•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les excuses du pape étaient attendues chez les Innus

Plan rapproché sur le pape qui se recueille devant le tombeau de saint François de Laval.

Le pape François va se rendre vendredi à Iqaluit pour la dernière étape de son pèlerinage au Canada (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Des Innus de la Côte-Nord considèrent que la demande de pardon du pape aux victimes d'abus sexuels de l'Église catholique au Canada est un pas dans la bonne direction, mais qu’il reste encore d’autres étapes à franchir en vue de la réconciliation.

Le souverain pontife a évoqué jeudi à Québec les abus sexuels qui ont été commis au Canada par des membres de l'Église catholique.

Le chef d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho, croit qu'il est important de nommer les abus qui ont été commis à l'encontre de personnes vulnérables, notamment dans les pensionnats pour Autochtones. Si on parle des jeunes [...], beaucoup sont revenus meurtris, blessés et avec des cicatrices physiques et émotionnelles, précise-t-il.

Jean-Charles Piétacho s'adresse à un journaliste.

Le chef de la communauté innue d'Ekuanitshit, Jean-Charles Piétacho (archives).

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

S'il fait référence à un pas dans la bonne direction en évoquant les excuses du pape, le chef, qui souhaite obtenir une copie de sa déclaration, précise se garder une certaine réserve. Je vais sûrement prendre le temps de bien mesurer les paroles qui sont quand même assez importantes d’un dirigeant, d’un chef d’État, explique le chef Piétacho.

Il note que le chemin vers la réconciliation sera encore long. Il y a encore beaucoup de portages [nécessaires] dans notre communauté, au sein de notre nation et avec les institutions comme les gouvernements et les églises, ajoute-t-il.

Une ex-pensionnaire témoigne

Noëlla Mckenzie, qui enseigne la langue innue, a vécu pendant une dizaine d'années dans un pensionnat pour Autochtones, et ce, jusqu'à sa fermeture.

Ce que le pape a dit, ça m’a fait chaud au cœur, confie-t-elle, en évoquant le moment où le pape a mentionné les abus sexuels commis par l’Église.

Noëlla Mckenzie en entrevue à Radio-Canada.

Noëlla Mckenzie est enseignante de la langue innue.

Photo : Radio-Canada

Je crois que [le fait que le pape demande pardon] ça va faire avancer [vers la réconciliation] parce que les ex-pensionnaires vont vouloir peut-être être ensemble pour aller plus loin. Je suis très contente d’être venue pour la venue du pape, ajoute Noëlla Mckenzie.

La sénatrice innue Michèle Audette était quant à elle émue après avoir entendu le pape enfin évoquer les abus sexuels de l’Église devant des membres du clergé. Elle dit que les mots prononcés par le pape étaient ceux qu’elle attendait.

J’ai pris les Innus qui ont vécu des sévices dans mes bras. Ils ne l’entendent pas, ils ne le savent pas, mais ils ont dit merci, a raconté Mme Audette jeudi soir lors d’une émission spéciale diffusée sur les ondes de RDI.

Une des commissaires de l'ENFFADA, Michèle Audette, le 2 octobre dernier

Michèle Audette s'est réjouie que le pape évoque les abus sexuels commis par des membres de l'Église (archives).

Photo : The Canadian Press / David Lipnowski

Vendredi matin, elle avait toutefois une pensée pour les victimes qui ont assisté à la messe prononcée la veille à Sainte-Anne-de-Beaupré, au cours de laquelle elles n’ont sans doute pas toutes été en mesure de bien saisir le message du pape.

Il y a des moments où je trouvais que c’était loin, que c'était très philosophique, avec des comparaisons qui n’avaient pas de repères naturels pour moi. Je pouvais imaginer que pour des gens qui ne parlent ni français ni anglais comme seconde langue, parce qu’ils parlent leur langue à 100 %, ça devait être difficile de comprendre que le pape s’adressait à tel ou tel moment du discours aux victimes des pensionnats, précise la sénatrice.

Même si elle considère que les paroles du pape sont un pas vers la vérité et la réconciliation, la sénatrice note qu’il y a des enjeux qui n’ont pas été nommés du tout.

Le pape François va se rendre vendredi à Iqaluit pour la dernière étape de son pèlerinage au Canada.

Avec des informations de Djavan Habel-Thurton et de Madeleine Ross

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !