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Elle fait un test ADN et se découvre 4 sœurs

Deux jeunes femmes sourient à la caméra.

Carlie McMaster, à gauche, de Brantford, en Ontario, et Rylee Hall, qui vit aux États-Unis, ont appris grâce à des tests ADN qu'elles avaient le même père biologique.

Photo : Photo soumise par Carlie McMaster

Radio-Canada

Une résidente de Brantford, en Ontario, a découvert l’existence de quatre sœurs après avoir effectué un test ADN commercial il y a trois ans : toutes les cinq ont en commun un même donneur de sperme.

L’histoire peut faire penser au film Starbuck, à moindre échelle, mais c'est une histoire vraie.

En 2019, Carlie McMaster, 28 ans, cherche à en apprendre plus sur la santé de sa famille à la suite de la mort de son père, survenue quelques années auparavant. Elle fait un test ADN de la compagnie Ancestry.com.

Mais les résultats lui apporteront plus de questions que de réponses. Ses informations génétiques sont liées à celles d’une jeune femme du Minnesota nommée Rylee Hall.

Après être entrées en contact par l’entremise du site spécialisé en généalogie, les deux femmes commencent à discuter en avril 2019 afin de découvrir leur origine commune.

C'est ainsi que Carlie McMaster apprend qu’elles ont le même père biologique qu'elles n'ont jamais rencontré.

Ça m'a vraiment choquée, parce que je n'en avais aucune idée. Sans Ancestry, je ne l'aurais probablement jamais su, raconte-t-elle.

Carlie McMaster dans une photo d'enfance.

Carlie McMaster dit qu'elle n'aurait jamais su qu'elle avait été conçue grâce à un don de sperme si elle n'avait pas soumis son échantillon de test ADN.

Photo : Photo soumise par Carlie McMaster

Rylee Hall, 26 ans, a aussi été surprise, bien qu’elle assure avoir toujours entretenu des doutes : elle ne ressemble pas aux autres membres de sa famille et elle avait déjà envisagé la possibilité que son père n'était peut-être pas son père biologique.

C’est en disant à sa mère qu’elle comptait passer un test ADN que cette dernière lui a avoué qu'elle avait été conçue grâce à un don de sperme.

Photo ancienne d'une fillette.
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Rylee Hall a toujours senti qu'elle avait l'air différente du reste de sa famille en grandissant. Maintenant, Carlie McMaster et elle disent qu'elles peuvent voir leurs similitudes faciales.

Photo : Photo soumise par Rylee Hall

La maman avait toujours prévu de lui annoncer la nouvelle, mais le moment ne lui a jamais semblé propice, se souvient Rylee.

Ce n'est pas comme si tout le monde avait à annoncer à son enfant qu'il a été conçu grâce à un don de sperme, donc vous ne pouvez pas vraiment vous préparer à le faire, dit la fille.

« J'étais contente qu'elle me le dise, mais peut-être un peu contrariée par la façon dont elle s'y est prise et par le fait qu'elle ait attendu si longtemps. »

— Une citation de  Rylee Hall

Pour Rylee, l’étape suivante consistait à faire comprendre à Carlie qu’elles étaient demi-sœurs, en douceur, dit-elle.

Mais l’Ontarienne a eu une première réaction de déni et pensait que Rylee lui faisait une mauvaise blague.

Je remettais probablement un peu mon identité en question, mais à l'époque, ma réaction a plutôt été : "je n'ai pas envie de gérer l'inconnu", se remémore Carlie McMaster.

Dix mois après que les deux femmes furent entrées en contact pour la première fois, Carlie discute avec sa mère pour obtenir une explication. Cette dernière lui a confirmé qu'elle a bel et bien été conçue grâce à un don de sperme et que le père qui l'a élevée n'était pas son père biologique.

Mme McMaster cite sa mère disant : C'était très tabou à l'époque, donc on ne savait pas comment vous l'annoncer.

Carlie assure désormais être vraiment contente de connaître ses origines, parce que maintenant, j’ai Rylee.

Le donneur

Les deux jeunes femmes sont aussi en contact avec Grant, un Torontois dont elles ignoraient l'existence avant d’apprendre qu'il était leur père biologique.

Au début des années 1990, Grant remarque une publicité à une clinique de la Société canadienne du sang, où il donnait régulièrement de plaquettes sanguines.

Ils avaient une publicité pour les dons de sperme dans l'ascenseur de la clinique, se souvient-il.

Il dit s'être inscrit pour la même raison qu'il a donné du sang : parce qu'il voulait aider. Il ne souhaite pas que son nom complet soit utilisé pour des raisons de confidentialité.

À raison de deux dons par semaine pendant près de trois ans, l'homme qui est désormais quinquagénaire estime qu'il pourrait être lié génétiquement à des centaines de personnes, bien que le nombre exact ne soit pas clair.

Rylee Hall explique que sa mère avait suivi une année complète de traitements avant de tomber enceinte.

« Parce que ma mère était plus âgée, elle est allée mensuellement 12 fois à la clinique … et le 13e mois, ils lui ont dit : "Oh, ça a marché!" »

— Une citation de  Rylee Hall
Des caractéristiques sont écrites sur un document.
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La fiche de description physique de Grant, le donneur, est anonyme, mais montre certaines informations comme sa taille, son poids, la couleur de ses yeux, son origine géographique ou encore sa santé dentaire.

Photo : Photo soumise par Rylee Hall

La façon dont le don de sperme de Grant s'est retrouvé au Minnesota n'est pas claire, mais il pense que c'est à cause de sa longévité et de son succès en tant que donneur.

Si vous êtes un donneur depuis assez longtemps et que vous contribuez à des grossesses réussies, ils vont devoir changer de territoire, affirme-t-il.

On lui a dit qu'après cinq inséminations réussies dans une zone géographique donnée, l'échantillon de sperme est déplacé dans un autre secteur.

Les cliniques de fertilité utilisent cette approche pour éviter de surpeupler une zone avec des enfants génétiquement liés.

Au cours des deux années entre la naissance de Carlie McMaster et de Rylee Hall, Grant pense que ses échantillons ont probablement permis des grossesses et qu'ils ont dû être déplacés plus à l'ouest.

Ce qui est certain, c’est qu’il n'avait aucune idée dans les années 1990 que la technologie progresserait suffisamment pour qu'il puisse être retrouvé grâce à des tests ADN en ligne.

Il assure avoir laissé sa période de donneur de sperme derrière lui… jusqu'à ce qu'une autre jeune femme le contacte.

Pendant 30 ans, tu te poses quand même des questions et soudainement, tu constates : "Oh mon Dieu, tu as un enfant qui a grandi. À quoi ressemble cet enfant? Quelles sont ses habitudes?"

Trois autres sœurs

Mais l'histoire se poursuit.

Grâce à différents sites web d'ADN, Carlie McMaster et Rylee Hall se découvrent d'autres liens de parenté.

Nous avons retrouvé trois sœurs, donc nous sommes cinq jusqu'à présent, souligne Carlie.

Toutes les trois sont nées au milieu des années 1990 au Canada et vivent dans l'Ouest, principalement en Colombie-Britannique.

Carlie et Rylee disent que lorsqu'elles retrouvent un proche potentiel, elles rédigent ensemble un message qui ne mentionne pas directement comment elles pourraient être liées, de façon à vérifier si les femmes savent déjà qu'elles ont été conçues grâce à un don de sperme.

Nous ne voulons pas effrayer qui que ce soit ni les bouleverser si elles ne le savent pas, explique Rylee Hall.

Je ne veux en aucun cas ruiner la vie de quelqu'un, évidemment, ajoute Carlie, ou la relation qu'ils entretiennent avec leurs parents, complète Rylee.

D'inconnues à sœurs

La relation entre ces deux sœurs s'est approfondie l'automne dernier, environ un an après qu'elles se sont contactées pour la première fois, lorsque Rylee a rendu visite à Carlie à Brantford pendant 10 jours.

Pendant son séjour en Ontario, elle a rencontré toute la famille et les amis de Carlie. Le rapprochement s’est tellement bien fait que les deux femmes ont même décidé de se faire tatouer​ des papillons assortis comme symbole de leur lien de sang.

Des tatouages au cou et au bras.

Les deux femmes se sont fait tatouer des papillons lors de la visite de Hall en Ontario l'automne dernier pour signifier leur lien de sang.

Photo : Photo soumise par Carlie McMaster

Rylee Hall reviendra en Ontario en août pour une rencontre importante.

Grant et son fils de 17 ans passeront un week-end à Toronto avec Rylee Hall et Carlie McMaster.

On verra bien comment ça se passe, déclare le donneur.

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