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Avec la pénurie de pilotes, les écoles d’aviation albertaines sont au bord de l’écrasement

Un avion de type Cessna 172 immatriculé C-FORE est stationné à l'aéroport de Cooking Lake, au sud-est d'Edmonton, en Alberta, en 2022.

L'augmentation des coûts et la forte demande pour des pilotes causent des maux de tête aux écoles de pilotage albertaines.

Photo : Radio-Canada / Dennis Kovtun

Radio-Canada

Les écoles de pilotage de l’Alberta peinent à se maintenir à flot à cause de l’augmentation des coûts et de la forte demande de pilotes de ligne causée par la pénurie actuelle, disent des membres de l’industrie.

Les lignes aériennes ont mis à pied de nombreux employés [durant la pandémie], ce qui a incité plusieurs pilotes à prendre leur retraite, à quitter l’industrie ou à déménager dans d’autres pays où l’aviation a plus de soutien qu’au Canada, explique Tim Perry, le président de la section canadienne du syndicat Air Line Pilots Association.

Pénurie de pilotes et d’instructeurs

La même pénurie qui suscite une forte compétition entre les grands joueurs de l’aviation commerciale pousse les écoles à la limite de l’écrasement, faute d’instructeurs et d’élèves.

Les écoles les plus éloignées des grands centres sont les plus susceptibles de disparaître en premier, selon Wayne Gouveia, le premier vice-président de l’Association du transport aérien du Canada.

Elles n’ont simplement pas le volume [d’étudiants] suffisant pour soutenir l’infrastructure requise pour continuer à opérer.

La pénurie de pilotes qui existait déjà avant la pandémie s’est accentuée lorsque le déconfinement a commencé. Lorsque l’industrie a repris son envol, il y a eu une forte demande pour de jeunes pilotes, note Tim Perry, ce qui a forcé les écoles à s’adapter.

L’école Cooking Lake Aviation, par exemple, s’est alliée avec le Collège Solomon pour offrir un programme de formation en s’appuyant sur l’idée que des pilotes diplômés ont plus de chances de réussir leur carrière.

Nous reconnaissons que la plupart des lignes aériennes ont beaucoup de considération pour les pilotes qui ont fait des études postsecondaires, explique Lawrence Lau, le directeur général de l’école.

Une formation onéreuse

L’un des grands obstacles à la volonté de futurs pilotes est le coût de la formation, qui la rend inaccessible pour plusieurs.

Le coût du carburant et des pièces de rechange des appareils utilisés est facturé aux étudiants, alors que le soutien financier offert aux élèves qui veulent obtenir une licence de pilote professionnel est limité, explique Lawrence Lau.

Le coût moyen de la formation oscille entre 70 000 $ et 80 000 $ par personne, alors que le gouvernement albertain soutient la formation jusqu’à concurrence de 45 000 $, note-t-il.

Vous n’aurez personne qui ne vient pas au minimum de la classe moyenne si vous ne levez pas les barrières [financières], lance, pour sa part, l’instructrice en chef de l’Edmonton Flying Club, Sophia Wells.

Selon Lawrence Lau, cet obstacle financier touche particulièrement les familles à faible revenu, de même que les femmes et les personnes issues de l’immigration.

Aux coûts d’exploitation des appareils, il faut ajouter la difficulté de recrutement des instructeurs, car il y a peu d’incitatifs destinés aux nouveaux pilotes pour les convaincre de devenir instructeurs après l’obtention de leur permis, explique John Green, le directeur général et vice-président de North Cariboo Air, à Calgary.

C’est inquiétant, pour nous, de voir si peu de pilotes devenir instructeurs, ce qui réduit notre capacité à former de nouveaux pilotes et, ainsi, pourvoir les postes au bas et au milieu de l’échelle, note-t-il.

Cette pénurie pourrait d’abord affecter des services spécialisés, comme ceux des ambulances aériennes et des compagnies aériennes du Grand Nord. Il y a une industrie médiane que nous risquons d’affamer, si nous ne faisons pas attention, prévient John Green.

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