au Canada, Femi et Omolara Aloba, originaires du Nigeria, ont fait l’amère expérience de la recherche d’un logement au Manitoba lorsqu’ils ont immigré au début de l’année 2020.

Pourtant, dès que le couple a obtenu l'autorisation de déménager au Canada depuis le Nigeria, il a commencé à chercher en ligne un endroit à Winnipeg où il allait pouvoir vivre avec son fils de 2 ans et son bébé à naître.

Bien préparés, Femi et Omolara Aloba disposaient d’ailleurs de suffisamment d'économies pour couvrir un an de loyer, mais ils se sont vite rendu compte que cela ne suffisait pas.

Les propriétaires voulaient des antécédents de crédit canadiens, des talons de chèque de paie canadiens et une expérience de travail canadienne ou, tout du moins, une personne au Canada se portant garante du couple.

Nous étions tellement troublés, se souvient Omolara Aloba, alors enceinte de six mois.

C'était une période où j’enchaînais les nuits blanches à me demander : OK, où allons-nous rester? ajoute la mère de famille.

Une réalité pour de nombreux nouveaux immigrés au Manitoba

C'est un problème pour toute personne nouvelle au pays, explique Codi Guenther, directeur général de New Journey Housing, qui se concentre sur les besoins de logement des nouveaux arrivants à Winnipeg.

Selon lui, aucune catégorie d'immigrés n’est épargnée. Qu'ils soient venus en tant que réfugiés, par le processus de nomination provinciale ou en tant qu’étudiants étrangers, dit-il, ces nouveaux arrivants font face aux mêmes difficultés.

Dans le cas de la famille Aloba, c’est finalement un ami qui lui a permis de trouver un logement en se portant garant d'elle. Toutefois, pour la plupart des nouveaux arrivants, la seule solution est de se loger dans un appartement bien inférieur aux attentes qu’ils s’étaient fixées.

Un homme noir qui porte des lunettes et une chemise bleue.

George Coleman, directeur d'Egroeg Training and Employment Facilitation Services, explique que l'incapacité d'accéder à ce qu'il appelle «le marché locatif formel» pousse certains étudiants vers des endroits où ils préféreraient ne pas vivre.

Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

Le recruteur d'étudiants étrangers George Coleman confirme qu’ils doivent abandonner leurs normes.

Certains étudiants arrivent dans le froid de l'hiver, que beaucoup connaissent souvent pour la première fois, et ils ne peuvent trouver que des endroits éloignés de l'école et dans des zones sans service de bus fiable, a-t-il déclaré. Bien que sûr, ce n’est pas idéal.

Et c’est un problème qui ne date pas d’hier, comme le confirme le fondateur de la Nepali Cultural Society of Manitoba (Société culturelle népalaise du Manitoba), Chitra Pradhan. Cela fait 25 ans déjà que sa femme et lui se portent garants de nombreux immigrants du Népal, car il n'y avait pas d'autre moyen pour eux de trouver une place.

D’autant plus que les propriétés où les antécédents de crédit et de location n'étaient pas requis, principalement au centre-ville de Winnipeg, sont souvent pleines de punaises de lit ou dans un quartier peu sûr, souligne-t-il.

Un processus absurde

Lors de son processus d’immigration, Femi Aloba a dû fournir des preuves de fonds à Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada pour s'installer ici.

Le montant requis par IRCC varie en fonction de la taille de la famille. Depuis le 9 juin, une famille de trois personnes immigrées dans le cadre du programme Entrée express doit avoir l'équivalent d'au moins 20 371 $.

Quelle est l'essence de la preuve de fonds, alors que cela ne fonctionne pas pour trouver un logement? s'interroge Femi Aloba.

George Coleman explique que beaucoup de ses clients seraient prêts à payer plusieurs mois de loyer à l'avance s'ils pouvaient trouver un logement.

Ils viennent avec des ressources… [pour] s'occuper du logement. Tout ce qu'ils veulent, c'est avoir la possibilité d'accéder à un logement raisonnable, dit-il.

Portrait d'Avron Charach.

Avrom Charach, porte-parole de la Professional Property Managers Association, déclare que la seule mesure qu'un propriétaire pourrait prendre maintenant pour expulser un locataire est de demander une audience pour atteinte à la sécurité.

Photo : Radio-Canada / Gary Solilak

Avrom Charach est le porte-parole de l'association des gestionnaires de propriétés, la Professional Property Managers Association of Manitoba. Il explique que l'idée de payer d'avance le loyer est une solution possible au manque d'antécédents de crédit au Canada.

Cependant, les règles provinciales interdisent aux propriétaires de demander le paiement anticipé du loyer, quelque chose que M. Charach suggère de changer.

Dans un courriel, le porte-parole du ministre provincial de l'Immigration, Jon Reyes, déclare qu'il est conscient du problème et qu'il discutera pour trouver une solution.

Le Bureau de la protection du consommateur de la province précise qu'il n’existe pas de loi obligeant un propriétaire à envisager d'autres solutions de rechange au crédit personnel.

Avec les informations d'Andrew Wildes

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