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Une femme de Victoriaville est la première Québécoise à gravir le K2

Marie-Pier Desharnais se tient au sommet d'une montagne enneigée, elle tient des drapeaux dans ses mains.

Marie-Pier Desharnais est la première alpiniste québécoise à atteindre le sommet du K2.

Photo : Instagram/Marie-Pier Desharnais

Marie-Pier Desharnais est la première Québécoise à gravir le K2, la deuxième plus haute montagne du monde et aussi la plus dangereuse. Elle a réussi l’exploit le 22 juillet dernier avec son équipe Exped K2 Expedition 2022.

Au micro de l’émission En direct, l'alpiniste ne cachait pas sa joie et sa fierté. Il y a eu des hauts et des bas, des hauts très très hauts, des bas difficiles aussi. C’est sûr qu’un challenge comme ça, ça met plein, plein de choses en perspective. On se questionne, [il y a] mille émotions qui nous viennent, mais je pense que je n’ai pas encore eu vraiment le temps de décanter. Je pense que les prochains jours, les prochaines semaines vont servir à ça.

Celle qui a déjà gravi l’Everest révèle que l'ascension du K2 est très difficile. Il y a mille et une choses qui aurait pu mal se passer, qui aurait pu mettre une entrave à la réalisation de ce but-là, je pense aussi que j’ai eu beaucoup de chance veut, veut pas.

Elle a croisé la route de l’alpiniste Richard Cartier

Quelques jours après avoir croisé la route de Richard Cartier et de son coéquipier, elle apprend leur décès. C’est un chic type. [...] Il n’y a personne qui mérite de connaître une fin tragique comme ça. J’offre mes sympathies à la famille et aux amis. Le seul réconfort si je peux me permettre, c’est de s’éteindre dans un environnement qui le passionne [...] aussi étrangement que ce soit, je pense que ça peut être un baume pour la famille.

Il prévoyait atteindre le sommet quelques jours après Marie-Pier Desharnais.

Se dépasser est plus fort que la peur

L’alpiniste révèle en entrevue qu’elle a été confrontée à la mort alors qu’elle n’avait que 19 ans. J’ai eu la chance ou la malchance de survivre au tsunami de 2004. [...] Ça met beaucoup de choses en perspective quand t’es confrontée à la mort à un âge aussi jeune.

Elle raconte qu’elle a souffert du syndrome du survivant. Je me sentais coupable d’avoir survécu. Je n’avais pas donné un sens à ma vie. Je pense qu’une fois que j’ai trouvé ma voie professionnelle qui est justement la gestion de catastrophe, après j’ai été sur un long trajet de vouloir vivre le plus pleinement possible, le plus intensément possible.

La montagne lui offre cette intensité recherchée. Quand t’as chaud, t’as chaud, quand t’as froid, t’as froid, quand t’as faim, t’as faim, quand t’as peur... tout est à l’extrême. Ça nous amène à vivre de façon intense. Elle révèle que même les fois où elle pense ne plus pouvoir avancer, elle arrive à puiser en elle des forces insoupçonnées.

Atteindre cinq sommets

Marie-Pier Desharnais a mis sur pied le Projet Apex Woman par lequel elle compte atteindre cinq sommets peu atteints par des femmes. Elle a déjà gravi le Ojos del Salado en Amérique du Sud en 2020, l’Everest au printemps 2021, le K2 cet été. Il lui reste le massif Vinson et le mont Sidley, tous deux en Antarctique.

Ça fait tellement partie de ma vie, le thème des femmes, au sens que j’ai passé 10 ans au Moyen-Orient, dans un milieu professionnel d’hommes, j’ai passé beaucoup de temps dans une discipline d’hommes, c’est un thème qui m’est constamment remis en plein visage le fait que : "Ah! t’es une femme".

Elle relève que le milieu de l’alpinisme ne fait pas exception et qu’elle s’est souvent fait dire : t’es rapide pour une femme!C’est un thème qui a été prédominant dans ma vie j’en ai eu assez de me faire dire que parce que j’étais une femme peut-être que je n’ai pas matière à me trouver là. Je pense que quand je me suis mise à grimper, à avoir des buts, des sommets en tête qui étaient aussi extrêmes, même parfois par des gens proches je me suis fait dire : Oh! my god! qu’est-ce que tu penses?

Elle constate que les mentalités commencent à changer, puisque pour la première fois, pour gravir le sommet du K2 son équipe comptait plus de femmes que d’hommes et toute l’équipe a réussi. Pour dire que c’est en train de changer puis y’était temps. Je suis tellement contente et fière, conclue l'alpiniste.

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