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Prix des aliments : le pire serait derrière nous, selon un expert

Une femme choisit ses légumes dans une allée d'épicerie. Elle porte un masque.

Dans la dernière année, les consommateurs n'ont pu que constater la hausse importante du prix de la nourriture.

Photo : Getty Images / ISTOCK / zoranm

Après avoir atteint près de 10 % en un an, l’inflation sur les denrées alimentaires devrait être moins importante au cours des prochains mois, selon un expert du domaine, l'économiste Sylvain Charlebois. Les prix de certains aliments continuent à augmenter, alors que d’autres se stabilisent ou même diminuent, croit-il.

Entre juin 2021 et juin 2022, le prix des aliments a augmenté de 8,8 % au pays, selon Statistique Canada (Nouvelle fenêtre). De mai 2021 à mai 2022, la hausse a également été de 8,8 % (Nouvelle fenêtre).

Du répit à prévoir pour les consommateurs?

La poussée inflationniste dans l’alimentation commencerait à s’essouffler, selon Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire de l’Université Dalhousie, à Halifax. Il prédit que plusieurs éléments entraîneront une réduction de l’inflation.

Les effets de la pandémie devraient continuer à s'atténuer, à son avis : L’essentiel des mesures liées à la COVID sont probablement derrière nous, les mesures en ce qui a trait à la logistique, ce qui pourrait influencer l’efficacité des chaînes, alors c’est plus facile pour les entreprises de planifier.

Photo de Sylvain Charlebois en gros plan dans un espace public.

Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire, à l'Université Dalhousie, à Halifax, dit que les taux d'inflation dans le secteur alimentaire devraient continuer à baisser.

Photo : Radio-Canada / Lyza Sale

De plus, le prix des produits de base diminue. Pour ce qui est de l’ensemble des denrées, le blé, l’orge, le tournesol, le soya, c’est tout à la baisse, donc ça exerce moins de pression sur la transformation. Le coût des intrants est maîtrisé et le coût énergétique est aussi en baisse, remarque Sylvain Charlebois.

« On s’attend à ce que le taux d’inflation alimentaire continue de diminuer. »

— Une citation de  Sylvain Charlebois, directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire, Université Dalhousie

Selon l’économiste, le pire serait derrière nous : On croit que le taux d’inflation de 9,7 % qu’on a vu au mois de mai était le sommet.

On peut s’attendre à revoir davantage de rabais

Au cours des derniers mois, les rabais à l’épicerie se sont faits de plus en plus rares, mais cela pourrait changer.

On permet à l’industrie de planifier et d’offrir potentiellement des rabais, des produits en promotion, des produits de rappel, des choses qu’on n'a pas vues beaucoup depuis deux, trois ans, dit Sylvain Charlebois.

Le directeur du Laboratoire en science analytique agroalimentaire souligne aussi que certains produits sont maintenant moins chers qu’il y a six mois. Le poulet et le porc sont moins chers qu’en décembre. [...] Il y a quand même de quoi se réjouir. On voit que les choses sont plus stables, que certains produits sont moins chers qu’en décembre, note-t-il.

Toutefois, les prix de certaines denrées, celui des produits laitiers en particulier, continueront d’augmenter. Et pour bien des aliments, les prix restent tout de même de 10 % plus élevés que l’an dernier.

Dans ce contexte, les consommateurs changent leurs habitudes. On va visiter des magasins à rabais, on va même visiter des magasins du dollar. D’ailleurs, les ventes alimentaires dans les magasins du dollar ont augmenté de 18 % depuis avril, selon Nelson IQ, alors on le voit, le consommateur se déplace, change de stratégie pour épargner le plus possible.

Pour plusieurs, il est toujours très difficile de joindre les deux bouts

Même s’il y a diminution de l’inflation dans l’alimentation, la situation reste précaire pour plusieurs ménages, qui n’ont jamais réussi à récupérer le pouvoir d’achat perdu depuis un an. C’est ce que constate Gabrielle Ross-Marquette, coprésidente syndicale du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick.

Comme on le voit, l'inflation, même si elle se stabilise, a un très grand impact sur les personnes qui sont les plus démunies dans notre société, déplore-t-elle.

C’est que, pour plusieurs, les revenus n’ont pas suivi l’inflation : Le problème qui vient avec ça, c’est que la plupart des revenus des familles et des individus n'ont pas une hausse équivalente, donc les gens ont vraiment de la difficulté à joindre les deux bouts.

Gabrielle Ross-Marquette devant son bureau.

Gabrielle Ross-Marquette, coprésidente syndicale du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, dit que les ménages sont loin d'avoir absorbé l'inflation des 12 derniers mois.

Photo : Gracieuseté de Gabrielle Ross-Marquette

Plusieurs prévoient d’ailleurs une inflation générale autour de 5 % pour l’an prochain et de 4 % pour 2024. Même si c’est loin du 10 % qui a été atteint en un an, cela représente un sérieux défi pour certains.

Ça, c’est encore probablement une perte de salaire ou de revenu réel pour les familles et les individus qui sont à plus faible revenu, soutient Gabrielle Ross-Marquette.

Selon elle, les gouvernements devraient mieux réglementer le secteur alimentaire. Il faudrait, estime-t-elle, adopter des règlements pour établir jusqu’à quel point les multinationales qui fournissent de la nourriture peuvent faire du profit sur les aliments. Si on avait des règlements là-dessus, une politique là-dessus, ça pourrait alléger le fardeau des individus.

La porte-parole du Front commun pour la justice sociale croit aussi que les gouvernements devraient offrir certains de leurs services gratuitement afin d'aider les ménages qui en arrachent. Elle cite en exemple le transport en commun. Elle souhaiterait aussi que la province impose un plafond sur les loyers plus bas que celui de 3,8 % qui est en vigueur jusqu’au 31 décembre, ainsi qu’une augmentation plus importante du salaire minimum.

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