•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Derecho de mai 2022 : des propriétaires d’arbres font face à des dilemmes

Un arbre complètement couché au sol.

Un arbre déraciné à la sablière Conroy.

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Si vous avez essuyé la puissante tempête (aussi appelée derecho) qui a abattu plusieurs milliers d'arbres à Ottawa en mai, il y a de fortes chances pour que vous ou quelqu'un de votre entourage ait ressenti de l'anxiété à chaque nouvelle alerte d'orage émise depuis lors.

Cathy Malcolm Edwards connaît bien ce sentiment.

Elle pense que le conifère massif qui se trouve dans la cour avant de sa maison de Carlington présente un risque sérieux de chute en cas de mauvais temps et qu'il devrait être enlevé. D’un autre côté, c'est un arbre dont elle reconnaît la contribution à l'environnement.

Une femme et un homme regardent vers la photographe.

Cathy Malcolm Edwards, à gauche, et son partenaire, Jeffrey Edwards

Photo : Radio-Canada / Kristy Nease

Elle fait ainsi partie des nombreux propriétaires coincés entre l’arbre et l’écorce, qui se retrouvent à jongler avec deux craintes contradictoires : celle que les changements climatiques soient aggravés par le manque d'arbres ou celle que les arbres qui les entourent soient maintenant plus dangereux en raison des changements climatiques, qui suscitent des conditions météorologiques de plus en plus imprévisibles.

C'est une situation très difficile, a dit Mme Malcolm Edwards lors d’une entrevue sous un grand pin au début du mois de juillet. Elle avait alors remarqué pour la première fois que celui-ci commençait à pencher, lentement mais sûrement, vers sa maison.

La Ville a statué que l'arbre était en bonne santé et qu'il ne fallait pas l'enlever. Son tronc se trouve sur la ligne de démarcation entre la partie de la pelouse qui appartient à la Ville, près de la route, et la propriété qu'elle partage avec son conjoint, Jeffrey Edwards.

Un couple devant sa maison et sous un pin.

La famille Edwards craint que cet arbre soit dangereux pour sa maison.

Photo : Radio-Canada / Kristy Nease

Cependant, il y a trois ans, l’arboriste de la Ville leur a également dit que si l'arbre tombait, ce serait au couple de nettoyer et de prendre en charge les coûts.

Ils disent se sentir coincés et sont de plus en plus inquiets après la grosse tempête du mois de mai.

Ces problèmes sont toujours rejetés sur le dos du propriétaire, soutient Devin Runge, arboriculteur certifié et propriétaire de D&D Tree Service. Il a arraché sans relâche des arbres tombés sur des maisons et sur des garages pendant des semaines après la tempête du 21 mai, qui a laissé au moins 10 morts dans son sillage.

En tant qu'arboriculteur, M. Runge connaît mieux que quiconque les bienfaits des arbres. Mais après qu’un toit a failli s'effondrer sur lui alors que son équipe retirait un arbre abîmé et après avoir vu le pire du pire en matière de dommages pendant des mois, il se dit déstabilisé.

Il conseille aux gens de se détendre au sujet de leurs arbres, mais du même coup, il tire la sonnette d'alarme.

Je dirais qu'il ne faut pas avoir peur. Il y a toujours des tempêtes, mais beaucoup de ces arbres sont en bon état. Nous avons eu un mauvais enchaînement d'événements. Les systèmes racinaires ont pu glisser hors du sol. Les arbres sont magnifiques. Ne pensez pas à ça. Assurez-vous que vous êtes assurés et continuez à profiter des arbres, leur enjoint-il.

Et puis, plus tard : Aucun arbre ne va survivre à des vents de 180 kilomètres à l’heure, peu importe la santé de l'arbre. Je ne veux pas effrayer les gens, mais c'est la réalité dans laquelle nous vivons tous, n'est-ce pas?

La Ville veut protéger et étendre son couvert d’arbres

La Ville s'efforce de protéger et d'étendre son couvert forestier pour qu'il couvre 40 % de ses terrains (contre 31 % en 2017).

Pour y parvenir, le règlement sur les arbres, récemment renforcé, exige des propriétaires qu'ils obtiennent des permis spéciaux pour abattre des arbres de 30 centimètres de diamètre à hauteur de poitrine ou plus à l'intérieur de la ceinture verte (la zone urbaine intérieure) et de 50 centimètres de diamètre à l'extérieur de la ceinture verte.

« Ces tempêtes de vent semblent persister dans le temps. Cela ne va pas s'arrêter. Alors quelle est la solution? »

— Une citation de  Devin Runge, arboriculteur certifié et propriétaire de D&D Tree Service

M. Runge a déclaré qu'il ne pense pas qu'il s'agisse d'un bon équilibre entre la protection de la propriété et la protection de l'environnement, sans pour autant proposer de solution de rechange.

Dire à quelqu'un qu'il a besoin d'un permis pour abattre un gros arbre et que s'il tombe, il va détruire toute la maison, je ne sais pas non plus si c'est la bonne chose à faire. La dévastation que j'ai vue et la façon dont elle bouleverse la vie des gens sont insensées, se désole-t-il.

Questions d'assurance

La bonne nouvelle, c'est que les polices d'assurance habitation standard couvrent les débris volants des tempêtes de vent, y compris lorsque des arbres tombent et endommagent des maisons ou des dépendances, selon Rob de Pruis, directeur national des relations avec les consommateurs et avec l'industrie du Bureau d'assurance du Canada (BAC).

Et contrairement à la croyance populaire, si un arbre de votre propriété tombe sur le terrain d'un voisin pendant une tempête de vent et cause des dommages à sa propriété, c'est son assurance habitation qui entre en jeu, pas la vôtre, indique M. de Pruis.

Dans un cas comme dans l'autre, la couverture ne peut pas vous être refusée. Vous ne serez tenu responsable que si l'arbre tombé était déjà en mauvais état et n'a pas été entretenu correctement.

C'est pourquoi il est important de faire inspecter, élaguer et traiter régulièrement les arbres pour détecter les problèmes potentiels. Si vous remarquez qu'un arbre sur votre propriété montre des signes de déclin (branches mourantes, feuilles plus petites, perte de la canopée, inclinaison soudaine ou graduelle), faites-le traiter immédiatement en faisant appel à un arboriculteur certifié et assuré pour l'inspecter, pour vous conseiller et pour entreprendre tout entretien recommandé.

Informer la ville

Si l’arbre problématique est situé sur la partie de la pelouse qui appartient à la Ville, déposez une demande auprès de celle-ci pour qu'elle l'inspecte et s'en occupe.

L’assurance automobile standard ne couvre toutefois pas les dommages causés aux véhicules par des arbres tombés. Il faut souscrire à une assurance tous risques facultative, précise M. de Pruis.

Les arbres offrent de nombreux avantages, mais ils peuvent aussi présenter des risques sérieux en cas d'intempéries. Nous devons simplement nous assurer que les gens les entretiennent correctement et qu'ils ne créent pas de situations dangereuses, poursuit l’expert.

Devin Runge souligne qu'à la suite au derecho, des propriétaires ont demandé à ce que soient coupés des arbres sains par crainte de futurs dégâts matériels.

Jason Pollard pose pour la photo.

Jason Pollard soutient que la Ville a reçu de nombreuses demandes de plantation d'arbres.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

La Ville, quant à elle, a déclaré qu'elle n'avait pas constaté d'augmentation du nombre de demandes de permis d'abattage d'arbres après la tempête.

Lorsque celles-ci se présentent, le personnel forestier évalue l'arbre et peut recommander un élagage et une surveillance régulière afin d'atténuer les inquiétudes concernant la défaillance de l'arbre, écrit Jason Pollard, gestionnaire de section du service forestier d'Ottawa, dans un courriel.

En fait, la Ville a été submergée de demandes de plantation d'arbres. Ces demandes continuent d'affluer.

Au cours des six semaines qui ont suivi la tempête, nous avons reçu environ l'équivalent de six mois de demandes de plantation d'arbres résidentiels, écrit M. Pollard.

Avec les informations de Kristy Nease, CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

En cours de chargement...