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50 ans de la Cinémathèque de Vancouver : une affaire de passionnés

Les mots «The Cinematheque» écrits sur une devanture de cinéma vitrée.

La Cinémathèque de Vancouver fête ses 50 ans cette année.

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Depuis 50 ans, la Cinémathèque de Vancouver se consacre à la projection, à la conservation et à la mise en valeur du patrimoine cinématographique d'ici et d'ailleurs.

C'est le 2 août 1972 que cette établissement, aujourd'hui bien ancré dans le paysage culturel vancouvérois, a vu le jour.

« C’est un magnifique moment de réflexion et de célébration. »

— Une citation de  Kate Ladyshewsky, directrice générale de la Cinémathèque de Vancouver
Une femme et un homme rient devant un panneau sur lequel est indiqué «cinéma».

La directrice générale de la Cinémathèque, Kate Ladyshewsky, aux côtés du directeur artistique, Shaun Inouye.

Photo : Lindsay Inouye

Considérée comme l’un des lieux consacrés au film les plus anciens du Canada, la Cinémathèque a toujours comme mandat de projeter et d'archiver des œuvres cinématographiques, en plus de miser sur des projets pédagogiques sur le septième art.

Reconnu pour sa programmation diversifiée, ses rétrospectives, ses volets spéciaux et ses causeries, l'endroit, appelé Pacific Cinematheque jusqu’en 2012, possède une salle de 157 places dans laquelle il tient plus de 500 projections par an.

Salle de cinéma avec des gens assis et debout.

La salle de projection de la Cinémathèque de Vancouver compte 157 places.

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Nous sommes une institution culturelle, mais aussi éducative, qui cherche à stimuler notre communauté, dit Kate Ladyshewsky. On le fait par le biais de projections, mais aussi par l'entremise de programmes éducatifs.

La directrice poursuit en expliquant qu’une équipe d’éducateurs travaille dans les écoles et dans la communauté à l’année. Il y a un camp jeunesse de création de films qui se déroule au moment même où on se parle! s’exclame la directrice.

Au cœur du mouvement avant-gardiste

La Cinémathèque de Vancouver a été créée au début des années 70, à une époque où la côte ouest canadienne était considérée comme un milieu bouillonnant de création artistique.

Une entrée de salle de cinéma avec des affiches encadrées sur le mur et des bicyclettes attachées à un parc à vélo.

L'entrée emblématique de la Cinémathèque de Vancouver

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Il y avait de nombreux artistes avant-gardistes à Vancouver qui souhaitaient montrer leur travail et célébrer l’art cinématographique à cette époque-là. C’est dans ce contexte que la Cinémathèque a vu le jour, explique Kate Ladyshewsky.

Le cinéaste d’avant-garde Kirk Tougas, le critique de cinéma Tony Reif et l’artiste multidisciplinaire de renommée internationale Jeff Wall ont tour à tour assuré la programmation de l’organisme avant l’arrivée de Jim Sinclair en 1991. Ce dernier y a assuré la direction générale et artistique de l'établissement pendant 35 ans.

Photo en noir et blanc d'un homme aux cheveux longs qui sourit.

Jim Sinclair dans la salle de projection de la Cinémathèque de Vancouver en 1992

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Il a laissé une marque indélébile, dit Kate Ladyshewsky, qui a remplacé Jim Sinclair à titre de directrice générale en mars 2022.

« La richesse de sa programmation a contribué au succès et à la reconnaissance internationale de la Cinémathèque de Vancouver. »

— Une citation de  Kate Ladyshewsky, directrice générale de la Cinémathèque de Vancouver

Une mémoire préservée

Comme son nom l’indique, la Cinémathèque agit également comme lieu de préservation du patrimoine cinématographique.

L’organisme abrite une bibliothèque regroupant des milliers de publications accessibles au public pour consultation ainsi qu'une collection de plus de 2000 films.

De nombreux livres sur deux étagères.

Il est possible de consulter des livres, le magazine «Les cahiers du cinéma» et d'anciennes brochures à la bibliothèque de la Cinémathèque de Vancouver.

Photo : Image fournie par The Cinematheque

On trouve surtout des films 16 mm d’avant-garde réalisés à Vancouver dans les années 70, préciseKate Ladyshewsky. Mais on a aussi des films de l’ONF [Office national du film du Canada] et des films de Charlie Chaplin et Sergueï Eisenstein; des films qu’on projette encore.

La chroniqueuse cinéma Charlotte Cavalié, qui a été bénévole à la Cinémathèque pendant un an, a eu la chance de travailler dans cette salle d’archives.

Un projecteur de films.

Malgré son virage numérique, il arrive que la Cinémathèque projette encore des films 16 mm et 35 mm.

Photo : Silmara Albi

C’était une expérience très intéressante, car j’ai pu manipuler les films sur pellicule 16 mm et 35 mm. On devait les transférer dans de nouvelles boîtes protectrices [au pH neutre] pour éviter qu’ils se dégradent, explique-t-elle.

« C’était vraiment pour moi la meilleure entrée pour connaître l’histoire du cinéma canadien. »

— Une citation de  Charlotte Cavalié, chroniqueuse cinéma et ancienne bénévole à la Cinémathèque

Charlotte Cavalié, qui a aussi travaillé dans le domaine des bibliothèques patrimoniales en France, insiste sur l’importance d’un tel lieu.

C’est sûr que la Cinémathèque peut avoir un côté un peu élitiste. Mais tout comme une bibliothèque patrimoniale, son rôle est de préserver l’histoire. Et ça, c’est important, dit-elle.

Des moments marquants

Au départ sans domicile fixe, la Cinémathèque a présenté ses films dans divers lieux pendant près de 15 ans. Ce n'est qu'en 1986 qu'elle s’est installée de manière définitive dans le bâtiment actuel situé au 1131 Howe, au centre-ville de Vancouver; un moment marquant dans l’histoire de la Cinémathèque, selon Kate Ladyshewsky.

Porte sur laquelle est inscrit le nom de trois institutions cinématographiques : Canadian Filmakers Distribution West, Cineworks et Pacific Cinematheque Pacifique.

Le bâtiment regroupait à l'époque trois établissements ayant un lien avec le cinéma, soit le Canadian Filmakers Distribution West, Cineworks et la Cinémathèque.

Photo : Image fournie par The Cinematheque

On avait sous un même toit des organismes de production, de distribution et de projection de films. C'est la raison pour laquelle ce bâtiment est devenu le premier centre culturel consacré aux arts cinématographiques au Canada! souligne-t-elle.

Autre moment marquant dans l’histoire de la Cinémathèque : l’acquisition, en 2014, d’un projecteur DCP (pour Digital Cinema Package), qui lui a permis de prendre le virage numérique.

Avant, on projetait nos films en 35 mm. Il y avait un coût environnemental avec l’envoi de tous ces boîtiers. Passer à la projection numérique nous a permis d'économiser de l’argent, de réduire notre impact environnemental et d’éviter la dégradation des films projetés, précise la directrice.

Marquise d'une salle de cinéma sur laquelle est inscrit «Experience Essential Cinema».

L'emblématique marquise de la Cinémathèque de Vancouver

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Un lieu tourné vers la communauté

La Cinémathèque accueille depuis toujours, sous son toit, divers festivals. Parmi eux : le Festival du film latino-américain de Vancouver ou encore les Rendez-vous du cinéma québécois et francophone.

La Cinémathèque a d’abord été financée par l'ONF, explique Lorraine Fortin, présidente de Visions Ouest Productions, l’organisme derrière les Rendez-vous du cinéma québécois et francophone.

Photo en noir et blanc de deux femmes et d'un homme qui sourient. Les deux femmes portent un chapeau.

Sylvie Godin, Régis Painchaud et Lorraine Fortin, les fondateurs des Rendez-vous du cinéma québécois, ont lancé leur festival à la Cinémathèque de Vancouver.

Photo : Image fournie par Visions Ouest Productions

Cette dernière se rappelle qu'à l’époque, l’ONF leur avait demandé s'ils voulaient présenter des films à la Cinémathèque.

Les frais de location étaient minimes. On a donc été là les huit premières années des Rendez-vous, raconte Lorraine Fortin.

« On avait vraiment une belle symbiose avec la Cinémathèque! »

— Une citation de  Lorraine Fortin, présidente de Visions Ouest Productions

L'engagement personnel : la clé du succès

Selon Kate Ladyshewsky, le personnel passionné est au cœur du succès de la Cinémathèque.

Les bénévoles, surtout, s’empresse-t-elle de dire. On ne pourrait pas exister sans eux. Et j'ajouterais les employés. On est tous des passionnés et on aime travailler ici.

Deux femmes sont derrière un comptoir de friandises dans une salle de cinéma. Des gens sont autour de ce comptoir en train de se servir de l'eau.

Les bénévoles à l'accueil, au comptoir des friandises et dans la salle sont au cœur de la réussite de la Cinémathèque.

Photo : Image fournie par The Cinematheque

Le personnel était incroyablement accueillant, se rappelle Lorraine Fortin. Tous les bénévoles étaient des mordus de cinéma et ça paraissait.

« La Cinémathèque, c’est le grand écran qui ne me déçoit jamais. C’est là que tu dois être quand tu aimes le cinéma. »

— Une citation de  Lorraine Fortin, présidente de Visions Ouest Productions

Charlotte Cavalié renchérit en disant que pour elle, la Cinémathèque est un voyage dans le temps et dans l'espace accessible tout le long de l’année.

Kate Ladyshewsky conclut avec fierté que la Cinémathèque est plus qu’une salle de cinéma : « C'est une institution artistique. »

Célébrations du 50e anniversaire de la Cinémathèque

  • Tous les jeudis du mois d’août : causeries en présence d’anciens programmateurs, tels Jeff Wall et Jim Sinclair
  • 10 août : Hommage à Kirk Tougas (projection de son film Letters from Vancouver en sa présence)
  • 13 août : projection du film The Big Sleep au tarif de 1972 (soit 1 $ le billet)
  • 19 août : 50th Anniversary Film Noir Party (grande fête ouverte à tous au Performance Works)

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