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Les victimes d’abus sexuels exigent plus que des excuses du pape

Le pape François est debout et regarde l'objectif de la caméra

Le pape François a profité de sa visite à Québec pour demander pardon aux victimes d’abus sexuels commis par des membres de l’Église catholique au Canada.

Photo : Radio-Canada / Olivia Laperrière-Roy

Les excuses présentées par le pape François aux personnes ayant été agressées sexuellement par des membres de l’Église catholique au Canada n’auront de valeur que si elles sont suivies par des actions concrètes, préviennent des victimes.

Elles invitent le chef du Saint-Siège à passer de la parole aux gestes en ordonnant aux communautés religieuses et aux diocèses visés par des recours collectifs de conclure des règlements à l’amiable avec les plaignants.

J'ose espérer qu'il va dire à ces communautés religieuses : "je suis tanné d'entendre parler de ça" et, si c'est le cas, bien tout ça peut se régler rapidement, puis on va tous passer à autre chose, confie en entrevue à Radio-Canada le porte-parole des victimes des religieux de la Congrégation de Sainte-Croix, Sébastien Richard.

Victimes âgées

S’il est convaincu d’obtenir gain de cause dans le deuxième recours collectif intenté contre la communauté religieuse, M. Richard craint que plusieurs victimes décèdent avant d’avoir obtenu réparation.

En ce moment, la moyenne d'âge des victimes est de 85 ans et ça fait 10 ans que les procédures traînent, souligne-t-il.

Sébastien Richard accorde une entrevue à l’intérieur d’une salle de classe.

Sébastien Richard affirme que les excuses du pape doivent se traduire par des actions concrètes (archives).

Photo : Radio-Canada

Le porte-parole explique que pour être vraiment libérées, les victimes d’abus sexuels doivent constater que plus rien ne les retient à leur agresseur. Une paix d’esprit impossible à obtenir tant que les recours devant les tribunaux ne sont pas réglés.

« Au-delà des excuses, c'est le chef de l'Église qui doit être conséquent avec ses propres propos, et s'il l'est, ça signifie que cette directive-là va venir. »

— Une citation de  Sébastien Richard, porte-parole des victimes des religieux de la Congrégation de Sainte-Croix

En demandant pardon jeudi aux victimes d’abus sexuels commis par des membres de l’Église, le pape François a appelé le clergé canadien à entreprendre des actions fortes et à mener un combat irréversible contre le fléau des abus.

La sortie du souverain pontife n’a pas réussi à apaiser ni à soulager Pierre Bolduc, l’un des deux hommes à l’origine de l’action collective intentée contre le diocèse de Québec au nom de victimes confirmées et présumées d’agressions sexuelles perpétrées par ses membres.

Je demande à voir

Celui qui s’est battu durant de nombreuses années pour obtenir l’abolition du délai de prescription en matière d’abus sexuels au Québec refuse de se bercer d’illusions.

Je demande à voir, je ne me fais plus d'idées là-dessus. Quand j'aurai des gestes concrets, là, je pourrai croire à quelque chose. Avant ça, là, je suis très sceptique, admet M. Bolduc, qui affirme avoir été agressé sexuellement par un prêtre du diocèse de Québec dans les années 1960, lorsqu’il était adolescent.

Pierre Bolduc accorde une entrevue à l'extérieur.

Pierre Bolduc se montre sceptique face aux excuses formulées par le pape François (archives).

Photo : Radio-Canada

Si certains prédateurs ont été jugés au criminel pour leurs gestes, leur hiérarchie n’a pas eu à rendre de comptes jusqu’ici, déplore Pierre Bolduc. C’est le cas, poursuit-il, des supérieurs de son présumé agresseur.

Ses patrons, ils étaient au courant [de ses agissements], puis ils le déplaçaient dans une autre paroisse. C'est eux autres, les vrais coupables, dénonce M. Bolduc.

Pour démonter sa sincérité, le pape devrait, selon lui, permettre aux victimes d’abus sexuels d’accéder aux archives de l’Église, une demande maintes fois formulée, mais restée lettre morte.

Avec des informations de Flavie Sauvageau

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